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L’école privée : un rabais pour l’État

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Les enfants qui fréquentent l’école privée coûtent deux fois moins cher à l’État que ceux du secteur public d’éducation. Pourquoi? Parce que le gouvernement du Québec ne subventionne que partiellement (48 %) les coûts d’éducation de ces élèves. Le reste de la facture, 52 % des frais scolaires, est assumé par les parents.

Les enfants qui fréquentent l’école privée coûtent deux fois moins cher à l’État que ceux du secteur public d’éducation. Pourquoi? Parce que le gouvernement du Québec ne subventionne que partiellement (48 %) les coûts d’éducation de ces élèves. Le reste de la facture, 52 % des frais scolaires, est assumé par les parents.

En cette période de crise des finances publiques, le gouvernement du Québec devrait donc valoriser l’école privée. Cela me semble logique, financièrement s’entend!

Mais non! Au gouvernement du Québec, on n’en a rien à foutre d’une telle logique susceptible de lui faire économiser des dizaines et des dizaines de millions de dollars.

Alors que ses deux prédécesseurs, les gouvernements de Jean Charest et de Pauline Marois, s’étaient contentés de ne pas indexer les subventions à l’école privée, le gouvernement de Philippe Couillard, lui, y va d’une coupe directe de 14 millions $ dans la subvention globale. À cela, s’ajoute une autre coupe sur deux ans de 20 millions $ de subvention pour le transport scolaire des élèves des écoles privées.

Depuis cinq ans, les parents des écoles privées se sont fait refiler une facture additionnelle de quelque 720 $ par année par enfant au seul chapitre du désengagement de l’État envers les études de leurs enfants.

SE TIRER DANS LE PIED

On ne sera pas surpris d’apprendre que bien des parents aux modestes revenus ont été obligés de retirer leurs enfants de l’école privée pour les retourner au système public.

Les établissements d’enseignement privés craignent avec raison que la nouvelle coupe imposée par le nouveau gouvernement Couillard n’accélère la migration d’un nombre additionnel d’élèves vers l’école publique. Si tel est le cas, il est évident que le gouvernement va se tirer dans le pied puisqu’il lui en coûtera plus cher pour éduquer ces mêmes élèves dans le système public.

Pourquoi des parents préfèrent-ils payer de leurs poches pour envoyer leurs enfants à l’école privée? Les raisons sont nombreuses, selon le président de la Fédération des établissements d’enseignement privés, Jean-Marc St-Jacques : un encadrement plus serré; une obligation de résultats de la part des élèves; un taux de décrochage à l’école privée plus faible qu’à l’école publique; un suivi plus rapide et plus personnalisé des enfants en difficultés; une plus grande implication des parents dans l’apprentissage de leurs enfants; plus de compétition entre les élèves; etc.

Quoi qu’il en soit, la question n’est pas de valoriser l’école privée sur le dos de l’école publique.

Mais il est important de remettre les pendules à l’heure. Les écoles privées subventionnées sont des organismes à but non lucratif et non des entreprises privées. Elles sont gérées par des regroupements de citoyens. Ces écoles relèvent directement du ministère de l’Éducation au lieu des commissions scolaires.

Le réseau public d’éducation est aux prises actuellement avec un boom démographique. Il doit construire de nouvelles écoles dans différentes régions du Québec.

Pourquoi le gouvernement Couillard ne consolide-t-il pas les assises de l'école privée subventionnée au lieu de lui couper les vivres? Fournissant et entretenant elle-même ses bâtiments à même différentes sources de financement, l’école privée représente de toute évidence une solution financière intéressante pour redresser les finances publiques.

 

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