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Une hausse de l’essence de 1,9 cent minimum dès 2015

Le marché du carbone pourra même coûter beaucoup plus aux automobilistes

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Avec la mise en place du marché du carbone, les Québécois tout comme les Californiens subiront une hausse minimale du prix de l’essence, de 1,9 cent le litre à compter du 1er janvier 2015.
Les calculs sont basés sur un parcours de 15 000 kilomètres par année avec une consommation moyenne de 7,5 litres pour 100 kilomètres.

Avec la mise en place du marché du carbone, les Québécois tout comme les Californiens subiront une hausse minimale du prix de l’essence, de 1,9 cent le litre à compter du 1er janvier 2015.

Même si le marché du carbone existe depuis deux ans au Québec, les consommateurs avaient été jusqu’ici épargnés. Ce ne sera plus le cas à compter de l’an prochain.

«L’augmentation sera de 1,9 cent le litre à la pompe en 2015. Mais si le prix du carbone fluctue à 15 $ la tonne alors qu’il est de 11,39 $ actuellement, l’impact au niveau du prix de l’essence sera de 2,5 cents. À 30 $ ce sera de 6 cents, à 50 $ plus de 10 cents», explique à notre Bureau d’enquête Yves Legault vice-président général de National Écocrédit un négociant de crédits de carbone.

Le Québec isolé

À l’origine, 11 États ou provinces devaient participer au marché du carbone. Depuis, seuls la Californie et le Québec ont décidé d’aller de l’avant. Pour les automobilistes québécois qui depuis le début de l’année paient en moyenne plus de 50 cents de taxes sur chaque litre d’essence, et qui sont déjà les plus taxés pour leur essence en Amérique du Nord, il s’agit d’une bien mauvaise nouvelle.

Mais pour Québec, pas question de reporter la date du 1er janvier. «Comme société, le Québec a fait le pari d’être un leader contre les changements climatiques. On va continuer de garder le cap. Le marché du carbone c’est la bonne voie», a déclaré à notre Bureau d’enquête le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel.

Le Québec se retrouvera isolé dans l’est de l’Amérique du Nord. Les stations-service québécoises pourraient même s’approvisionner auprès de distributeurs ontariens d’essence qui n’auront pas à assumer le coût du crédit du carbone. «Ça va être très difficile pour les stations-service en bordure de l’Ontario, de l’État de New York ou du Nouveau-Brunswick», explique Sonia Marcotte PDG de l’Association des indépendants du pétrole. «C’est bien simple, nos stations-service seront de moins en moins concurrentielles», renchérit Luc Harnois PDG d’un regroupement de 150 stations-service au Québec.

La facture

Tout ça parce qu’à compter de 2015, les producteurs et les importateurs de pétrole devront compenser leurs émissions de CO2 pour les hydrocarbures livrés sur le marché québécois, et ce sont les consommateurs qui écoperont.

Le grand gagnant de l’opération sera le gouvernement du Québec. Depuis deux ans, les grands émetteurs comme les alumineries et les cimenteries ont été mis à contribution pour leurs émissions de dioxyde de carbone et la vente unités de crédit carbone a rapporté moins de 100 millions $ au gouvernement.

En 2015 le marché entrera dans une deuxième phase où les consommateurs d’énergie seront mis à contribution, non seulement pour l’essence, mais aussi pour le mazout et le gaz. En 2015, l’opération devrait rapporter minimalement plus d’un demi-milliard $ au gouvernement du Québec. C’est plus que la hausse de 430 millions $ des tarifs d’électricité du 1er avril dernier.

«D’ici 2020, si l’ensemble des unités de carbone trouve preneurs aux enchères, c’est plus de 3,5 milliards $ qui vont être encaissés par le gouvernement du Québec», explique Yves Legault de National Écocrédit.

 

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