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Le faux clivage gauche / droite

la gauche et la droite sont toutes deux profondément étatistes

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Il a suffi à Mme Marois de mettre le Québec en garde contre une montée de l’«extrême droite» pour déclencher une vague de réactions. Certains la défendent, d’autres la ridiculisent. Chose certaine, à en juger par les commentaires tous azimuts, voire cacophoniques, personne ne semble s’entendre sur la distinction entre la gauche et la droite. Et pour cause!

Il a suffi à Mme Marois de mettre le Québec en garde contre une montée de l’«extrême droite» pour déclencher une vague de réactions. Certains la défendent, d’autres la ridiculisent. Chose certaine, à en juger par les commentaires tous azimuts, voire cacophoniques, personne ne semble s’entendre sur la distinction entre la gauche et la droite. Et pour cause!

Au mieux, certains diront que la gauche milite habituellement en faveur des libertés individuelles, mais contre les libertés économiques, tandis que la droite est généralement favorable aux libertés économiques, mais brime souvent les libertés individuelles.

Toutefois, parce que des partis qui se revendiquent de «droite» prennent régulièrement des mesures dignes de la «gauche», et vice-versa, ils font régulièrement mentir la tentative de définition ci-dessus. Et comme plusieurs naviguent entre la gauche et la droite selon les circonstances, les termes gauche/droite n’indiquent plus rien et donnent lieu à de fréquentes erreurs d’étiquetage politique.

Interventions de l’État

Pour pouvoir positionner les partis, les individus ou les idées de manière toujours cohérente, il faut un axe où s’opposent des philosophies bien précises. En y regardant de près, on constate que le seul véritable clivage est entre ceux qui réclament plus d’interventions de l’État dans tous les aspects du quotidien (donc moins de libertés), et ceux qui demandent moins d’interventions (donc plus de libertés). C’est donc l’opposition entre les étatistes (voire les dirigistes) et les partisans de la liberté qu’il faut considérer.

Traditionnellement, quiconque était épris de liberté était qualifié de «libéral» au sens de la pensée libérale dite «classique», construite au Siècle des lumières.

Or, comme «libéral» apparaît maintenant dans la désignation de partis politiques irrespectueux des libertés, ce terme a été tristement, et peut-être irrémédiablement, perverti. Le terme «libertiphile», que je prends la liberté d’inventer, convient davantage et s’oppose clairement à l’étatisme qui est, par nature, liberticide.

Ainsi, d’un côté nous avons les étatistes qui déifient l’État au mépris de la nature humaine pour modeler les citoyens en fonction d’un idéal abstrait, subordonner l’individu à la collectivité et le mettre au service d’un État glouton, intrusif et contrôlant.

D’un autre côté, il y a les libertiphiles, qui ont confiance en l’intelligence humaine, et défendent l’idée d’un État aux pouvoirs limités, respectueux et défenseur des libertés individuelles et du libre arbitre. Pour eux, la liberté est une valeur suprême non négociable.

Dirigistes

Selon cette dichotomie, la gauche et la droite sont toutes deux profondément étatistes. Elles se battent uniquement pour identifier sur quoi l’État devrait légiférer en priorité.

Au Québec, seul le Parti conservateur, dirigé par Adrien Pouliot, est libertiphile. Tous les autres sont fondamentalement dirigistes, en particulier le PQ sous Mme Marois.

Constamment, nos politiciens, tous paliers confondus, ont l’immense culot de nous dire, sinon de nous imposer quel prix payer, où acheter, comment se déplacer, comment se comporter, quoi porter, quoi manger, quoi penser, etc.

Tout compte fait, on dirait bien que nous vivons dans une «culocratie liberticide»!

 

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