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Un parti de trop

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Le récent sondage CROP sur les intentions de vote des Québécois confirme une dynamique visible depuis les dernières élections: le remplacement progressif du PQ par la CAQ chez les électeurs francophones. À 19%, le PQ est confronté à la plus grande crise existentielle de son histoire.

Le récent sondage CROP sur les intentions de vote des Québécois confirme une dynamique visible depuis les dernières élections: le remplacement progressif du PQ par la CAQ chez les électeurs francophones. À 19%, le PQ est confronté à la plus grande crise existentielle de son histoire.

Certains péquistes n’y verront qu’une mauvaise conjoncture. Ils dédramatiseront. La vie politique est faite de bons et de mauvais sondages. Ils auront tort de réagir ainsi. Car cette tendance n’est pas née d’hier. Elle se déploie dans la politique québécoise depuis une quinzaine d’années. Depuis trois ans, elle semble s’être accélérée.

Cette tendance, c’est la décomposition de la question nationale, qui se fait neutraliser par de nouveaux enjeux. C’est aussi, conséquemment, le déclassement du mouvement souverainiste. En 1998, le PQ remportait les élections, mais avec moins de votes que le PLQ. C’était néanmoins la dernière fois qu’il obtenait plus de 40% des suffrages.

Trois scénarios

Depuis, il a souvent risqué la disparition. Ce fut le cas en 2002. En 2007 aussi. Puis en 2012. Et il ne faut pas oublier l’effondrement brutal du Bloc en 2011. Comme si les électeurs, majoritairement, cherchaient à se délivrer de la question nationale. Mais qu’ils ne savaient pas comment. Maintenant, ils savent. Il leur suffit de voter massivement contre les souverainistes.

Dès lors, trois scénarios sont possibles.

Dans le premier, qui n’est pas nécessairement le plus probable, le PQ parviendrait à se redresser. Avec une nouvelle approche sur la souveraineté et une nouvelle vision politique, il convaincrait l’électorat francophone de renouer avec lui. Il lui faudrait pour cela un chef exceptionnel, capable de renverser une tendance lourde.

Dans le deuxième, pour l’instant le plus probable, le PQ continuera sa chute et la CAQ le remplacera. Elle deviendrait alors le premier parti francophone. La question est de savoir si elle se contentera encore d’un nationalisme minimal, seulement bon pour sauver les apparences. Le PQ deviendrait un tiers parti connaissant le sort de la défunte Union nationale.

Nouveau parti

Le troisième est moins souvent évoqué, mais il circule chez les stratèges souverainistes. Il s’agirait d’une collaboration entre les deux partis. Ils se mettraient d’accord sur un programme commun de gouvernement et quelques revendications constitutionnelles partagées. À terme, un nouveau parti nationaliste unifié pourrait même naître.

Ce scénario semble loufoque. Il ne deviendra crédible que si la CAQ et le PQ se présentent aux prochaines élections en ayant la certitude absolue de se nuire mutuellement. S’ils comprennent que, séparés, ils n’ont aucune chance de prendre le pouvoir. Les circonstances dicteraient alors une stratégie nouvelle aux partis bleus.

Pour l’instant, rien n’est joué. Une chose est certaine, toutefois, c’est que la division suicidaire de l’électorat francophone éternise la présence au pouvoir des libéraux. Tant que le PLQ disposera de l’appui presque unanime des anglophones et des communautés culturelles, il lui suffira d’un appui minimal chez les francophones pour gagner ses élections. Il y a un parti de trop.

 
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