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Où vont vos impôts

2,5 M$ de vos taxes pour des plantes vertes

Le gouvernement fédéral a décidé de ne plus dépenser pour des végétaux dès l’an prochain

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Les plantes vertes et les fleurs qui ornent les bureaux des fonctionnaires fédéraux et provinciaux coûtent près de 2,5 M$ par an aux contribuables.

Les plantes vertes et les fleurs qui ornent les bureaux des fonctionnaires fédéraux et provinciaux coûtent près de 2,5 M$ par an aux contribuables.

Pour le gouvernement Harper, c’en est assez de payer de tels montants. Travaux publics et services gouvernementaux Canada, qui s’occupe de l’entretien et de l’achat de plantes pour les ministères du gouvernement fédéral, estime qu’il aura dépensé près de 2 millions $ à cet effet en 2013-2014.

Mais ce sera la dernière fois. À partir de l’an prochain, les ministères seront responsables eux-mêmes de leurs plantes ou devront s’en passer, dans le but de «mieux économiser l’argent des contribuables».

«Si un ministère décide de ne pas s’approprier les plantes, Travaux publics s’en départira en les vendant et en mettant un terme aux contrats d’entretien», a indiqué au Journal le relationniste Pierre-Alain Bujold.

À combien se chiffreront les économies réalisées?

«Cela dépendra de l’option choisie par chaque ministère. Par exemple, si certains ministères optent de ne pas conserver leur programme de plantes, cela entraînera inévitablement une réduction de coûts pour le gouvernement», a indiqué par courriel Travaux publics et services gouvernementaux Canada.

Ils ont compris

Selon la compilation effectuée par Le Journal, environ 500 000 $ ont aussi été dépensés par Québec l’an dernier pour l’achat et l’entretien de plantes dans les ministères, une somme nettement inférieure aux années précédentes.

En janvier 2011, Le Journal révélait que le gouvernement provincial avait déboursé près de 2 millions $ pour l’entretien des plantes d’intérieur entre 2008 et 2010. Pendant la même période, le ministère de l’Éducation avait à lui seul dépensé 500 000 $ à cet effet.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le ministère de l’Éducation et celui de l’Enseignement supérieur ont décidé de mettre fin à leurs contrats d’entretien et ont à leur actif moins de 7000 $ d’achats et d’entretien de plantes pour l’année 2012-2013.

Toutefois, dans quatre autres ministères, des sommes de plus de 40 000 $ sont toujours consacrées aux plantes vertes.

Donner l’exemple

Si elle salue la diminution de coûts au provincial, la directrice générale de la Ligue des contribuables, Claire Joly, croit que du travail d’élagage des dépenses peut encore être fait.

«Ce ne sont pas des dépenses énormes, mais, en s’attaquant aux coûts ministère par ministère, on peut arriver à des résultats intéressants. Ça envoie le message aux contribuables que l’on fait attention à leur argent», dit-elle.

«De nos jours, tout représente beaucoup d’argent. Par exemple, le cas de l’ex-ministre Bev Oda, qui avait dépensé 16 $ pour un jus d’orange, avait mis tout le monde en colère: 16 $ pour un jus ou 2,5 M$ pour des plantes, c’est frustrant. Il n’y a pas de petites dépenses», souligne aussi Penny Collenette, professeure de droit spécialisée en gouvernance à l’Université d’Ottawa.

 

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