/opinion/columnists
Navigation

C’est assez, les taxes scolaires !

Coup d'oeil sur cet article

Le nouveau ministre des Finances, Carlos Leitao, serait en grande réflexion sur le financement de notre système d’éducation. Il ne croit plus qu’un modèle basé sur les taxes foncières soit pertinent. Et il a bien raison. Pas besoin d’avoir, comme M. Leitao, un baccalauréat en sciences économiques de l’Université McGill pour comprendre que les taxes scolaires ne servent pas à financer l’éducation.

Le nouveau ministre des Finances, Carlos Leitao, serait en grande réflexion sur le financement de notre système d’éducation. Il ne croit plus qu’un modèle basé sur les taxes foncières soit pertinent. Et il a bien raison. Pas besoin d’avoir, comme M. Leitao, un baccalauréat en sciences économiques de l’Université McGill pour comprendre que les taxes scolaires ne servent pas à financer l’éducation.

En fait, à peine le quart de l’impôt foncier est redonné en services directs aux élèves. Les parents qui paient la note sont dans leur droit le plus plein de demander des comptes, et ultimement de refuser de payer pour une structure toujours plus goulue.

Sur le dos des propriétaires

Depuis 2010, les commissions scolaires ont fait face à des compressions budgétaires de plus de 800 millions qu’elles se sont empressées de refiler aux contribuables. La dernière compression de 200 millions commandée par le gouvernement Marois n’a pas fait exception à la règle.

Des milliers de propriétaires devront vivre avec une augmentation de la taxe scolaire de plus de 8 % au cours des deux prochaines années. D’ici 2019, on sera allé chercher un demi-milliard de plus dans la poche de ces contribuables! C’est trop et c’est surtout injustifiable.

Comment expliquer par exemple que le personnel des commissions scolaires ait augmenté de 1 % par année alors que le nombre d’élèves diminuait de 1,2 % par an entre 2001 et 2009? Comment peut-on avoir besoin de plus de monde pour gérer moins d’élèves?

Ce serait normal d’augmenter les taxes si on offrait plus des services aux élèves. Or, demandez aux parents qui n’ont pas l’impression d’en avoir pour leur argent: ces services diminuent.

Repenser les commissions scolaires

On en revient toujours à l’éternelle question: à quoi servent les commissions scolaires? La réponse n’est jamais claire.

Les défenseurs du modèle, et ils sont encore nombreux, affirment qu’abolir les commissions scolaires serait complètement démagogique. Ils plaident que les directeurs d’école sont déjà débordés avec leurs tâches actuelles. Qu’ils n’ont pas assez de temps pour vraiment s’occuper de leur mission première d’éducation. Imaginez si on leur demandait en plus de gérer les bâtiments et des autobus scolaires!

Or, si les commissions scolaires sont là en partie pour alléger le travail des directions d’école, elles échouent lamentablement à cette tâche.

Selon une étude de la Fédération québécoise des directeurs d’établissement en 2006, le recrutement des directeurs d’école est de plus en plus difficile, et ceux en poste songent à quitter. Trop de paperasse à remplir et trop de problèmes à régler (gestion des employés et de l’édifice, cas plus lourds d’élèves, relations tendues avec les parents). Qu’ont fait les commissions scolaires? On se le demande. Les directions d’école sont plus que jamais laissées à elles-mêmes.

C’est donc une vraie réforme qu’il nous faut! Et une bonne dose de courage politique. Depuis trop longtemps, libéraux et péquistes jouent au ping-pong avec le dossier. On promet de contrôler la bête, mais sans vraiment s’y atteler.

On aurait souhaité que les commissions scolaires procèdent elles-mêmes à une réforme interne. Au lieu de cela, elles ont fait la cigale. Il est temps qu’elles déchantent à leur tour.

 

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.