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Accident | canards

Tués sur l'autoroute à cause de canards : la vitesse en jeu ?

Emma Czornobaj
Chantal Poirier / Le Journal de Montréal / Agence QMI Emma Czornobaj en blanc

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Le motocycliste roulait-il trop vite lorsqu’il a heurté mortellement la voiture d’une femme stationnée sur la voie de gauche de l’autoroute pour sauver une famille de canards ?

Selon la femme du défend, qui roulait sur sa moto aux côtés de son époux, la réponse est non.

« À mes yeux, on roulait à 80, 85, maximum 91 km/h », a affirmé en contre-interrogatoire Pauline Volikakis ce mercredi, au procès d’Emma Czornobaj, cette jeune femme de 25 ans accusée de conduite dangereuse et de négligence criminelle causant la mort de deux personnes le 27 juin 2010.

Ce jour-là, l’accusée se serait arrêtée sur la voie de gauche de l’autoroute 30, à Candiac, pour aider une famille de canards sur la chaussée. Une première voiture qui tirait une remorque avait réussi à éviter la collision, mais un motocycliste n’avait pas eu cette chance.

« J’ai arrêté mon véhicule parce que j’ai vu des bébés canards sur la route, j’étais inquiète qu’ils allaient mourir », avait plus tard expliqué Mme Czornobaj à l’enquêteur Stéphane Allard de la Sûreté du Québec, lors de son interrogatoire.

Car la femme avait été arrêtée peu après l’accident, a expliqué au jury l’enquêteur ce mercredi. Et Mme Czornobaj s’était mise à pleurer en apprenant un des deux décès.

André Roy, 50 ans, n’a pas survécu à la collision, tout comme sa fille de 16 ans Jessie qui était passagère. Ils sont mort de multiples fractures, a expliqué une coroner ce mercredi.

« Il aurait dû me voir hors de ma voiture », avait dit Mme Czornobaj aux policiers.

En tout, l’événement aurait duré 28 secondes.

Remise en question

Or, lors du contre-interrogatoire de Mme Volikakis, l’avocat de la défense Me Marc Labelle s’est questionné sur la vitesse de la victime lors de l’accident.

« Serait-il possible que lors de l’impact M. Roy roulait entre 106 et 120 km/h ? » a demandé l’avocat à la témoin.

Mme Volikakis a répondu par la négative. L’avocat est ensuite retourné à la charge, avec des fourchettes de vitesse variant entre 113 et 129 km/h.

« Je sais qu’on ne conduisait pas vite », a laissé tombé la femme, qui a ajouté qu’elle était sur la voie de droite mais qu’elle s’apprêtait à aller sur la bande de gauche au moment de l’accident.

Ce détail a fait sourciller Me Labelle, qui n’a pas manqué de noter que Mme Volikakis avait auparavant affirmé qu’il n’y avait pas de trafic à ce moment-là.

« C’est comme ça », s’est simplement justifiée la femme.

Les canards ont survécu

Peu après l’accident, qui était survenu en soirée, un policier de la Sûreté du Québec était arrivé sur les lieux.

Il a vu Jessie Roy, coincée entre un muret de béton et la voiture de l’accusée, ainsi qu’André Roy étendu au sol.

« Je ne l’ai pas mis dans mon carnet, j’ai vu des canetons un peu en retrait, a-t-il ajouté. Il y avait une madame qui courait après, à côté du muret de béton. »

C’est donc dire que les palmipèdes ont survécu à leur passage sur l’autoroute, bien que ce ne soit pas l’accusée qui les a sauvés.

« (Mme Czornobaj) a dit que quand elle a vu qu’elle ne pouvait rien faire (pour aider les volatiles), elle est retournée à son véhicule », a témoigné une policière de la SQ qui avait participé à son interrogatoire.

Le procès, présidé par la juge Éliane Perreault, a pris une pause jusqu’à lundi. Il reste encore deux témoins pour la Couronne, a annoncé au jury la procureure Me Annie-Claude Chassé.


 

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