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Alzheimer

Un chercheur et son chien au chevet des malades

Il veut diagnostiquer la maladie avant son apparition et Sam aide à soulager les personnes déjà atteintes

Dr John Breitner et Sam
Photo Anne Caroline Desplanques Le Dr John Breitner et son chien Sam travaillent en équipe sur la maladie d’Alzheimer à l’Institut Douglas de Montréal.

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Des scientifiques montréalais pourraient bien être les premiers au monde à détecter la maladie d’Alzheimer 20 ans avant les premiers symptômes. En attendant, les chiens soulagent ceux qui sont déjà malades grâce à la zoothérapie.

Des scientifiques montréalais pourraient bien être les premiers au monde à détecter la maladie d’Alzheimer 20 ans avant les premiers symptômes. En attendant, les chiens soulagent ceux qui sont déjà malades grâce à la zoothérapie.

«Nous pourrions ralentir l’avancée de la maladie, repousser la démence, voire même l’éviter, puisque les gens vivraient plus vieux et finiraient par mourir d’autre chose», explique le Pr John Breitner, directeur du centre de recherche en prévention de la maladie d’Alzheimer de l’Institut Douglas.

Ce chercheur de renommée internationale a quitté la prestigieuse Université de Washington à Seattle en 2010 pour mener chez nous la première étude épidémiologique au monde sur les facteurs qui peuvent retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Signes avant-coureurs

Pour y parvenir, son équipe suit à la trace plus d’une quinzaine de changements chimiques dans un cerveau qui signalent la venue de la maladie aussi tôt que deux décennies avant les premiers symptômes.

Des neurones qui communiquent mal entre eux, une protéine dysfonctionnelle ou en voie de disparition... Rien n’échappe à la science. Le patient, lui, ne ressent pourtant rien, il n’a aucun symptôme du mal qui fait son chemin dans son cerveau en douce, pendant des années.

Les chercheurs espèrent ralentir ces signes avant-coureurs à l’aide d’un simple anti-inflammatoire, comme l’ibuprofène ou le naproxène. Leur hypothèse est que, s’il est pris assez tôt, ce médicament peut agir comme une armure pour protéger le cerveau.

Facteurs génétiques

Diane Lemieux a toutes les raisons d’espérer que cette hypothèse se confirmera. À 65 ans, elle est entourée de cinq oncles et tantes malades et a récemment enterré sa mère, après 10 ans de lutte contre la maladie. Elle est donc à risque d’être elle-même malade puisque l’Alzheimer peut avoir des facteurs génétiques.

Comme 140 autres personnes à risques venues de partout au Québec, et même de New York, pour participer aux recherches du Dr Breitner et de son équipe, Mme Lemieux se soumet à toutes une batterie de tests plusieurs fois par an depuis 2011 dans l’espoir de faire avancer la science.

«Pour moi, c’est probablement déjà trop tard, souligne-t-elle. Mais cette recherche pourrait bien sauver mes enfants et mes petits-enfants.»

 

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