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La « culture du viol »... à toutes les 17 minutes

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Les « événements » ont eu lieu quelque part entre le 31 janvier et le premier février. L’équipe de hockey les Gee Gees de l’Université d’Ottawa est à Thunder Bay pour y disputer deux matchs.

L’alcool coule à flots, les esprits se grisent... puis, l’inacceptable : des joueurs se livrent à une agression sexuelle « en groupe ».

Enquête interne. Rencontre des « personnes impliquées ». Le verdict vient de tomber : l’U. de O. maintient la suspension de son programme de hockey interuniversitaire pour toute la saison 2014-2015.

Brutal, mais oh combien nécessaire! On ne peut que féliciter le recteur Allan Rock. L’ancien ministre fédéral de la Justice a aussi congédié l’entraineur-chef des Gee Gees qui, par son silence, a préféré protéger ses joueurs « violeurs » plutôt que la victime...

Le message est clair : à l’Université d’Ottawa, désormais, les agressions sexuelles, c’est tolérance zéro.

Une attitude qui tranche avec celle de l’Université McGill. On se rappelle que le prestigieux établissement montréalais n’a pas cru bon au départ sévir contre trois footballeurs des Redmen, accusés d’agressions sexuelles armées et de séquestration en 2012...

Des « cas isolés »?

Les agressions sexuelles dans nos universités, des « cas isolés »? J’ai des p’tites nouvelles pour vous.

Le magazine américain en ligne BuzzFeed, qui s’adonne au journalisme d’enquête depuis l’arrivée en 2012 du nouveau rédacteur en chef Ben Smith (un ancien de Politico), s’est intéressé au cas de l’université Quest, en Colombie –Britannique.

La quiétude du petit établissement privé, situé sur la bucolique route qui relie Vancouver à Whistler, fut récemment bouleversée par des histoires de relations sexuelles « non consentantes » dans ses dortoirs.

Invitations anodines à boire quelques verres de whiskey. Étudiante à la poitrine harponnée par un collègue masculin. Une autre plaquée sur un lit et « caressée » violemment au vagin, au point d’y laisser des bleus....

Plaintes à la direction. Enquêtes externes. Des rumeurs de toutes sortes....Le pire? Les autorités de Quest se sont avérées incapables de sévir adéquatement les agresseurs.

À toutes les 17 minutes...

« Mince » consolation? Il semble que le Canada ne décroche pas la palme en matière de « culture du viol » à l’Université.

Pas plus tard que ce printemps, le magazine Time faisait sa une avec le nombre effarant d’agressions sexuelles sur les campus américains. Time braquait les feux, entre autres, sur l’université Missoula, au Montana, qualifié de « Capitale américaine du viol ». Édifiant, vous trouvez?

En fait, selon la Maison-Blanche, une Américaine sur 5 est agressée sexuellement pendant ses études universitaires. Au Canada, selon le Justice Institute de la Colombie-Britannique cité par BuzzFeed, une femme est victime de rapport sexuel contre son gré à toutes les 17 minutes. Presque une au quart d’heure...

À l’université où ailleurs dans la société, vous ne trouvez pas que la « culture du viol », ça commence à faire? Il est temps que, comme Allan Rock du côté d’Ottawa, on mette collectivement nos culottes et qu’on fasse en sorte qu’ « assez, c’est assez !»

 

21 commentaire(s)

Needle dit :
26 juin 2014 à 14 h 19 min

"La culture du viol est un concept établissant des liens entre le viol (ainsi que d'autres violences sexuelles) et la culture de la société où ces faits ont lieu1, et dans laquelle prévalent des attitudes et des pratiques tendant à tolérer, excuser, voire approuver le viol" - Wikipedia

Nous vivons donc dans une société où la majorité de la population est en faveur du viol.

John Doe dit :
26 juin 2014 à 15 h 46 min

Okay, on s'en occupe aussitôt qu'on aura arrêté la culture du meurtre.

Marc R dit :
26 juin 2014 à 16 h 16 min

Êtes-vous vraiment surprise ? À voir les commentaires de certains dernièrement sur les blogues de vos confrères, rien ne surprend. L'individualisme généralisé surtout auprès de beaucoup de nos jeunes et la culture macho d'équipes sportives expliquent tout. Désolant.

L. Trepanier dit :
26 juin 2014 à 16 h 45 min

Les Redmens de Mc Gill. Pas les Remdens ...lol

Anthony dit :
26 juin 2014 à 16 h 51 min

Les sportifs et certaines personnalités connues bénéficient d'une protection inacceptable sur ce sujet.

Roger dit :
26 juin 2014 à 17 h 14 min

Passez les sept péchés capitaux, et vous verrez une similitude avec Sodome et Gomorhe, mais en pire et de façon mondiale.

Froide Réalité dit :
26 juin 2014 à 17 h 40 min

Ce n'est pas mieux ailleurs. Regardez l'Inde par exemple...

Il n'y a pas de réponse simple à ce phénomène. Est-ce d'ailleurs un phénomène nouveau ou bien seulement plus médiatisé qu'autrefois?

Le viol, pour quelque raison que ce soit est tout-à-fait inacceptable, cela va de soit. Mais comment l'empêcher, le prévenir et gérer ces situations? Il faut évidemment dénoncer et sévir lorsque l'on a des preuves. Éduquer les gens quand c'est possible. Que peut-on faire de plus?

Comme tous les autres crimes humains, il y en aura toujours et on ne peut faire que notre mieux pour combattre le crime et faire respecter les lois. Maintenant, peut-on forcer tout le monde à coopérer? C'est là tout le problème.

George dit :
26 juin 2014 à 17 h 53 min

Ca me répugne de voir des journalistes écrire sur des sujets sur lesquels ils ne se sont pas informer avant. Il n'y a pas eu d'aggressions sexuel avec les Gee Gee's....certe, 3 gars ont eu du fun avec une femme de North Bay mais avec son approbation. L'amie de cette dernière qui n'approuvais pas à faite une plainte à l'Universitée d'Ottawa qui eux, ont appeller la police. En date d'aujourd'hui, toujours aucune accusations n'a été porter contre les 3 gars....par contre, TOUTE l'équipe est puni, les joueurs n'ont plus accès nulle part sur le campus et ne pourront jouer au hockey l'hiver prochain puisque les équipes universitaire sont déjà faite.... vous trouvez ok de punir 20 gars parce que 3 ont eu du plaisir? ....hé bin bravo!!! suspendre les 3 joueurs aurait été suffisant, et ce, meme s'ils ont rien fais d'illégal!!!

Alexande Reney dit :
26 juin 2014 à 18 h 42 min

"L’alcool coule à flots, les esprits se grisent... puis, l’inacceptable : des joueurs se livrent à une agression sexuelle « en groupe »."

Étiez-vous témoin? La présomption d'innoncence n'existe plus dans ce pays? Les médias ne sont pas là pour remplacer les tribunaux. Ces histoires de viol ont beau être révoltantes, ce n'est pas une raison pour basculer dans l'irrationnel.

La culture du viol prendra fin quand on apprendra à toutes les femmes et les filles à se défendre. Le viol devriendra alors un "sport" beaucoup plus risqué pour les pervers et les sadiques.

Gaston dit :
26 juin 2014 à 19 h 06 min

Je félicite Madame Bégin d`aborder un tel sujet, certes pas facile. On fait beaucoup état chez nous de ce qui se passe aux Indes par exemple . Inacceptable dit-on. Mais il s`en passe presque tout autant chez nous , et on ne veut rien voir. Il faut inversement en parler , dénoncer , rappeler de tels gestes de violence sexuelle à l`endroit des femmes. Madame Bégin, vous faites œuvre utile !

Jean dit :
26 juin 2014 à 19 h 41 min

Selon Statistiques Canada, il y aurait 10 fois plus d'assaults que d'aggressions sexuelles. Il y aurait plus de 20 fois plus de vols qui ne sont pas des véhicules que d'aggressions sexuelles. Pourtant, on n'entend parler que d'un type d'aggression et de prévention. On pourrait pas essayer d'améliorer tout?

Dominique Dumas dit :
26 juin 2014 à 21 h 04 min

Il y a quelques années, un chiffre était fréquemment répété comme quoi il y avait à chaque année au Québec 300 000 femmes battues. Éventuellement, après plusieurs questionnements, ce chiffre fût prouvé grandement exagéré.

J'ai vraiment l'impression qu'on répète ici l'expérience! 525 600 femmes violées chaque année au Canada est peut-être moins gonflé, mais c'est tout de même énorme comme chiffre... J'ai donc mes doutes.

Moué dit :
26 juin 2014 à 21 h 07 min

Ouin bin, c'est certain que si tout le monde banalise la chose comme le font mes confrères qui ont commenté avant moi, on est pas sorti du bois... Franchement messieurs, vos commentaires sont fort ordinaires.

Luc dit :
26 juin 2014 à 22 h 59 min

Comment S taire:

Le même phénomène se produit chez les militaires, les policiers, et dans les milieux ou comme le dit le ministre McKay, ou les pères apprennent aux fils à devenir leader, bref partout ou la culture machisme semble autoriser et banaliser les ¨dommages collatéraux¨ .

Est-ce là la formation professionelle de nos futurs ¨leaders¨. Ça passe par l'affirmation de soi, sans égard aux victimes?

Trop de femmes, d'enfants et de personnes vulnérables deviennent les barreaux d'échelles sur lesquelles les DSK de ce monde s'élève au-dessus de la masse!

Bravo! et vive la culture occidentale ou le monde est civili$é et re$pectueux!

HYS

Mike Cowen dit :
27 juin 2014 à 0 h 08 min

Les commentaires de certains hommes imbéciles sur votre blog, me fait honte. Gang de stupides.

mike dit :
27 juin 2014 à 7 h 04 min

Bonjour Madame, je ne suis pas surpris de vos statistiques! Je suis professeur à l'université depuis maintenant 21 ans et la détérioration des comportements des étudiants (hélas étudiantes compris) est incroyable! Mais nous devons l'avouer, le niveau de dépravation en cette matière revient aux hommes! Lorsque les cours se terminent à 22 heures, certaines femmes me demandent de les accompagner à leur voiture ou demande l'aide de la sécurité car elles ont littéralement peur! Elles se font harceler et intimider par cette clientèle universitaire indésirable! Cette clientèle qui se pointe sur le campus occasionnellement le jour et trop souvent le soir est devenue la nouvelle "vache à lait" des universités québécoises (possiblement aussi canadiennes)....et en dire davantage sur cette clientèle lancerait à elle seule un nouveau débat!

Denis825 dit :
27 juin 2014 à 7 h 22 min

S'il ne s'agit pas de banaliser, il ne s'agit pas d'exagérer à outrance non plus. Sur le site de statistiques Canada, on trouve le nombre de condamnation pour agression sexuelle pour un an, soit l'année 2008-2009 et c'est 906 pour le territoire du Canada avec une moyenne de un an et demi de prison.

Dans ça, il y en a une partie qui sont le fait de véritables malades qui blessent et mutilent et qui vont laisser des séquelles. Sur un autre site j'ai trouvé par exemple qu'au Québec une année il y a eu 20 agressions sexuelles armées et 60 agressions sexuelles graves ( qui laissent des blessures conséquentes). Personne n'a intérêt à laisser en liberté de telles bêtes et personnellement ils feraient de la prison à perpétuité et je ne m'en plaindrais pas.

Mais si on prend 23% (pour le Québec) des 906 condamnations, on s'aperçoit qu'il reste environ 150 gars qui sont condamnés pour quelques mois, voire quelques semaines, dans une année. Je ne sais pas vraiment mais on peut imaginer qu'il y a des fins de relations sexuelles qui arrivent à des événements regrettables mais classé agressions sexuelles simples, qui ne laissent pas de séquelles physiques et que le juge condamne de cette façon surtout pour éviter la récidive j'imagine.

Ce tableau est plus ressemblant et est très loin d'un viol au 17 minutes. Si on fait un calcul sur un viol au quart d'heure, on arrive à 35,000 viols. Ça en laisse plus que 34,000 impunis. À un tel niveau d'injustice dans une société, je ne sors plus dehors, de peur qu'une femme avec un fusil soit planquée dans un bosquet et m'abattre pour le crime d'être un homme.

Les femmes sont très rapides pour imaginer des choses, à lire Madame Saint germain dans l'histoire du policier, on aurait dit qu'il avait violer une mineure. Pourtant son seul crime était d'avoir laissé s'asseoir une jeune femme dans son auto-patrouille.

le mécréant dit :
27 juin 2014 à 11 h 14 min

Cette notion de "culture du viol"' inventée par des universitaires féministes américaines et reprise sans le moindre examen critique par des chroniqueurs , est un grave délire idéologique; le climat que vous contribuez à nourrir, Mme Bégin, conduit tout droit à l'abolition de la présomption d'innocence. On finira par s'en rendre compte quand, à force de se draper dans cette vertu pour nier la réalité, on aura détruit la vie de jeunes hommes innocents qu'on aura accusés faussement. C'est d'ailleurs déjà commencé; les médias appellent au lynchage à la moindre rumeur, et les institutions, parce qu'elles sont faibles et représentées par des lâches, punissent sans attendre que la justice suive son cours. Un peu de modestie, s'il vous plaît. Le viol est un crime gravissime; la fausse accusation de viol devrait l'être aussi.

renaud dit :
28 juin 2014 à 17 h 05 min

tant que il sera impossible aux citoyens honnête de se défendre (avec une arme on non) sans la peur d'être traduit en justice par l'agresseur ou le ministère de la justice, ces actes ignobles vont continuer. Il faut se le dire la police ne sera pas la a temps, la police na pas le mandat de vous défendre elle a la mandat de faire respecter les lois... ces très différent.

renaud dit :
28 juin 2014 à 17 h 08 min

je trouve inconcevable qu'il es présentement plus socialement acceptable qu'une femme appel la police pour expliquer qu'elle a été violer plutôt que pour dire qu'elle viens d'arrêter son agresseur par d'autres moyen....

Roger dit :
29 juin 2014 à 14 h 32 min

Est-ce bien la même personne qui dénonce la violence faite aux femmes et qui a écrit dans une chronique précédente :

« L’avortement est tout à fait légal, au Canada, depuis 1988. Depuis 26 ans. Je salue d’ailleurs au passage cet immense acquis du mouvement féministe. »

Comment peut-on dénoncer une violence et en saluer une autre ?