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Geneviève Breton

Chanter au-delà de la mort

Geneviève Breton disparue Lac-Mégantic
photo Courtoisie

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Geneviève Breton était si près du but. Elle allait enfin sortir un mini-album de quatre ou cinq chansons, un rêve qu’elle caressait depuis toujours. Mais la jeune femme s’est trouvée sur la trajectoire du «train de l’enfer» qui a enflammé le centre-ville de Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013. Près d’un an après son décès, sa famille «boucle la boucle» avec un album posthume.

Geneviève Breton était si près du but. Elle allait enfin sortir un mini-album de quatre ou cinq chansons, un rêve qu’elle caressait depuis toujours. Mais la jeune femme s’est trouvée sur la trajectoire du «train de l’enfer» qui a enflammé le centre-ville de Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013. Près d’un an après son décès, sa famille «boucle la boucle» avec un album posthume.

Geneviève Breton voulait faire entendre sa voix au monde entier. Son entourage le savait. «Dès son enfance, Geneviève chantait tout le temps», se souvient Réal Breton, son père.

«On a fait à peu près tous les concours de la province, dont Star Académie en 2008, ajoute sa mère, Ginette Cameron. On était toujours présents, avec elle.»

Dans les derniers mois précédant son décès, Geneviève travaillait sur son EP avec une nouvelle équipe, entre autres Samuel Busque (Noir Silence, 3 gars su’l sofa) et Michel Francoeur (Bobby Bazini). «Geneviève avait déjà enregistré avec eux Tout de nous, la première pièce de l’album, explique Mme Cameron. En août, ils nous ont contactés pour nous demander la permission de diffuser la chanson lors d’un spectacle-bénéfice pour les orphelins de Lac-Mégantic. Lors de l’événement, ils nous ont proposé de poursuivre ce que Geneviève avait commencé.»

« Comme gagner à la loterie »

Au départ, les parents de Geneviève Breton pensaient lancer cette seule chanson. Mais un travail de recherches s’est enclenché. Des gens se sont manifestés et les parents en deuil ont découvert plusieurs enregistrements de leur fille.

«On allait de surprise en surprise, raconte sa mère, avec émotion. Des gens nous ont appelés pour nous dire qu’ils avaient des enregistrements vocaux de Geneviève. J’ai vidé son appartement, j’ai relu ses agendas... J’ai trouvé aussi un texte écrit par elle, dont elle avait enregistré finalement juste la voix. C’était comme gagner à la loterie.»

Épaulés dans leurs recherches par une grande amie de Geneviève, Stéphanie Girardeau, ses parents ont même trouvé une petite vidéo maison, d’autres morceaux dans son courriel, et plusieurs textes sur lesquels il n’y aura jamais de musique. «Le réalisateur a refait la musique sur certaines pièces; sur d’autres, il a fait des miracles parce que ce n’était pas nécessairement des enregistrements studio», explique Mme Cameron.

L’album GE, dont la pochette est d’un rose pastel, «doux à l’image de Geneviève», contient six reprises et cinq pièces écrites pour elle ou par elle. À l’intérieur, des paroles écrites à la main et une signature sont imprimées.

Le chemin du doute

Avant d’accepter l’offre de Michel Francœur et de Samuel Busque, les parents de Geneviève Breton ont réfléchi pendant plusieurs semaines.

«Il y a eu des moments où j’ai voulu tout arrêter, raconte sa mère. Son père n’avait pas de doute. C’est moi qui avais peur que ce ne soit pas à sa hauteur, qu’on ne fasse pas les bons choix, etc.»

«On a vécu des hauts et des bas. En studio, ce n’était pas facile, c’était beaucoup d’émotions. Et plus l’anniversaire de la tragédie approche, moins c’est facile.»

«Quand on a décidé de sortir l’album, on a voulu s’informer, soutient son père. Ce n’est jamais arrivé, au Québec, qu’un artiste sorte un album posthume. Est-ce que ça peut fonctionner? Elle n’est plus là pour promouvoir son propre album...»

Bien entourés de l’équipe avec qui Geneviève avait déjà commencé à travailler, ses parents et ses frères ont eu droit de regard sur tout.

«Ce n’est pas facile de l’entendre, mais on est très chanceux d’avoir encore sa voix avec nous», conclut sa mère.


L’album posthume de Geneviève Breton sera sur iTunes dès le 3 juin. Le lancement aura lieu le 10 juin à la Polyvalente Montignac, à qui ira une partie des profits, avec des performances de Marie-Onile Rodrigue (La Voix 2014) et de Breen Leboeuf.

 
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