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Dette de 447 $ | Brossard

Une élève de l'école Antoine-Brossard privée de bal des finissants: ses parents doivent 447 $

«La directrice m’a dit que c’était une façon pour elle de récupérer l’argent...», confie la jeune fille de 16 ans

Pére - Ado
Photo Isabelle Maher Le père de l’adolescente souhaite dénoncer les politiques de recouvrement de l’école: «Je n’ai rien contre le fait que l’on me réclame de l’argent. Je le dois, tranche-t-il. Mais qu’on empêche ma fille d’aller au bal...»

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La direction d’une école secondaire de Brossard interdit à une élève d’aller à son bal des finissants parce que ses parents, qui éprouvent des difficultés financières, n’arrivent pas à payer les frais de 447 $ de matériel scolaire.

«J’aurais aimé aller au bal, je suis allée essayer des robes... j’en aimais une», confie l’adolescente bouleversée.

La jeune fille de 16 ans a appris la semaine dernière qu’elle ne pourra aller au bal des finissants de l’école Antoine-Brossard parce que ses parents ont accumulé une dette de 447 $ en frais de matériel scolaire.

Son père n’est visiblement pas enchanté de voir son histoire racontée dans un journal, mais il a tenu à le faire parce qu’il croit sa fille victime d’une injustice, dit-il.

«La directrice est venue chercher ma fille dans sa classe, elle l’a emmenée dans le corridor et sans même prendre la peine de refermer la porte pour que les autres élèves n’entendent pas, elle lui a annoncé la mauvaise nouvelle», raconte tristement le père.

«La directrice m’a dit que c’était une façon pour elle de récupérer l’argent que mes parents doivent à l’école», raconte l’élève de cinquième secondaire.

«Ma fille a pleuré pendant deux jours. Je ne suis pas fier. On a essayé de payer, mais on n’y arrive pas», poursuit l’homme, la voix brisée.

À la demande de la jeune fille, qui requiert l’anonymat, nous ne divulguons pas le nom de famille de son père. Ce dernier insiste toutefois pour que son visage et son prénom apparaissent «pour donner de la crédibilité au récit», plaide-t-il.

Sans emploi

Malgré ses efforts, Stéphane est sans emploi depuis un peu plus d’un an. Lui et sa conjointe se relèvent difficilement d’une faillite. Le couple et leurs deux enfants vivent avec un seul salaire, qui ne suffit pas.

«L’an dernier, l’école nous réclamait 305 $ pour le matériel scolaire, cette année 241 $. On a fait quelques paiements, mais on ne fait pas de miracle», explique-t-il.

Le 23 mai, le couple a reçu une lettre provenant d’une compagnie de recouvrement embauchée par la Commission scolaire leur réclamant la somme de 290,55 $.

«Je n’ai rien contre le fait que l’on me réclame de l’argent, je le dois, lance le père de l’adolescente. Mais qu’on empêche ma fille d’aller au bal...»

Silencieuse à ses côtés, la conjointe de Stéphane a du mal à contenir ses larmes.

«Notre fille a fait sa job, elle l’a réussi son secondaire. Ce n’est pas aux enfants d’écoper», conclut-elle.

 

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