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Oser débloquer le Québec

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On parle beaucoup de surendettement chronique, de corporatisme syndical et de crise des finances publiques depuis quelque temps.

On parle beaucoup de surendettement chronique, de corporatisme syndical et de crise des finances publiques depuis quelque temps.

Mais nous ne sommes pas seuls à patauger dans la vase.

La plupart des démocraties occi­dentales sont aux prises avec cette «tempête parfaite».

UN SECTEUR PUBLIC EN BÉTON

Dans sa dernière édition, le magazine Le Point publie un dossier spécial sur les problèmes endémiques qui plombent l’économie française.

On a l’impression de lire un repor­tage sur le Québec.

«La grande majorité des conflits sociaux concernent le secteur public ou parapublic, de dire Denis Kessler, le grand patron du groupe SCOR. Les syndicats disposent de moyens de pression pour obtenir des avantages à la charge des contribuables et l’État cède souvent à leurs revendications.

«Le personnel de l’État est abrité par des statuts en béton et ces statuts freinent les adaptations, les évolutions, les transformations. Or, le statut de la fonction publique n’a aucune raison d’être tabou. Il faudrait le faire évoluer.»

Pour Kessler, le monde a changé. On ne peut plus faire comme si on vivait toujours dans les années 1960. Avant, on avait l’impression que la croissance était infinie, qu’on pouvait promettre toujours plus d’avantages et de privilèges aux syndiqués de la fonction publique. Aujourd’hui, on est plus réaliste. On sait que l’argent ne pousse pas dans les arbres et que la capacité de payer du contribuable n’est plus élastique. Chaque privilège accordé à un groupe doit être payé par un autre.

«Prenez les retraites. La question fondamentale est de savoir ce qu’il faut prélever sur une génération pour le transférer à une autre génération.»

TOURNÉ VERS L’AVENIR

Selon vous, qui, de la droite ou de la gauche, a le plus participé aux mesures qui bloquent la France? demande le journaliste à Denis Kessler.

«Toutes les formations politiques qui se sont succédé au pouvoir portent une part de responsabilité, répond-il, parce qu’elles n’ont pas eu le courage de mettre en œuvre les mesures qui s’imposaient.

«Afin de parer à la montée des extrêmes, qui ne proposent que des solutions illusoires, il faut que les partis réinitialisent en profondeur leur logiciel idéologi­que et l’adaptent au monde actuel.

«Il faut des femmes et des hommes d’État avec une vision forte de l’avenir de notre pays, un taux de préférence pour le présent faible et un vif intérêt pour notre monde en mouvement.»

Bref, si on veut éviter le mur qui se rapproche à grands pas, il faut cesser de regarder dans le rétroviseur. On ne peut plus proposer des solutions d’hier à des problèmes d’après-demain.

AU-DELÀ DES PANCARTES

La manif sauvage qui s’est tenue la semaine dernière devant l’hôtel de Ville de Montréal n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend à la rentrée.

Au cours des prochains mois, le gouvernement du Québec sera pris à partie par plusieurs groupes de pression qui tiennent à tout prix à préserver leurs privilèges.

Espérons que Philippe Couillard et son équipe verront au-delà des pancartes et penseront à la majorité des Québécois qui, eux, n’ont pas le temps de descendre dans la rue pour se faire entendre, trop occupés qu’ils sont à travailler pour payer les avantages des uns et des autres.

 

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