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Santé | Étude

Les femmes plus pénalisées par l’attente en santé

Nadeem Esmail, Institut Fraser
Photo d'archives

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Les délais d’attente en hausse dans le système de santé au Canada affectent surtout les femmes, conclut une nouvelle étude de l’Institut Fraser.

L’étude, qui sera dévoilée aujourd’hui, avance un lien possible entre la mort prématurée de 44 273 femmes entre 1993 et 2009 et l’allongement de l’attente en santé.

Le délai moyen avant d’obtenir un traitement médical au Canada était inférieur à 10 semaines en 1993, mais dépasse désormais les 15 semaines, selon les données utilisées.

Intitulée «L’effet des délais d’attente sur la mortalité au Canada», l’étude avance notamment que des retards pour obtenir des traitements cardiovasculaires peuvent être associés à 662 cas de femmes dont la mort était évitable.

«Des morts résultant d’un traitement médical retardé, c’est inacceptable», dénonce Nadeem Esmail, l’un des auteurs de l’étude.

«Les contribuables canadiens financent un système de santé universel parmi les plus chers du monde. Et pourtant, dit-il, les délais d’accès aux urgences, aux soins de première ligne, aux consultations de spécialistes et aux chirurgies non urgentes sont parmi les plus longs au monde.»

Raisons pas claires

Les auteurs n’ont trouvé en revanche aucun lien direct entre les délais d’attente et la mortalité des hommes.

«Les raisons expliquant les différences entre hommes et femmes ne sont pas claires», admet Nadeem Esmail.

Une étude de Statistique Canada en 2010 suggérait que les hommes ont tendance à attendre avant de se décider à consulter. Résultat: leurs cas sont plus graves; ils sont donc pris en charge plus rapidement.

L’étude de l’Institut Fraser souligne que l’arrivée tardive du traitement peut empirer la situation du patient, qui souffre plus longtemps, peut sombrer dans la dépression. Son état peut se détériorer de telle sorte que le traitement pour lequel il attendait ne sera plus approprié.

Par le privé

Selon Nadeem Esmail, la solution passe par le privé. «Les pays avec des délais d’attente relativement courts s’appuient à des degrés divers sur le marché et la compétition du privé, par exemple avec le partage des coûts et la concurrence des hôpitaux privés, dans le cadre d’un régime universel de santé.»

L’étude cite plusieurs modèles en exemple comme la France, l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas ou l’Australie.

 

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