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Pyrrhotite

Pyrrhotite: SNC-Lavallin devra assumer 70% du dédommagement des victimes

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Photo d’archives
Yvon Boivin a dû faire reconstruire complètement le solage de sa maison puisque le béton contenait de la pyrrhotite entraînant la fissuration des fondations.

La firme d'ingénierie SNC-Lavalin est responsable de 70 % des dommages causés par la pyrrhotite dans le béton de milliers de fondations de résidences en Mauricie, a tranché hier la Cour supérieure.

Dans sa décision, le juge Michel Richard a également déterminé que la part de responsabilité de Béton Laurentides et de Construction Yvan Boisvert était de 25 %, et celle incombant aux entrepreneurs en solages était de 5 %.

Au total, c’est 196 millions $ qui seront versés aux victimes. Cette décision vient mettre fin à l’un des plus importants procès au Canada en matière de vice de construction.

«C’est une grande et belle victoire. Je suis tout à fait d’accord avec le juge dans la division des montants. Enfin justice est rendue», se réjouit le président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Yvon Boivin.

Pour les quelque 850 membres qui se sont battus durant cinq ans pour être dédommagés pour les coûts engendrés par la reconstruction du solage de leur maison, il s’agit d’un énorme soulagement.

«On espère pouvoir tourner la page le plus rapidement possible. C’était un stress incroyable pour les victimes. On a vu des séparations, des dépressions, des faillites et même des suicides. La pyrrhotite a gâché des vies», insiste M. Boivin.

D’autres recours possibles

Le jugement permettra aussi à d’autres victimes de la pyrrhotite d’obtenir des dommages. Selon les chiffres de la Coalition, près de 1800 maisons seraient aux prises avec ce problème, et ce nombre pourrait grimper jusqu’à 4000.

Le juge a également établi dans sa décision le seuil selon lequel des dommages peuvent être attribués à la pyrrhotite.

«Le pourcentage de volume de pyrrhotite à compter duquel les problèmes sont reconnus par le tribunal est de 0,23 %. Ça met une barre, un seuil qui est fort intéressant pour la deuxième vague qui reste à venir», a indiqué l’avocat des victimes, Pierre Soucy.

Béton gonflé

La pyrrhotite est une pierre sulfureuse qui réagit à l’humidité et à l’air en gonflant. Lorsqu’elle est présente dans le béton, elle peut donc entraîner la fissuration des fondations.

À la suite de la découverte en 2009 de cet agrégat dans les fondations de leur maison, des familles avaient intenté des poursuites pour obtenir des dédommagements auprès des entrepreneurs, des bétonnières, des carrières, SNC-Lavalin et tous les autres acteurs impliqués dans la construction des résidences.

SNC-Lavalin et son ingénieur géologue Alain Blanchette avaient fourni des rapports disant que la pierre était adéquate pour la fabrication du béton.

– Avec la collaboration de l’Agence QMI

 

 

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