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Les journalistes sont-ils de gauche ? Un pistolet fumant

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Un pistolet fumant. C'est ce que tenait un aumônier qui venait d'abattre un capitaine de bateau dans une histoire de Sherlock Holmes, The Gloria Scott, écrite en 1893. Dans les années 70, le pistolet fumant - le smoking gun - a frayé son chemin dans l'imaginaire américain où il en est venu à représenter une preuve irréfutable. Un penchant idéologique de gauche colore-t-il la production journalistique ? En France, les journalistes se font souvent reprocher d'être des bourgeois-bohèmes. Qu'en est-il ? Selon Erwann Gaucher, qui analyse l'univers journalistique français, 40% des étudiants en journalisme sont issus de familles de cadres ou de professions intellectuelles supérieures. Parmi les journalistes actifs, c'est 30%. Donc oui, beaucoup de journalistes originent de l'élite sociale et culturelle. Mais comment situer ces journalistes à gauche ? Où sont les chiffres ? Examinons quelques statistiques.

En 2012, vote massif des journalistes pour François Hollande

La firme Harris Interactive a sondé 426 journalistes français qui étaient présents sur Twitter lors de la campagne présidentielle de 2012. Au premier tour, 39% d'entre eux ont voté pour François Hollande et 19% pour le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon. Nicolas Sarkozy n'a obtenu que 18% des voix. Au deuxième tour, 74% des journalistes sondés ont appuyé François Hollande. C'est beaucoup plus que la population générale qui a élu Hollande à 52% contre 48%. Un écart qui dépasse les 20% en fait. Cette statistique est parfois invoquée par des Français irrités par la coloration politique de gauche perçue dans les médias.

Le chroniqueur Éric Brunet qui anime l'émission Carrément Brunet sur Radio Monte Carlo et qui est ouvertement de droite, dit avoir constaté le biais massif de gauche des journalistes tout au long de sa carrière, qui a débuté en 1987.

Comment on résume ce que Hillary dit de Sarkozy dans son livre : un pisolet fumant

Si on se base seulement sur le scrutin présidentiel de 2012, les trois quarts des journalistes français sont de gauche. A-t-on des exemples montrant comment ce biais opère ? Des pistolets fumants ? Le récent compte-rendu, dans la presse française, des propos de Hillary Clinton sur Nicolas Sarkozy dans Hard Choices est l'un de ces pistolets fumants. Dans l'ouvrage, l'ex-secrétaire d'État décrit Sarkozy comme un homme vif et expressif qui aime raconter des anecdotes sur les dirigeants qu'il connaît. Exubérant, c'est aussi un prince charmant, écrit-elle. Le Figaro et Le Point ont rendu justice à l'esprit du passage. Ce ne fut pas le cas avec les quotidiens Le Monde et Le Parisien. Le Monde conclut que Hillary Clinton égratigne Sarkozy, ce qui est faux. Le Parisien écrit qu'elle règle des comptes avec l'ex-président français. Ce n'est pourtant suggéré nulle part. Pour ces quotidiens, l'hostilité à Nicolas Sarkozy est plus forte que le désir de faire preuve de rigueur journalistique. Les réactions sur Twitter ont été virulentes.

   

La colère de ces Français est compréhensible. Si l'on ne peut pas compter sur la subjectivité honnête des médias sur un sujet aussi simple et vérifiable que la description d'un passage dans un livre en anglais, comment leur faire confiance pour la couverture de grands événements ?

16 commentaire(s)

Deric Caron dit :
11 juin 2014 à 13 h 31 min

Bien la droite a zéro chance, faut comprendre qu'il existe a gauche un phénomène qui n'existe pas a droite, la gauche caviar, et il n'a pas l'équivalent droite pudding chômeur comme j'aime dire, bref ont peut dire qu'on est a gauche sans vraiment le pratiquer.

Daniel Girard dit :
11 juin 2014 à 14 h 03 min

Ou on le pratique mais avec l'argent des autres ;)

Marie dit :
11 juin 2014 à 14 h 50 min

Je pense que le même pourcentage de journalistes à gauche se trouve au Québec également.

J'aime bien ce commentaire:

"Nerva Benjamin @NervaBenjamin @DanielGGirard c'est désormais une spécialité de la presse de gauche d'oublier de préciser une partie des choses ...

Daniel Girard dit :
11 juin 2014 à 15 h 37 min

Ceux qui ont suivi de près la couverture médiatique au Québec durant les manifestations étudiantes seraient entièrement d'accord avec vous.

John Doe dit :
11 juin 2014 à 16 h 22 min

Ça doit être parce que la droite a mauvaise presse. Jeu de mot entièrement voulu.

Mais sérieusement, même si les journalistes disent qu'ils ne se font dicter leur paroles ou écrits par personne, ils savent très bien quoi ne "pas" dire.

Ceux qui dépendent de la vente de livre, par exemple, pour vivre n'ôseront jamais déplaire à leurs éditeurs.

Guillaume P. dit :
11 juin 2014 à 19 h 11 min

Les journalistes tendent à aimer les mots, pas les chiffres.

L'économie n'est que rarement leur sujet préféré et lorsqu'ils daignent consacrer quelques heures de leurs précieux temps à l'étude de l'économie, ils sont séduits par les lubies keynésiennes(sounds good so it must be good).

Ils sont aussi séduits par le vocabulaire générale de la gauche : "justice sociale", "commerce équitable", "redistribution de la richesse", "combattre les inégalités", "failles du capitalisme" "plan de relance économique" "save the planet"

La gauche économique est beaucoup plus sexy que la droite aux yeux d'un intellectuel imberbe. Et être de gauche est un état d'esprit très plaisant puisqu'il te donne l'impression d'être du coté des anges, anges qui combattent les démons capitalistes évidement.

En fait, on pourrait dire que la gauche à un pouvoir de séduction énorme sur les intellectuels d'un certain profil(sciences humaines sans math) et ils se trouve que les journalistes, en général, sont de ce profil...

Et le plus ironique avec votre histoire, c'est qu'il est difficile de soutenir que Sarko est de droite puisque les dépenses du gouvernement ont augmentés sous son règne. C'est dire à quel point les journalistes sont loin à gauche...

Nelson dit :
11 juin 2014 à 20 h 34 min

Il n'y a pas des journalistes de gauche, nulle part, tout simplement parce que tous les propriétaires des moyens de communication sont de la droite économique, des clases dominantes, du grand capital. Et ils nomment des chef de pupitre ou chef de la ligne éditorial qui lisent chaque article et l'approuvent, avant d'être publiés.

François Hollande, les démocrates américains, le Parti Québécois, les laboristes britanniques , NE SONT PAS DE GAUCHE, ils sont de centre plus au moins progressistes, mais ils appliquent des coupures des services et plans d'austérité quand nécessaire, pareil que la droite.

Les syndicats, les mouvements des étudiants, ne sont de gauche non plus, ils sont des corporations et organisations qui défendent leurs intérêts, point.

En faite le mot, le terme ''gauche'' vise à tuer socialement, à neutraliser, à enlever du pouvoir, à ostraciser, démoniser les travailleurs, les mouvements sociaux, les écologistes, les féministes, les revendicateurs des droits, ceux que s'opposent aux coupures et privatisations des services.

Le mot ''gauche'' sert aussi à faire peur, les ''ennemies'' des payeurs de taxes, les ennemies des capitalistes créateurs d'emploi, ce que effraie à ceux qui craignent perdre leurs emplois.

Le mot droite est aussi, quelque part, un insulte, parce que est synonyme de exploiteur, abuseur, priva tiseur des services publiques, le 1% qui mène le monde, etc.

En faite les mots gauche et droite son tellement aléatoires et ont tellement des significations et connotations différentes, que ne servent pas à grand chose.

Martin Mimeault dit :
11 juin 2014 à 22 h 35 min

Heu... On ne parle que de la France ici... J'ai rien contre, mais ça serait supposé être un exemple que l'on pourrait coller au reste de la planète ?

Quel est le but de ceci ?

Et @ Deric Caron : il existe par contre un très gros morceaux de la droite qui est "caviar" elle aussi ! Et s'il y a une gauche caviar, en général, elle est bien plus réellement "pudding chômeur" !

Daniel Girard dit :
12 juin 2014 à 1 h 22 min

Comme le disait Marie, il ne serait pas surprenant que le même pourcentage s'applique au Québec. Il faut se rappeler de la couverture des manifestations étudiantes. Aux États-Unis aussi, les journalistes sont massivement en faveur des démocrates.

Daniel Girard dit :
12 juin 2014 à 1 h 59 min

Bons commentaires, qui ajoutent de l'eau au moulin sur cette question.

lucie dit :
12 juin 2014 à 5 h 45 min

Les journalistes sont-ils des larbins de leur employeur? Prenons le cas de Richard Martineau qui , lors du printemps erable et pendant la derniere campagne electorale affiche un penchant caquiste. Et qui le lendemain du budget affiche un penchant socialiste en denigrant la coupure des subventions a l'industrie du multimedia dont Quebecor est probablement un recipiendaire important. Conflit d'interet, quand tu nous tiens. Et Richard n'est qu'un exemple parmi d'autres.

larry dit :
12 juin 2014 à 8 h 23 min

Il y a la gauche caviar mais aussi une droite caviar. la différence entre c'est amateurs d’œuf d'esturgeons, ces que la gauche caviar aime se montrer pour les Kodak (ce sont des parvenus), la droite caviar se fait discrète au fond de leur manoir et se spécialise dans le tirage de ficelle de leur marionnette.

Gilles Laplante dit :
12 juin 2014 à 10 h 18 min

Comme le disait notre bon curé du Saguenay, les journalistes sont des cruches et on sait que la gauche a beaucoup de matière pour les remplir. Heureusement, il y a encore quelques journalistes honnêtes qui ont à cœur de bien informer leur lecteurs.

Deric Caron dit :
12 juin 2014 à 11 h 28 min

La gauche caviar est très influente. Prend un Warren Buffet qui dis qu'on devrais augmenter les impôts, la gauche ce peut plus de l'encenser, les médias de répéter ses paroles. Évidemment, personne mentionne que tonton Warren à déjà fais sa fortune, et a donc déjà payé ses impôts minime dessus, il y a donc aucun risque pour lui, c'est les plus jeunes qui vont payé, sans mentionner l'hécatombe des coupes chez ses entreprises, en plus du fais que personne l'empêche de payer plus d'impôt si ça l'enchante. À l'opposé, il y a personne vivant au crochet de la société qui millite pour que le gouvernement coupe ses chèques et qu'il pourrait travailler plus, la droite pudding chomeur est inexistante, et même quand la droite s'exprime, comme un Warren Buffet, le message envoyer est de gauche pour faire mal à la concurrence et a la relève.

Deric Caron dit :
12 juin 2014 à 18 h 09 min

La droite caviar? On utilise le terme "gauche caviar" pour signifier l’hypocrisie... J'ai jamais rencontrer un gars sur le BS qui voulais réduire ses prestations, je connais des tonnes de riches qui prétendent être à gauche pour bien paraître. Je vois pas trop quelle ficelles tu peux tirer quand tu as zéro impact médiatique, tu peux acheter des politiciens, mais c'est pas eux qui les font élire. D'ailleurs, un des gros problème avec la droite c'est qu'ils sont probablement trop honnête dans leur intentions, je crois que les électeurs veulent qu'on leur mentent un peu, la fiction est normalement plus intéressante que la réalité... Qu'est-ce que la droite propose outre le serrage de ceinture et vivre selon ses moyens?

Deric Caron dit :
12 juin 2014 à 18 h 11 min

J'ai toujours trouvé ça drôle que pour les socialiste, on est jamais assez socialiste...