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Les souverainistes : des crétins édentés ?

C’est le Canada qui nous coupe du monde

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Écrasé à 20 % dans les sondages, le Parti québécois attire vers lui ceux qui aiment tabasser les agonisants. Chez les fédéralistes purs et durs, surtout, on le cogne avec cœur. Depuis le temps qu’ils veulent en finir avec l’indépendance, qu’ils considèrent comme une anomalie politique, ils veulent lui donner la charge finale.

Écrasé à 20 % dans les sondages, le Parti québécois attire vers lui ceux qui aiment tabasser les agonisants. Chez les fédéralistes purs et durs, surtout, on le cogne avec cœur. Depuis le temps qu’ils veulent en finir avec l’indépendance, qu’ils considèrent comme une anomalie politique, ils veulent lui donner la charge finale.

C’est ainsi qu’on voit remonter à la surface le pire des arguments possibles: il serait temps de s’ouvrir au monde et d’en finir avec le repli sur soi que représenterait la souveraineté. Qu’est-ce qu’un indépendantiste pour eux? Probablement un crétin anglophobe qui regarde le monde avec la méfiance obtuse d’un paysan édenté de l’arrière-pays.

J’exagère? Pas vraiment. Il suffit inversement de regarder l’image qu’on nous présente d’une jeunesse tournant enfin le dos au souverainisme. Elle serait polyglotte, branchée sur internet, énergique et métissée et ne comprendrait pas l’utilité des frontières. Elle combinerait les identités et ne verrait pas pourquoi s’enfermer dans la québécoise.

Pas une lubie

La souveraineté serait une lubie de vieux débiles ou de boomers nostalgiques, et le Canada serait la seule promesse d’avenir possible. S’en séparer, ce serait se couper de la planète. Le débat entre souverainistes et fédéralistes s’efface. On départagera simplement entre les jeunes et les vieux, les ouverts et les fermés et, pourquoi pas, entre les beaux et les laids.

Mais ouvrons-nous au monde, justement. On découvrira que pour un peuple, avoir son pays demeure fondamental. En Europe, les nations rappellent à leurs dirigeants qu’elles tiennent à leur pays et à leur identité. La construction européenne, qui croyait dissoudre les nations dans une purée mondialisée, les voit remonter à la surface.

En Catalogne et en Écosse, la poussée souverainiste se porte mieux que jamais. On ne sait pas s’ils gagneront leurs référendums, mais on sait une chose: désormais, chez eux, la chose est possible. Longtemps, ils ont regardé le Québec comme un modèle. Maintenant, ils nous voient comme un contre-modèle: suivez la piste québécoise si vous voulez échouer.

Dans les prochains mois, on poussera les péquistes à abandonner la souveraineté. On leur dira que s’ils veulent reconnecter avec la jeunesse, ils doivent sacrifier leur raison d’être. Étrange conception de la politique: ne devraient-ils pas plutôt chercher à la convaincre des vertus de l’indépendance?

Tous les pouvoirs

C’est un ancien argument souverainiste et, pourtant, il demeure profondément vrai: c’est le Canada qui nous coupe du monde. Il limite le Québec dans un cadre provincial qui l’oblige à rapetisser ses ambitions. Évidemment, les Québécois, un par un, peuvent parfaitement réussir leur vie. Mais ce sera de plus en plus en se détachant de leur identité collective.

Nous avons oublié le sens véritable de l’indépendance: elle permettrait au peuple québécois de se gouverner pleinement lui-même. Il disposerait de tous ses pouvoirs, alors qu’en ce moment, plusieurs pouvoirs sont confisqués par Ottawa. Le Québec définirait par lui-même son rapport au monde. Il serait maître de son destin. C’est tout simple.

 

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