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Foutu carcan!

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Très intéressante étude que celle qu’a présentée hier Raymond Bachand au nom de l’Institut du Québec. Habituez-vous au nom de ce nouvel organisme présidé par l’ancien ministre des Finances qui est susceptible de prendre de plus en plus de place dans le débat sur les finances publiques québécoises. La première étude de l’Institut pose plusieurs bonnes questions.

Très intéressante étude que celle qu’a présentée hier Raymond Bachand au nom de l’Institut du Québec. Habituez-vous au nom de ce nouvel organisme présidé par l’ancien ministre des Finances qui est susceptible de prendre de plus en plus de place dans le débat sur les finances publiques québécoises. La première étude de l’Institut pose plusieurs bonnes questions.

On y présente le problème de l’écart entre la croissance prévue des dépenses qui dépasse de beaucoup la croissance des revenus. Fait connu, ce sont les coûts quasi incontrôlés du système de santé qui propulsent à la hausse les dépenses du gouvernement. Le cri d’alarme est clair: si les dépenses augmentent à un rythme que les entrées ne peuvent pas suivre, le Québec va creuser des déficits de plus en plus monstrueux.

La santé gobe tout

Ce qui m’a surtout frappé, c’est l’audace des réformes avancées en matière de santé. L’adoption de mesures qui favorisent la concurrence au sein du réseau. La remise en question d’un modèle et de façons de faire hérités des années 1960. Tout cela appuyé sur des comparaisons internationales qui suggèrent que les meilleurs systèmes de santé se retrouvent en Europe, donc des systèmes mixtes… mixtes signifiant que le public ET le privé y cohabitent.

Cette vision correspond directement à ce que je pense et en soi je ne devrais pas m’étonner de voir un institut en arriver aux mêmes conclusions. Mais ce qui m’impressionne est de lire ces suggestions dans un rapport signé par un ancien ministre. Quand Raymond Bachand occupait le siège de ministre des Finances, il vivait dans un carcan où toutes ces idées étaient taboues. La concurrence dans le secteur de la santé? Horreur! Tourner le dos à nos beaux principes des années 1960? Jamais! Le privé en santé? La fin du monde! À la tête d’un institut, le même homme peut maintenant explorer ces avenues.

Pourtant, notre système de santé constitue un modèle d’inefficacité malgré le dévouement du personnel qui y travaille. Considérant les ressources qu’on y investit, nous sommes loin d’en avoir pour notre argent quant à l’accès aux soins, aux délais, ou à la modernité des établissements et équipements. Le système américain est une Cadillac, mais qui coûte très cher et laisse une partie de la population en difficulté.

Privé + public

Les systèmes mixtes en Europe assurent l’accès universel, mais sans créer un monopole d’État. Au contraire, ces pays profitent de gains d’efficacité liés à la cohabitation public-privé. Cette option n’a jamais même été explorée par les gouvernements canadien et québécois depuis des années, puisque politiquement, on juge invendable l’idée de faire une quelconque place au secteur privé dans la santé. Pourtant les hôpitaux privés roulent à merveille en Suède, l’ancien modèle des socialistes du monde.

Je ne crois pas que Raymond Bachand ait changé d’idée depuis deux ans. Je pense plutôt que le carcan politique l’empêchait d’aller au bout de son idée. Son apport au débat aujourd’hui est néanmoins précieux. Je m’attriste à penser que c’est maintenant Carlos Leitao qui n’osera plus.

 
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