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Essence : gouvernements complices

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La même semaine que le prix de l’essence atteint un record injustifié au Québec, l’eunuque Régie de l’énergie rend une décision en faveur des détaillants exploiteurs plutôt que de favoriser les consommateurs.

La même semaine que le prix de l’essence atteint un record injustifié au Québec, l’eunuque Régie de l’énergie rend une décision en faveur des détaillants exploiteurs plutôt que de favoriser les consommateurs.

L’essence se vendait jusqu’à 1,53 $ à Montréal et Laval hier et 1,47 $ à Québec. Pendant ce temps, le prix moyen du litre aux États-Unis était de 1,05 CA $.

À Québec, le prix a bondi de 10 sous mercredi, passant de 1,36 $ à 1,46 $, sans réelle justification fondée. Selon le CAA-Québec, le juste prix serait de 1,39 $.

À 1,46 $, la marge de profit est de 13 sous le litre alors qu’elle devrait être en moyenne de 6,7 sous le litre à Québec et de 7,2 sous à Montréal. Les Québécois se font extorquer.

Prix plancher

Chaque semaine, la Régie de l’énergie fixe un prix minimum auquel il faut ajouter 3,5 sous le litre pour les frais d’exploitation d’une essencerie.

Costco cherchait à faire ramener ces 3,5 sous à 2 sous. La Régie a dit non. Un organisme gouvernemental bloque la libre concurrence sur un produit essentiel pour lequel le consommateur est arnaqué par les pétrolières et les détaillants.

La même Régie est aussi impuissante pour contrer la collusion qui fait en sorte que le prix est absolument identique au centile et à la minute près dans chaque région, incluant les pseudo détaillants indépendants.

Cette Régie fixe un prix plancher, mais elle ne s’occupe aucunement du plafond. Ce n’est pas dans ses prérogatives.

Ou elle doit être abolie pour éliminer une nuisance ou le gouvernement lui confie de véritables pouvoirs, en faveur des consommateurs. Le temps est venu de protéger les Québécois contre les requins du marché pétrolier. Ceux-ci ont trop étiré l’élastique cette fois.

Je suis persuadé que le gouvernement qui réussira à casser la collusion dans ce secteur commercial pour forcer la libre concurrence et à instaurer un prix plafond, comme cela se fait dans d’autres provinces, ce gouvernement gagnera énormément en capital politique.

Pourtant, aucun des derniers gouvernements qui se sont succédé n’a osé s’attaquer à cette escroquerie de milliards de dollars aux citoyens québécois. Quel parti a abordé cette question au cours de la dernière campagne électorale? Aucun à ma connaissance. On a beaucoup parlé, par contre, de souveraineté, de charte de la laïcité, de bilinguisme. Le prix de l’essence fait partie des «vraies affaires» auxquelles les politiciens ne touchent pas, de peur de se brûler.

Les taxes

L’autre raison pour laquelle les gouvernements se font complices de l’industrie est la lucrative taxation du produit.

L’énorme différence entre le prix moyen aux États-Unis et au Canada, et particulièrement au Québec, est la taxation ascenseur du produit.

Au Québec, le total des taxes fédérales et provinciales représente 45 % du prix du litre. Ainsi, à 1,40 $ le litre, les gouvernements empochent 0,63 $ sur chaque litre vendu. À 1,52 $, ils touchent 0,68 $. Les gouvernements y trouvent donc leur compte lorsque les prix montent.

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