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F1 | Montréal

Grosse semaine pour l'industrie du sexe pendant le Grand Prix

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Clubs échangistes, bars de danseuses, prostitution : les affaires marchent fort pour l’industrie du sexe pendant la semaine du Grand Prix, qui attire énormément de touristes masculins aux poches pleines.

«Pendant la semaine du Grand Prix, on double notre chiffre d’affaires», déclare Dominique Éthier, directeur des opérations du club échangiste Sauna 3333, rue Bélanger.

Il définit son club comme «le plus gros du Canada», avec sa piscine, son sauna et ses 16 000 pieds carrés répartis sur deux étages.

«Sur une journée, on peut voir passer 200 personnes», ajoute-t-il. Le club compte plus de 100 000 membres. «Je reçois des vedettes, des avocats, des hommes politiques, des policiers, des docteurs», affirme Dominique Éthier.

Des centaines de milliers de touristes viennent à Montréal pendant la semaine du Grand Prix. «Cela attire beaucoup d’hommes. Et les hommes sont plus sexuels, tandis que les femmes sont plus sensuelles», soutient-il.

Cette semaine-là, les clients viennent de partout. «Des anglophones de Toronto, de Boston. Mais surtout, beaucoup de Français. Les Français, c’est la première nation sexuelle. Après, c’est nous, les Québécois», sourit-il.

Comme un Canadien-Bruins

Pascal, gérant d’un grand bar de danseuses au centre-ville, confirme que pour lui aussi, 85 % de sa clientèle est touristique. «Et c’est une clientèle qui veut rester et dépenser de l’argent ici», dit-il.

En revanche, l’impact du Grand Prix n’est plus ce qu’il était.

«Il y a cinq ans, je doublais mon chiffre d’affaires, c’était phénoménal. Mais aujourd’hui, cela me donne 40 % de mieux que sur des soirées normales. Et cela ne dure qu’un jour ou deux. J’espère un bon samedi, et un vendredi respectable.»

Comme les autres commerçants, les strip clubs souffrent aussi de la crise économique et de la valeur du dollar.

«Ça freine beaucoup le tourisme extérieur. Aujourd’hui, une partie Montréal-Boston m’amène autant de clients que le Grand Prix», confirme Pascal.

La semaine reste cependant suffisamment intéressante pour qu’il double ses effectifs, tant les serveuses que les danseuses.

Montréal sexy

La montée en flèche de ces chiffres d’affaires n’étonne pas Éliane Legault-Roy, responsable des communications à la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES).

«Des agences proposent même des séjours tout inclus pendant le Grand Prix, qui comprennent une soirée dans un bar de danseuses par exemple», dit-elle.

L’agence du Massachusetts Global Express Tours décrit Montréal comme «la meilleure destination en Amérique du Nord pour les 18 ans et plus».

«Ils tablent sur le côté sexy de Montréal, la ville française. Ici, la nudité totale des filles dans les bars de danseuses est légale, et on a le droit de toucher aussi. C’est différent en Ontario et aux États-Unis. Cela attire les touristes».

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