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Simplicité volontaire : Acheter usagé… pourquoi pas !

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Avec l’arrivée de juillet vient le temps des déménagements et du désencombrement. Avez-vous pensé donner vos surplus à un organisme qui les revalorisera? Si oui, c’est excellent. Toutefois, quand vous avez besoin d’un objet, avez-vous songé à vous le procurer dans une version usagée. Ce comportement est cependant essentiel pour mieux équilibrer la rentrée et la sortie des objets dans les commerces d’usager.

Si les gens connaissaient les avantages d’acheter des objets usagés, ils en profiteraient plus souvent. Le principal gain est qu’il n’est pas rare de payer 20 à 30% du prix du neuf pour un objet qui a déjà servi. De plus, le choix est souvent plus grand dans un magasin de seconde main que dans une boutique mode. On y découvre «de petits trésors», particulièrement dans le linge d’enfants et les jouets. Cette pratique est également meilleure pour l’environnement. En effet, il y a réduction de l’usage de ressources, d’énergie et de pollution, diminution également du transport et des déchets. Sur le plan social, cela permet à des organismes communautaires de se financer et à des petits commerçants de gagner leur vie.

Finalement, pour ceux qui veulent acheter québécois, c’est une façon détournée d’y arriver, même si c’est marqué «fabriqué en Chine».

Bien sûr, l’achat d’objets usagés nécessite plus de démarches, de vaincre le fouillis de certains magasins seconde main, d’envisager du nettoyage et des réparations, de composer avec moins de garanties.

Toutefois, le plus grand handicap est d’avoir à subir la concurrence des objets neufs, si peu chers. En effet, avec l’affaissement du prix des matières premières et les salaires démesurément bas versés aux travailleurs des pays en voie d’industrialisation, les objets neufs se vendent souvent à vil prix dans nos magasins. Il devient alors difficilement justifiable de faire réparer des objets comme un grille-pain ou une imprimante d’ordinateur, alors qu’on peut s’en procurer un neuf pour un montant équivalent à celui d’une réparation. Quel gaspillage!

Personnellement, j’achète beaucoup usagé. Et Internet propose de nombreuses ressources pour acheter des articles de seconde main. Le domaine de l’usager a grand besoin de promotion. Ce n’est qu’en faisant connaître ses avantages et en combattant les préjugés qui y sont associés que cette alternative aux achats commerciaux conventionnels se développera pour atteindre un certain équilibre entre les objets reçus et vendus par les organismes caritatifs.

Pour ma part, je me réjouis régulièrement de l’augmentation de mon niveau de vie et du sentiment de cohérence avec mes valeurs environnementales, grâce à ce moyen relativement facile. La découverte de l’objet convoité dans une version usagée est, de plus, devenue pour moi un vrai défi et un réel plaisir.

Pascal Grenier, simplicitaire, Québec

 
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