/opinion/columnists
Navigation

La montée du bon sens

Coup d'oeil sur cet article

Il n’y a aucunement à craindre une montée de l’extrême droite au Québec. Nous assistons seulement à un timide début de montée du bon sens. Enfin.

Il n’y a aucunement à craindre une montée de l’extrême droite au Québec. Nous assistons seulement à un timide début de montée du bon sens. Enfin.

Pauline Marois a encore fait les manchettes en fin de semaine pour une mauvaise raison.

D’abord, il n’y a même pas d’extrême droite organisée au Québec. Tout au plus trouve-t-on une poignée de libertariens qui prêchent dans le désert. Le parti le plus à droite, le Parti conservateur du Québec, dirigé par Adrien Pouliot, a présenté 59 candidats qui ont recueilli au total 16 429 votes, soit une moyenne de 278 votes chacun. Si l’ex-première ministre y voit la montée d’une menace!

Mme Marois a aussi ajouté être même inquiète que la droite individualiste trouve écho à l’intérieur du gouvernement Couillard. Peut-être n’a-t-elle pas lu le premier discours sur le budget du ministre libéral des Finances, Carlos Leitao. La droite individualiste n’a certainement pas trouvé écho chez lui. Il a annoncé l’ajout de 6000 places en garderie pour la prochaine année et de 4000 par année pour les années suivantes du mandat, alors que le Québec est sous surveillance particulière de la part des agences de cotation du crédit et que ce programme universel nous coûte déjà 2,5 G$.

La descente aux enfers

Les Québécois ne sont pas les témoins d’une montée de la droite, comme le suggère Mme Marois qui cherche des excuses à la déroute du PQ à laquelle elle a présidé, mais plutôt à une incapacité de la gauche socialiste et souverainiste à composer avec les réalités de nos finances publiques.

L’interventionnisme de l’État dans l’économie et à travers les programmes sociaux chromés est à la base de sa philosophie politique. Or cela a conduit le Québec à l’étranglement budgétaire.

Les libéraux en sont tout aussi responsables. Ils se sont laissé entraîner sur le terrain de la social-démocratie à la sauce péquiste pour s’assurer de l’alternance dans l’exercice du pouvoir. Le trou s’est ainsi creusé toujours plus profondément au fil des dernières décennies. L’heure est venue de commencer à le remplir.

La gauche québécoise socialiste et souverainiste se retrouve privée de son discours politique habituel devenu «passé date». C’est ce que le PQ n’a pas bien saisi et il n’a donc pas su s’y ajuster. Le Parti québécois n’a ainsi pas réussi à faire mieux que de former un gouvernement minoritaire en 2012 alors que les libéraux traînaient des taux records d’insatisfaction et ployaient sous des accusations de corruption.

Un gouvernement erratique

L’autre raison de sa défaite historique d’avril dernier est son pitoyable bilan de ses dix-huit mois au pouvoir. Mme Marois a dirigé le gouvernement sans doute le plus erratique depuis un demi-siècle.

Cela non plus Pauline Marois ne l’a pas encore intégré dans son analyse. Le PQ s’est battu lui-même: promesses non tenues, de nombreuses mauvaises décisions suivies de reculs caricaturaux, le fanatisme en matière d’environnement qui a mené à la paralysie du développement économique et un ministre des Finances, Nicolas Marceau, qui a dû admettre qu’il n’avait pas été bon.

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.