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Il reste du gras

Les services aux citoyens devraient être peu affectés

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Quand le budget de Télé-Québec continue d’augmenter alors que le gouvernement se dit lancé dans une opération de redressement des finances publiques, il y a lieu d’être sceptique. Belle et Bum ne font sûrement pas partie des missions de base d’un État au bord de la banqueroute.

Quand le budget de Télé-Québec continue d’augmenter alors que le gouvernement se dit lancé dans une opération de redressement des finances publiques, il y a lieu d’être sceptique. Belle et Bum ne font sûrement pas partie des missions de base d’un État au bord de la banqueroute.

Peu de ministères devront composer avec des réductions de budget et, dans certains cas, celles-ci sont minimes. Il s’agit de l’Agriculture, de l’Environnement, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, des Ressources naturelles, de la Justice, des Relations internationales, de la Sécurité publique, du Tourisme, des Transports et du Travail.

Services préservés

Les services aux citoyens devraient être peu affectés.

À la Sécurité publique, par exemple, le budget de la Sûreté du Québec baisse de 1,2 M$ seulement sur une enveloppe de l’ordre de 640 M$. Mais si notre police nationale a encore les moyens de fournir des voitures de fonction à quatre roues motrices à des gradés affectés en permanence à des fonctions administratives dans les quartiers généraux, sa gendarmerie et ses enquêteurs peuvent certainement continuer d’effectuer le même travail. Il suffit que les dirigeants fassent les bons choix de dépenses!

Les principaux ministères qui dispensent des services directs à la population ou aux entreprises ont droit à des hausses de budget. C’est le cas à la Santé et à l’Éducation, évidemment, mais aussi aux Affaires municipales, à la Culture et Communications, à l’Économie, Innovation et Exportations, à l’Enseignement supérieur, à la Famille, aux Forêts, Faune et Parcs ainsi qu’à l’Immigration.

À l’intérieur de l’appareil administratif, les budgets du Conseil exécutif (le ministère du premier ministre), du ministère des Finances et du Conseil du Trésor sont même substantiellement augmentés, ce qui n’échappera pas aux membres de la haute fonction publique qui recevront des commandes de coupes.

Emploi et Solidarité sociale

Le budget du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale est réduit de 56 M$ sur une enveloppe de plus de 4 G$.

Le cahier des crédits révèle cependant que 37 de ces 56 M$ seront coupés dans l’appareil administratif des programmes. Le budget pour l’aide aux personnes et aux familles n’est réduit que de 5 M$ sur 2,9 G$. Le budget 2013-2014 pour l’action communautaire est par ailleurs reconduit intégralement.

Les groupes de pression de la gauche ne seront certainement pas justifiés de dénoncer le retour au néo-libéralisme et aux macoutes partis à la chasse aux Bougon.

Le gouvernement Couillard n’a pris aucune mesure dans le budget déposé mercredi pour pousser les dizaines de milliers de prestataires de l’aide sociale aptes au travail vers la réinsertion dans le monde du travail ou les programmes de formation.

À ce chapitre aussi, la marge de manœuvre est restée inutilisée.

L’occasion ratée

L’épluchage du cahier des dépenses du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, mène à la conclusion qu’il s’agit d’un budget mou, somme toute, et que le gouvernement n’a pas saisi l’opportunité qui se présentait: l’opinion publique était bien conditionnée, le gouvernement est en lune de miel et l’opposition est décimée. C’est une erreur.

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