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SAGIR s’étouffe à son premier jour

Le message interne a confirmé que SAGIR a «planté» le jour de son déploiement.
Photo capture d’écran Le message interne a confirmé que SAGIR a «planté» le jour de son déploiement.

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Le déploiement officiel du controversé programme informatique du gouvernement SAGIR s’est avéré pour le moins pénible, hier.

Le déploiement officiel du controversé programme informatique du gouvernement SAGIR s’est avéré pour le moins pénible, hier.

Quelques heures après le lancement, «tout était planté», nous ont confirmé des fonctionnaires.

Un message interne, dont nous avons obtenu copie, a confirmé les ratés: «nous désirons vous informer que l’environnement de production de SAGIR n’est présentement pas disponible.»

Avec le Dossier santé Québec, SAGIR est le plus gigantesque projet informatique du Québec. Il vise la modernisation, pour 70 000 fonctionnaires, des processus informatisés de gestion comme les achats, paie, horaires de travail, comptes de dépenses, etc. À partir d’hier, les fonctionnaires devaient commencer à passer par SAGIR pour faire approuver leur feuille de temps, par exemple. Mais rien ne fonctionnait.

Dérape financière

Bien que nécessaire, SAGIR est aussi reconnu pour la dérape financière qu’il est devenu. Le projet initial devait se terminer en 2007 au coût de 83 M$. Il pourrait plutôt coûter plus d’un milliard de dollars, a-t-on déjà révélé, et il n’est pas sur le point d’être achevé.

C’est loin d’être le produit final qui était lancé hier. C’était plutôt la deuxième de sept phases du projet. Elle vise la gestion des ressources humaines et devait être implantée il y a quatre ans, selon l’échéancier révisé.

« Gênant »

En après-midi, un nouveau message a été adressé aux milliers de fonctionnaires, leur disant que le système n’était rétabli qu’en partie. Il est préférable «de demander à vos utilisateurs de vérifier les transactions effectuées», écrit même le Centre des services partagés du Québec, en charge de SAGIR. L’organisme a confirmé que «deux interruptions» ont été nécessaires «en raison d’ajustements requis», mais que le service s’est rétabli.

«Je trouve ça gênant de constater qu’il y a eu autant d’argent et autant d’attente pour si peu de résultats», a déploré un spécialiste informatique du gouvernementqui nous a contactés. «SAGIR est un flop, dit-il. Et nos dirigeants continuent à nous dire que c’est un bon produit. Ils s’obstinent à poursuivre quelque chose qui ne fait pas l’affaire», peste notre source. «Le public doit savoir que c’est un gouffre sans fond».

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