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Le culte de Gaïa

la haine de l’Humanité est telle que pour préserver la virginité de Gaïa, on souhaite ni plus ni moins son anéantissement

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Je sais que certains se demandent souvent pourquoi je suis tellement hostile à l’idéologie des Verdoyants, tellement allergique à la religion écolo, à ses dogmes et à son culte central, celui de Gaïa, cette déesse antique personnifiant mère Nature.

Je sais que certains se demandent souvent pourquoi je suis tellement hostile à l’idéologie des Verdoyants, tellement allergique à la religion écolo, à ses dogmes et à son culte central, celui de Gaïa, cette déesse antique personnifiant mère Nature.

Je vous dirais que c’est parce que je suis en profonde divergence (on pourrait dire philosophique) avec cette nouvelle religion (enseignée dans nos écoles en lieu et place du christianisme) sur la conception, la place et le rôle de l’humanité sur cette planète.

Pour les Verdoyants, fortement influencés par les «penseurs» de l’écologie radicale (la Deep Ecology des Américains), l’Humanité est une espèce nuisible et malfaisante. Elle est… de trop! «Le monde souffre du cancer, dit Alan Gregg, et ce cancer, c’est l’homme.» Pour le fondateur du Sierra Club, John Muir, «l’homme est toujours et partout un chancre dans le paysage.»

«Les êtres humains en tant qu’espèce, écrit John Davis, éditeur du Earth First Journal, n’ont pas plus de valeur que les limaces.» Édifiante comparaison, n’est-ce pas? Le même Davis affirmait que «l’éradication de la petite vérole fut une erreur. Elle jouait un rôle important dans l’équilibre des écosystèmes.»

Le Prince Philip

C’est ce que pense d’ailleurs le Prince Philip, un écolo de choc. «Si j’avais à me réincarner, avoue-t-il, j’aimerais revenir sur terre en virus pour abaisser le niveau de croissance de la population.» On le voit, la haine de l’Humanité est telle que pour préserver la virginité de Gaïa, on souhaite ni plus ni moins son anéantissement.

Je vous l’avoue, cette conception de l’Humanité me répugne au plus haut point. Car je suis un vieil humaniste pour qui, comme le pensait le grand paléontologue, le Père Teilhard de Chardin, l’Humanité est la fine pointe de la flèche de l’Évolution de la matière vivante. Un peu au-dessus de la limace…Et son apparition sur Terre constitue un saut qualitatif dans le processus évolutif puisqu’elle est dotée de ce que l’éminent Jésuite appelle «la flamme d’une intelligence véritable».

L’espèce qui a inventé la civilisation

Et c’est cette espèce qui, au fil des millénaires, a «inventé» l’art, la musique, la science, l’écriture, la ville, la médecine, la philosophie, les technologies, les rites funéraires, la foi en Dieu…et la roue. En un mot, la civilisation! Elle a sans doute quelques défauts. Elle aime un peu trop la guerre. Mais il est absurde de la considérer comme un cancer, un virus.

Vous me direz: nos écolos autochtones ne sont pas aussi radicaux. C’est vrai. Mais leur vision des choses est quand même engluée dans cette mélasse idéologique de l’écologie radicale. Écoutez-les et vous constaterez que, pour eux aussi, l’Humanité est une espèce malveillante qui commet le péché impardonnable de transformer la nature en y puisant des ressources afin d’améliorer sa condition.

Un des directeurs du Sierra Club exprime ce qu’il faudrait faire: «Éliminer l’espèce humaine résoudrait tous les problèmes sociaux et environnementaux.» La Solution Finale, quoi!

Pour John Zerzan, le Grand-Prêtre américain de la Deep Ecology, l’Âge d’Or, c’est le paléolithique, avant l’invention de l’agriculture. Famines et espérance de vie de 22 ans, ça vous intéresse?

 

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