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Stationnements | Montréal

La Ville songe à enlever des milliers de stationnements

Jean-François Parenteau
Photo Stéphan Dussault Jean-François Parenteau, maire de l’arrondissement Verdun, à l’intersection des rues Wellington et de l’Église. « Depuis qu’on a ajouté de la peinture jaune pour interdire le stationnement à ce coin de rue, le nombre d’accidents est passé de plus 50 à environ cinq par an».

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Montréal veut profiter de l’expérience d’arrondissements et interdire aux autos de se stationner aux coins des rues. Une sécurité accrue pour les piétons qui pourrait amputer des milliers de places.

Chaque année, on compilait une cinquantaine d’accidents à l’intersection des rues Wellington et de l’Église, dans l’arrondissement de Verdun. Aujourd’hui, c’est environ cinq.

La solution: faire appliquer le règlement du Code de la sécurité routière, qui interdit de se stationner à moins de cinq mètres d’un panneau d’arrêt. Un règlement qu’une grande partie de l’île de Montréal ne fait pas respecter.

En 2011, Verdun a fait peinturer en jaune le trottoir des 1300 coins de rue névralgiques, amputant 800 stationnements.

Une solution très impopulaire à l’époque. Encore aujourd’hui, le maire de l’arrondissement, Jean-François Parenteau, se fait apostropher de façon cavalière sur ce sujet. Mais ce qui compte à ses yeux, c’est la baisse d’accidents et l’investissement minime.

«Tout ce que ça nous a coûté, c’est 5000 $ de peinture jaune pour marquer le trottoir. C’est une règle facile à appliquer pour les autres arrondissements», dit-il.

Le bordel

Le responsable des transports de la Ville de Montréal, Aref Salem, trouve l’idée assez séduisante pour vouloir l’étendre sur toute l’île. «On veut aller de l’avant dans les 19 arrondissements et les 15 villes liées, c’est certain. On est en train d’inventorier tous les coins de rue», dit-il au Journal sans pouvoir quantifier le nombre de stationnements qui sera enlevé.

Parce que pour l’instant c’est un peu le bordel, convient-il. En plus de ne pas faire appliquer le règlement provincial, la Ville va souvent jusqu’à défier elle-même ce règlement en plaçant des parcomètres à moins de cinq mètres des coins de rue ou des bornes-fontaines.

Certains arrondissements libèrent progressivement les coins de rue. Sur le Plateau-Mont-Royal, on a réglé le cas de 500 intersections depuis trois ans. Combien de places de stationnement en moins? L’arrondissement n’en a aucune idée.

«On ne va pas quantifier des choses qui étaient de toute façon illégales», répond Michel Tanguay, chargé de communication de l’arrondissement.

L’arrondissement voisin Rosemont–La-petite-Patrie veut aussi aller de l’avant, mais pas avant d’évaluer les impacts sur les places de stationnement en moins.

«On veut sécuriser les coins de rue sans pénaliser les automobilistes. On cherche des solutions», dit Serge Fortin, porte-parole de l’arrondissement.

Pas parfait

De l’aveu même de Jean-François Parenteau, il ne s’agit pas d’une solution miracle.

«Depuis que les autos voient mieux les piétons, on a remarqué qu’ils s’arrêtaient moins bien aux arrêts, qu’ils faisaient davantage de «stop américains». Il va falloir y remédier», dit-il.

Les camions ont également tendance à occuper cette place le temps d’une livraison. L’arrondissement de Verdun les a avertis cette année qu’elle sévira.

Ce qui fait dire à certains qu’il s’agit d’une technique pour renflouer ses coffres.

«La Ville devrait faire plus d’argent en remplaçant les parcomètres au coin des rues par des contraventions de 52 $ pour ceux qui se stationnent là», demande Alfredo Munoz, président de SOS Ticket et ancien policier.

 
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