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CHSLD | Résidence

Une dame de 53 ans placée dans un CHSLD contre son gré

CHSLD
Photo héloïse archambault Sylvie Cayer passe ses journées dans sa chambre puisqu’elle ne peut aller à l’extérieur à moins qu’un proche l’y emmène.

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Une femme de 53 ans atteinte de sclérose en plaques a été placée dans un CHSLD à Terrebonne contre son gré il y a trois semaines, à défaut d’avoir un autre endroit où aller.

«Je suis dans une prison, confie Sylvie Cayer, tout en jetant un regard à la fenêtre de sa chambre. Je me suis toujours dit que je n’irais jamais dans un centre. Tout ce que je veux, c’est un appartement.»

Placée malgré elle

Atteinte de sclérose en plaques depuis près de 20 ans, la dame a perdu l’usage de ses jambes, et a besoin d’aide au quotidien. Seuls ses bras bougent un peu, mais elle a encore toute sa tête.

Le 31 mai dernier, la femme de 53 ans a été placée au centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) des Moulins, à Terrebonne.

En raison de problèmes de santé, la dame s’était retrouvée à l’hôpital

Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne, le 13 mars dernier. Sans logis depuis, la direction l’a finalement placée dans un CHSLD après près de trois mois d’hospitalisation.

Or, Mme Cayer souhaitait plutôt qu’on l’aide à se trouver un logement où elle pourrait recevoir de l’aide à domicile.

«On m’a donné deux choix de CHSLD comme si je devais choisir un magasin. Mais, ce n’est pas ce que je veux. On s’est débarrassé de moi», croit celle qui a toujours habité en logement auparavant.

À son arrivée à la résidence, Mme Cayer dit avoir eu un choc.

Les portes barrées

«C’est la prison ici. Est-ce un crime d’être malade au Québec?

demande-t-elle. Je n’ai rien contre les gens âgés, mais ce n’est pas ma place. C’est illogique.»

Puisque des résidents sont atteints de démence sur son étage, les portes sont verrouillées pour éviter les fugues.

Elle déplore par ailleurs qu’on refuse de l’amener à l’extérieur, et qu’il n’y ait pas d’air climatisé dans sa chambre.

«Je passe mes journées enfermées ici. Avec la canicule, c’était épouvantable», raconte-t-elle.

«On ne peut pas la laisser seule à l’extérieur, c’est une question de sécurité», répond Pierre Racine, le directeur général du CHSLD.

À son arrivée, la dame dit avoir demandé une cloche adaptée à sa dextérité lorsqu’elle a besoin d’aide.

Crier à l’aide

«Et j’attends toujours. Je dois crier «au secours» quand j’ai besoin d’aide. C’est inhumain. Comme c’est là, ce n’est pas la maladie qui va m’emporter.»

Par ailleurs, M. Racine souligne que le CSSS est responsable du placement des usagers.

«C’est clair que la dame ne veut pas être ici, avoue-t-il. Dans le contexte où il n’y a pas d’autre endroit où aller, nous allons travailler à l’aider à accepter sa réalité.»

De son côté, le CSSS répond qu’une fois le transfert complété, le CHSLD devient responsable du soutien social des résidents.

 

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