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Les Dix Commandements du redressement

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Puisque notre nouveau premier ministre a officiellement donné cette semaine le signal de la remise à flot de nos finances publiques, je me permets modestement de soumettre ma liste des dix principes susceptibles de ­permettre la réussite de cette délicate opération.

Puisque notre nouveau premier ministre a officiellement donné cette semaine le signal de la remise à flot de nos finances publiques, je me permets modestement de soumettre ma liste des dix principes susceptibles de ­permettre la réussite de cette délicate opération.

1 L’exemple doit venir de haut. Même si les montants impliqués sont souvent minimes comparés aux milliards à récupérer, la symbolique est fondamentale. Dans leurs voyages, la formation de leur cabinet, les nominations politiques, les membres du gouvernement doivent donner le signal clair qu’on dépense avec parcimonie.

2 Aucune patience avec les symboles du gaspillage. Encore une fois, il s’agit du message à passer et non de l’ampleur des sommes. Martin Coiteux l’a compris lorsqu’il a sermonné les directeurs de commissions scolaires après leur ­coûteux congrès au chic Château Montebello. Si un excès semble toléré, tout le monde sentira qu’on peut s’en permettre d’autres.

3 Éviter les faux pas qui forcent les reculs. Un gouvernement qui recule donne un signe terrible de faiblesse, une chose qu’on ne peut se permettre lorsqu’on est attelé dans une série de réformes difficiles. L’exemple de la ministre de la Famille qui a tenté de bloquer l’ouverture de garderies nouvellement construites quelques jours avant l’entrée des enfants constitue un bel exemple. Décision ­absurde, recul avant la fin de la semaine. À éviter absolument.

4 S’appuyer sur la classe moyenne et non sur les groupes de pression. Elle existe bien cette majorité silencieuse qui paye le lot des taxes et impôts. Et elle voit défiler les groupes de pression, consciente que toutes ces demandes sont des taxes, des impôts et dettes futures.

5 S’inspirer de la méthode de la feuille blanche. Lors d’une révision de programme, il faut réussir à pousser l’exercice assez loin pour ne plus se demander si ça vaut la peine de couper tel programme ou tel organisme. Il faut plutôt se demander si ce programme n’existait pas, le créerait-on aujourd’hui? Si cet ­organisme n’était pas déjà en place, le créerait-on maintenant? Si l’on ne ­répond pas oui à cette question, c’est que le besoin n’est pas si criant.

6 Être fidèle au principe du cran d’arrêt. Très bon principe dans le programme libéral. Toute création d’un nouveau programme doit s’accompagner de l’élimination d’un autre, pour libérer les fonds nécessaires.

7 Ne jamais demander à un oiseau de couper la branche où il a fait son nid. Demander à un cadre de la fonction publique de couper son propre département relève de la pure naïveté. Il va vous en trouver des obstacles. Les décisions doivent venir d’en haut et être fermes.

8 Agir en début de mandat. Pas besoin de faire un dessin, l’approche d’un prochain rendez-vous électoral va rendre députés et ministres plus frileux.

9 Le premier ministre doit s’obséder des finances publiques. Les gens agissent efficacement sur les choses que le patron surveille. Lucien Bouchard en fut l’exemple.

10 Ne pas s’occuper des journalistes. Quand ça brasse, c’est dans la nature des médias de donner la parole aux insatisfaits…

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