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Michael Jackson et le business des stars éternelles

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Cinq ans après sa mort, Michael Jackson est la star la mieux payée du monde.

Oui, vous avez bien lu, même mort, The King of Pop continue de rapporter.

Beaucoup.

Et il n'est pas le seul.

Enquête sur le très lucratif business post-mortem.

 

PREMIÈRE PLACE

 

Chaque année, la magazine économique américain Forbes publie la liste des célébrités qui ont engrangé le plus d'argent sur les douze derniers mois.

En 2013, on y retrouvait des valeurs sures comme Madonna (125 millions de dollars grâce à sa dernière tournée mondiale), Steven Spielberg (100 millions essentiellement dus aux droits numériques en ligne des ventes d'E.T et Indiana Jones) mais également des nouveaux venus comme E.L James, la plume derrière 50 Nuances de Grey (90 millions de dollars grâce à un succès planétaire et la vente des droits d'adaptation au cinéma).

Mais la surprise était ailleurs. En 2013, la star qui a gagné le plus d'argent est... Michael Jackson.

Avec plus de 160 millions de dollars versés à ses héritiers, le King de la Pop, pourtant décédé en 2009, continue a régner en champion, illustrant un phénomène unique : désormais les revenus de certains vedettes sont plus importants de leur mort que de leur vivant !

Ainsi sur les cinq dernières années du classement Forbes, trois ont vu une star décédée s'emparer de la première place. Et si l'année dernière, les 210 millions "amassés" par Elizabeth Taylor étaient un peu particulier (sa collection d'art et de bijoux ont été triomphalement vendus aux enchères), il s'agit en réalité d'une tendance lourde.

GESTION

La preuve ? A Hollywood, les droits et l'image des stars décédées sont désormais gérés  par les mêmes agents que les plus grands acteurs de la planète.

Une gestion agressive qui consiste non seulement à continuer à faire rentrer les divers droits contractés du vivant de la vedette mais surtout à trouver de nouvelles sources de revenus.

Prenez Elizabeth Taylor par exemple. Chaque année depuis vingt ans, White Diamonds, son parfum, rapporte plusieurs dizaines de millions de dollars. Une rente à laquelle vient s'ajouter les droits de ses films et les profits de ses placements immobiliers.

Conclusion ? Pour le Elizabeth Taylor Trust, le groupe en charge de l'image de la star décédée, son potentiel est sous utilisé.

Et ainsi, depuis deux ans, les gestionnaires du Trust multiplient les contacts afin de vendre le célèbre regard de velours de l'actrice. De la décoration d'intérieur aux vêtements de luxe, toutes les options sont étudiées en suivant une exemple : celui de Marilyn Monroe.

Lorsque la star décède en 1962, son capital n'excède pas un million de dollars.

Aujourd'hui, sex-symbole pour l'éternité, elle rapporte chaque année quinze fois plus !

Et son image est partout. Les parfums bien entendu mais aussi les bijoux, les vêtements, les organismes de crédit, les voitures et l'alcool. Une présence qui flirte aussi parfois avec le mauvais goût lorsque l'image de la Blonde sert à vendre cher un Marilyn Merlot dont la qualité s'approche plus de la vulgaire piquette que du grand vin.

 

DÉRAPAGES

 

En fait, la commercialisation à l'outrance de l'image de Marilyn est un peu le symbole des risques du business des stars éternelles : faire tout et n'importe quoi.

Face à l'avidité des gestionnaires des droits des stars, l'appétit des grandes marques pour les "coller" sur leurs produits et notre appétit insatiable pour la nostalgie, les dérapages sont fréquents.

Aux USA, après son décès Fred Astaire était utilisé pour vendre des...aspirateurs.

En 2011, les fans de Nirvana ont eu du mal à en croire leurs oreilles. Smells like Teen Spirit, le titre le plus populaire du groupe grunge était utilisé dans un film des Muppets !

Entrainant de très fortes tensions entre les membres survivants du groupe et Courtney Love, la veuve de Kurt Cobain.

Une situation fréquente lorsque, une star continue de rapporter autant que le groupe de Seattle. En effet, vingt ans après sa mort, la musique de Cobain continue à attirer.

Chaque année, Nirvana vend plus 350 000 albums, plus que certaines vedettes vivantes.

Ce succès de catalogue touche également Elvis Presley, John Lennon, Jimi Hendrix ou encore Bob Marley dont l'image orne désormais une boisson aux vertus relaxantes.

 

AMPLEUR

 

Si le phénomène des stars éternelles n'est pas nouveau, il a prit de l'ampleur ces dernières années grâce aux progrès technologiques.

En effet, si pendant longtemps, des images d'archives, une signature ou un extrait de film étaient utilisés dans les publicités, désormais ce sont les stars elles-mêmes qui apparaissent.

Grâce au CGI, les stars éternelles peuvent désormais mettre direct en avant le produit qu'elles vantent.

Ainsi Steve McQueen, au volant d'une Ford Mustang rejoue la célèbre course poursuite de Bullit. Ou Marilyn (encore) rejoint Marlène Dietrich, Grace Kelly et - une bien vivante- Charlize Theron pour vendre le J'adore de Dior.

La publicité, réalisée par Jean-Jacques Annaud, gomme encore un peu plus la frontière entre la réalité et le virtuel, la vie et la mort.

Un art délicat mais très rentable pratiqué de mains de maîtres par le groupe en charge de la gestion de la carrière posthume de Michael Jackson.

 

VIVANT

 

En effet, si Jackson rapporte plus de 150 millions de dollars par an depuis son décès, c'est parce que ses héritiers continuent de gérer les choix de Jackson comme s'il était encore vivant.

Ainsi, au delà des droits rapportés par sa musique, celle des autres (Jackson est le copropriétaire des droits du catalogue Sony/ATV et touche chaque année des royalties sur les titres des Beatles mais aussi de nouveaux artistes comme Lady Gaga par exemple) et quelques produits dérivés, l'essentiel des revenus du Roi de la Pop provient de...ses tournées.

Pas des concerts effectués de son vivant mais ceux que "Michael Jackson" donne depuis...sa mort.

Pour comprendre ce paradoxe, il faut remonter en 2010, quelques mois après son décès.

Les héritiers de Jackson sont alors approchés par les Canadiens du Cirque du Soleil.

Crée par Guy Laliberté, le Cirque du Soleil est devenu une marque internationale dont les représentations éblouissent à Rio, Dubaï et Las Vegas.

Les Canadiens proposent alors une idée folle aux gestionnaires des droits de Jackson :

Créer un spectacle autour et "avec" Michael Jackson, un concert reposant sur la nostalgie mais aussi donnant l'illusion que le Roi de la Pop est encore sur scène.

Résultat ? Pas un mais deux spectacles. Le premier, Immortal, a généré plus de 300 millions de dollars en vente de ticket en moins d'un an.

Le second, One, se joue à guichets fermés à l'hôtel Mandala Bay à Las Vegas. Là, plusieurs soirs, par semaine, en conclusion du show, Michael Jackson apparait sur la scène pour y chanter Man in the Mirror.

En réalité, bien entendu, il s'agit d'un hologramme de la star. Mais l'illusion est parfaite et dans le public l'émotion est intense.

Avec cette étrange sentiment, le temps d'une chanson, d'être plongée dans une dimension parallèle où Jackson serait encore... vivant.

 

 

 

1 commentaire(s)

Le poux qui dance dit :
27 juin 2014 à 13 h 22 min

Étant moi-même un grand fan du groupe Nirvana depuis les années 80,. L'histoire des muppets me fait amplement rire. Comme il a dit lui-même dans sa chanson SLTS '' It's fun to lose and to pretend''.

Mozart vend encore de la musique. La bonne musique ça ne vieillie jamais ! C'est vieux comme le monde le cliché de l'artiste qui fait plus d'argent durant sa mort que durant sa vie. On a simplement qu'à penser au peintre.