/opinion/columnists
Navigation

Automobilistes floués

Ce n’est pas seulement le nombre de décès qui baisse, mais aussi le nombre d’accidents avec blessés

Coup d'oeil sur cet article

Il y a quelques jours, la Société d’assurance automobile du Québec a publié son bilan routier. Cette annonce publique a été accompagnée d’une rumeur: les primes annuelles pourraient diminuer vu la remarquable amélioration du bilan routier. Si les primes baissaient, ce serait la première fois depuis la création du régime tel que nous le connaissons, soit depuis 1978!

Il y a quelques jours, la Société d’assurance automobile du Québec a publié son bilan routier. Cette annonce publique a été accompagnée d’une rumeur: les primes annuelles pourraient diminuer vu la remarquable amélioration du bilan routier. Si les primes baissaient, ce serait la première fois depuis la création du régime tel que nous le connaissons, soit depuis 1978!

Je me suis intéressé aux chiffres concernant le bilan routier, je les ai mis en parallèle avec les paiements que versent les automobilistes – cotisations d’assurance, immatriculation, permis de conduire. Une seule conclusion est possible: les automobilistes, nous nous faisons flouer d’une manière éhontée.

Chiffres très positifs

Nous sommes de plus en plus de payeurs et il y a de moins en moins d’accidents. À la fin des années 70, il y avait quelque 3 millions de détenteurs de permis et près de 2000 décès survenaient sur les routes. L’an dernier, le nombre de détenteurs de permis a grimpé à plus de 5 millions et le nombre de décès a baissé sous la barre des 400.

Ce n’est pas seulement le nombre de décès qui baisse, mais aussi le nombre d’accidents avec blessés, dans toutes les catégories d’âge et dans toutes les régions. En somme, le bilan routier s’améliore considérablement. Un accident est toujours un de trop et il est normal que dans l’actualité, on ait l’impression qu’un grand nombre de drames surviennent sur les routes. Mais lorsqu’on compile rigoureusement les statistiques, les choses s’améliorent considérablement.

La conséquence facile à déduire de cette réduction du nombre d’accidents, c’est que le nombre de réclamations présentées à la SAAQ va dans la même direction. Par exemple, la SAAQ n’a reçu que 20 000 demandes l’an dernier, une baisse de près de 40 % par rapport aux 33 000 réclamations reçues en 2005. Toutes ces bonnes nouvelles devraient logiquement avoir un impact sur les cotisants. Mais…

Mystère

Comment expliquer que durant toute son existence, la SAAQ n’ait jamais revu ses tarifs à la baisse, malgré les chiffres que je viens de résumer? Absolument injustifiable. En fait, non seulement nous n’avons pas eu de baisse, mais des hausses fréquentes. Même cette année, nous avons fait face à une légère augmentation pour le permis de conduire. Rappelons que le coût du permis de conduire a doublé en 2008, puisque nous sommes passés d’un paiement aux deux ans à un paiement annuel.

Nos taux n’ont jamais baissé parce que lorsque la SAAQ avait des surplus dans les années 80, le gouvernement libéral de Robert Bourassa a vidé la caisse pour renflouer son budget. À une autre époque, on nous dit que la SAAQ a perdu beaucoup d’argent qui avait été confié à la Caisse de dépôt dans le fiasco du papier commercial. Mais globalement, on doit surtout comprendre que la société d’État respecte la tendance naturelle de toute organisation gouvernementale à dépenser tout l’argent qu’on lui met entre les mains.

Pour l’an prochain, devrait-on songer à réduire les primes? Oui, par justice élémentaire!

 

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.