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Budget Leitao

Réalisme budgétaire

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C’est la première fois que je lis ça dans un budget. Un aveu: le gouvernement n’a pas le contrôle sur toute l’embauche dans le secteur public. Il ne peut donc pas avoir un contrôle total sur ses dépenses!

De déficit en déficit, péquistes et libéraux s’exclament les uns après les autres, mais ils n’ont toujours eu qu’une vague idée de l’abîme devant lequel nous nous trouvons collectivement.

Le gouvernement sait ce qui se passe dans son propre royaume, c’est-à-dire qu’il sait combien il y a de fonctionnaires dans les ministères et les organismes; ailleurs, il ne le sait pas exactement.

Cette absurdité m’a toujours fasciné. Le pouvoir politique préférait l’ignorer, sans doute par crainte de connaître l’ampleur des effectifs réels.

Un ministre des Finances ou du trésor pouvait se lever à l’Assemblée nationale pour réclamer plus de rigueur dans les dépenses, cela n’empêchait pas une agence régionale de santé d’afficher de nouveaux postes dans des journaux locaux. Un gouvernement pouvait sonner l’alerte générale, des cadres scolaires, moyens ou pas, pouvait filer à l’auberge pour discuter de leur propre sort.

Voilà maintenant que le nouveau président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, voudrait bien, lui, savoir de quoi il en retourne. Combien de gens travaillent pour le gouvernement? Une loi nous le dira. Dans l’état pitoyable de nos finances publiques, il sera effectivement utile de le savoir. Surtout quand on veut geler l’embauche dans l’ensemble du périmètre comptable.

Hier, M. Coiteux était plutôt solennel dans sa présentation des défis du Québec. Et je suis tenté de le croire sincère quand il invite les Québecois à contribuer à cet «effort national».

«Le but visé est de retrouver notre liberté de choix», a-t-il dit en rappelant que les jeunes d’aujourd’hui devront, eux aussi, pouvoir faire leurs choix. Ils ne doivent pas être étranglés financièrement par ceux faits à crédit par les boomers depuis un quart de siècle.

Le budget d'aujourd'hui est l’amorce d’une remise en question «de ce qui est moins prioritaire». C’est un «frein, pas un recul», précise M. Coiteux.

Malheureusement, la réalité politique impose déjà des choix qui ne sont pas heureux. Parce qu’il sera toujours plus facile de laisser tomber le dépistage du cancer colorectal que d’abolir l’obsolète Régie du cinéma.

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