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Justin Trudeau et l’avortement

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Le chef du parti libéral du Canada, Justin Trudeau, — un catholique! — a décidé que les nouveaux candidats libéraux devraient désormais entériner la position de son parti en faveur du libre-choix en matière d’avortement.

Le chef du parti libéral du Canada, Justin Trudeau, — un catholique! — a décidé que les nouveaux candidats libéraux devraient désormais entériner la position de son parti en faveur du libre-choix en matière d’avortement.

Les députés qui sont déjà là seront exemptés de ce que certains ont qualifié de maladroit. «Crois ou meurs!».

Sujet controversé

Le respect de la liberté de conscience des députés sur des sujets comme la peine de mort ou l’avortement ne s’applique pas à la désignation d’un candidat par le parti.

Il reste que tout débat sur ces sujets moraux controversés dérape facilement, ce qui explique qu’il n’existe pas de loi sur l’avortement au pays: la Cour suprême a simplement annulé les restrictions à ce sujet en 1988.

M. Trudeau donne l’impression de vouloir rejeter hors du PLC non seulement les croisés pro-vie, mais également ceux qui ont des problèmes avec la liberté sans limites d’avorter qui est actuellement la norme au Canada.

Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec la banalisation de l’avortement, assimilée parfois à une méthode de contraception, quand elle n’est pas utilisée pour favoriser la naissance de garçons dans certaines communautés.

La décision de Justin Trudeau risque également de lui aliéner d’autres Canadiens issus de l’immigration, traditionnellement sympathiques aux libéraux, mais conservateurs en matière de mœurs.

Militantisme pro-vie

Cela dit, la meilleure défense étant l’attaque, M. Trudeau avait intérêt à prévenir, pendant qu’il est encore temps, un militantisme pro-vie susceptible de noyauter les assemblées d’investiture de ses candidats.

Le chef libéral semble avoir choisi ce dossier éminemment symbolique pour marquer son territoire à gauche, au bénéfice de ces Canadiens et surtout de ces Canadiennes qui croient qu’un retour en arrière en matière d’avortement est désormais envisageable, comme on le voit en Espagne.

C’est particulièrement vrai au Québec, où le mouvement pro-vie est faible et le féminisme fort, Justin Trudeau y étant en perte de vitesse.

On espérait peut-être laisser cette patate chaude aux conservateurs, dont les appuis pro-vie sont en croissance, alors que le gouvernement Harper est frustré que les enjeux moraux soient dominés par la gauche et une Cour suprême à laquelle il semble avoir déclaré la guerre.

Pour l’heure, c’est M. Trudeau qui est dans l’eau bouillante! Les électeurs trancheront en octobre 2015…

Après avoir démarré en lion puis surpris les observateurs avec l’expulsion des sénateurs libéraux du caucus du PLC, Trudeau s’est fait rare. Pendant ce temps-là, le chef de l’opposition officielle néo-démocrate, Thomas Mulcair, s’affirmait dangereusement aux Communes face au gouvernement Harper.

La dernière élection québécoise a montré qu’une campagne électorale, où M. Trudeau pourrait performer mieux qu’en Chambre, peut changer des choses. Ridiculisée pendant 18 mois, la CAQ serait vraisemblablement l’opposition officielle à Québec maintenant si son momentum de la dernière semaine de campagne n’était pas survenu après qu’un tiers des électeurs — quelle aberration! — ait voté par anticipation…

 
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