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Accident mortel

Tués à cause de canards : Emma Czornobaj n’avait pas mis ses feux de détresse

La voiture d’Emma Czornobaj était garée sur la voie de gauche, dans une courbe

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La jeune femme accusée d’avoir causé un accident mortel en s’arrêtant sur l’autoroute pour aider une famille de canards n’avait pas mis ses feux de détresse, affirme une témoin.

«Qu’est-ce qu’elle fait là, elle va se faire tuer!» avait lancé une femme qui avait bien failli rentrer dans la voiture d’Emma Czornobaj le 27 juin 2010.

Ce jour-là, Martine Tessier circulait sur l’autoroute 30, au niveau de Candiac. Il n’y avait presque pas de trafic, mais le soleil se couchait et frappait en direction des automobilistes.

Mme Tessier était alors avec ses enfants quand elle a vu une voiture garée sur la voie de gauche, au niveau d’une courbe.

«J’ai vu une demoiselle sur le bord de la barrière, elle était fâchée et gesticulait, les mains vers le sol, là où j’ai vu une famille de canards», a raconté hier Mme Tessier au procès d’Emma Czornobaj, accusée de conduite dangereuse et de négligence criminelle causant la mort de deux motocyclistes.

Collision

Car si Mme Tessier avait réussi à éviter la collision, ça n’a pas été le cas pour un père de

50 ans et sa fille de 16 ans qui suivaient derrière sur une Harley Davidson.

André Roy a percuté la voiture et sa fille Jessie a été éjectée dans les airs. Le père est mort sur le coup tandis que sa fille est décédée à l’hôpital.

«Juste avant, j’ai vu André faire un geste de la main, on avait tous vu (l’accusée) sur le bord de la route», a témoigné hier la femme du défunt, Pauline Volikakis, qui roulait aussi à moto aux côtés de son mari et de sa fille.

Impuissante, elle a vu sa fille s’envoler dans les airs, pour atterrir entre la voiture de l’accusée et la bordure séparant les deux sens de l’autoroute. «Il y avait une mare de sang», a raconté avec émotion Mme Volikakis, qui devrait subir son contre-interrogatoire aujourd’hui. Selon elle, son mari roulait entre 80 et 85 km/h. La femme et son mari étaient allés chercher leur fille à son travail, et ils retournaient à leur résidence à Saint-Constant.

Dès l’ouverture du procès, hier au palais de justice de Montréal, la procureure à la Couronne Me Annie-Claude Chassé a demandé au jury de se questionner à savoir si la manœuvre alléguée de l’accusée était raisonnable. «Est-ce qu’une personne prudente s’arrêterait sur une bande d’autoroute pour aider quelques canards­­», a lancé Me Chassé dans sa déclaration d’ouverture.

« Un écart marqué ? »

La juge Eliane Perreault a expliqué aux jurés que pour déclarer l’accusée coupable, ils devront se demander si les gestes reprochés avaient un « écart marqué » avec ce qu’une personne raisonnable ferait dans de telles circonstances. «La loi vous sera expliquée après la présentation de la preuve», a rassuré la juge.

La Couronne n’a pas attendu pour présenter son jeu. Lors du témoignage de Mme Tessier, cette dernière a expliqué s’être garée sur l’accotement­­ de droite juste après avoir été témoin de l’accident.

« Pourquoi est-ce que vous ne vous êtes pas garée à gauche ? », a demandé Me Chassé.

« Parce que je ne voulais pas me faire rentrer dedans », a répondu Mme Tessier.

Mme Czornobaj est défendue par le criminaliste Me Marc Labelle.

 

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