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Cancer: une patiente en phase terminale remet en question le système

Danielle Wolf en phase terminale d'un cancer
Photo pierre-paul poulin Âgée de 55 ans, Danielle Wolfe a appris l’an dernier qu’elle avait un cancer du rein incurable de phase 4. Avec de la chance, on lui donne quelques années à vivre.

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Une dame de 55 ans atteinte d’un cancer du rein est condamnée car le suivi médical après la découverte d’une tumeur en 2007, qui aurait pu lui sauver la vie, n’aurait pas été fait, selon une poursuite déposée à la cour.

Le cas d’une patiente atteinte d’un cancer du rein en phase terminale qui n’a pas reçu de suivi après un test en 2007 remet en question le système de dépistage et de suivis de cancers au Québec.

C’est du moins l’avis de Me Jean-Pierre Ménard, avocat spécialisé en santé, dont la cliente, Danielle Wolfe, intente une poursuite de 1,5 million $ contre le Dr Richard Sioufi et l’Hôpital de Châteauguay.

La pointe de l’iceberg

Chaque année, Me Ménard recense une trentaine de poursuites pour des patients victimes d’une erreur de diagnostic ou de suivi d’un cancer.

«Quand ils viennent nous voir, c’est game over. Ils sont en phase terminale parce que le suivi n’a pas été fait, constate-t-il. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Beaucoup de gens ne poursuivent pas juridiquement.»

Âgée de 55 ans, Danielle Wolfe a appris l’an dernier qu’elle était atteinte d’un cancer du rein en phase 4.

«Et il y a quatre stades, ironise-t-elle. Avec de la chance, j’ai quelques années à vivre.»

Le 14 février 2007, la dame avait passé un examen en raison de sang dans ses urines, à l’Hôpital de Châteauguay. Jamais on ne l’a rappelé pour faire le suivi de ses tests.

« J’ai fait confiance »

«Le fameux dicton: pas de nouvelle, bonne nouvelle, j’y ai cru. J’ai fait confiance», souligne la dame qui demeure à Saint-Rémi, en Montérégie.

En 2011, Mme Wolfe a rappelé et écrit à l’hôpital pour avoir une copie des résultats des tests passés en 2007. Elle n’a jamais réussi à les obtenir.

Puis, en 2013, son médecin de famille a constaté qu’elle faisait de l’anémie sévère et l’a envoyée passer des tests à l’Hôpital de Verdun.

Le 24 mai 2013, on lui a annoncé la bombe: cancer du rein gauche. Incurable. Des métastases aux poumons avaient aussi été découvertes.

«En 15 minutes, ma vie a basculé, se rappelle-t-elle. Je ne faisais que pleurer.»

«Si [Mme Wolfe] avait été traitée en temps opportun, en 2007, elle aurait vaincu son cancer puisque celui-ci était tout à fait traitable avec un bon pronostic à ce moment», lit-on dans la poursuite.

Pour Me Ménard, beaucoup trop de patients décèdent des suites d’un manque de suivi. Il croit donc qu’une refonte du système de prise en charge du cancer au Québec est nécessaire pour éviter des décès inutiles.

«Quand on regarde les dossiers de façon globale, on se rend compte que le système n’est pas aussi bien organisé que ça devrait l’être. On échappe des patients, et ça n’a pas de bon sens.»

« J’ai été trahie »

Depuis un an, Mme Wolfe suit des traitements de chimiothérapie en soins palliatifs. Or, elle ne s’explique toujours pas le manque de suivi.

«Comme patient, tu vis avec une fausse confiance, souligne-t-elle. J’ai été trahie. Ce n’est pas une cicatrice qu’on m’a faite.»

Pour le reste, elle essaie de profiter du temps qui lui reste. «Là, je vis. Demain je ne sais pas.»

L’hôpital a refusé de commenter le dossier, et le Dr Sioufi n’a pas rappelé Le Journal.

 

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