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Montréal, ville la plus congestionnée du Canada

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Photo Archives / Agence QMI Un déplacement durant l’heure de pointe à Montréal était allongé de 21,6 % en 2013.

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La ville de Montréal est au sommet du palmarès des municipalités les plus congestionnées du Canada, alors que les Montréalais perdent près de 40 heures par année dans le trafic lors des heures de pointe.

Selon les calculs de l’entreprise INRIX, spécialisée en collection de données liées à la circulation, un déplacement durant l’heure de pointe – soit de 6 h à 10 h et 15 h à 19 h – à Montréal était allongé de 21,6 % en 2013.

Cela met la métropole québécoise au cinquième rang à l’échelle nord-américaine, et en 14e place pour l’Europe et l’Amérique du Nord.

La ville dépasse ainsi le classement de New York (16) et San José (20) aux États-Unis et Cologne (21) et Rome (22) en Europe.

«On voit définitivement que la congestion est un problème à Montréal si on est capable de la comparer à des villes comme New York», analyse un porte-parole de INRIX, Jon Maron.

À Toronto, deuxième au palmarès canadien et 11e en Amérique du Nord, chaque voyage était allongé de 18,1 %. Vancouver occupe la troisième place canadienne (13e en Amérique) avec un pointage de 16,1 %.

Temps perdu

En moyenne, les Montréalais qui voyagent durant l’heure de pointe perdent 38,1 heures par année dans le trafic.

Un court moment comparativement à la ville de Londres, où les automobilistes passent plus du double du temps, soit 83,4 heures par année, dans la congestion.

Malgré l’importante différence, il ne faut tout de même pas accepter ce temps perdu avec allégresse, a dit le porte-parole de INRIX.

«Un retard de 40 heures peut sembler raisonnable comparativement à des villes comme Londres. Mais les gens comprennent que ce n’est pas drôle quand ils réalisent que 38 heures, c’est l’équivalent d’une semaine de vacances», a résumé M. Maron.

Amélioration

La Ville a beau être remplie de chantiers de construction, les résultats des études INRIX démontrent qu’il y a une amélioration nette au niveau de la congestion à Montréal.

C’est en 2010 que les automobilistes montréalais ont souffert le plus, alors que leurs trajets étaient allongés de 36,2 % en moyenne en heure de pointe. Cela a causé un retard total de 63,7 heures par chauffeur.

L’an dernier, les Montréalais avaient perdu 39,9 heures à cause du trafic en heure de pointe, tandis que leur temps de déplacement était rallongé de 22,7 %.

Une nette amélioration sur l’an 2011, où la congestion avait retardé les conducteurs de près de 48 heures et avait allongé les trajets de 27,2 %.

Le palmarès d’INRIX n’est pas le seul publié annuellement. Un classement publié par l’entreprise de GPS Tomtom en juin dernier place Montréal au quatrième rang de la congestion au Canada, derrière Vancouver, Toronto et Ottawa.

«Surprise» à la Ville et chez les propriétaires de taxi

Autant les élus de la Ville que les propriétaires de taxi sont «surpris» du fait que Montréal est cinquième au palmarès des villes les plus congestionnées en Amérique du Nord.

«Je suis très surpris, car les gens qui ont visité de grandes villes comme New York et Toronto peuvent voir qu’il y a pas mal plus de trafic que chez nous», a déclaré le président du Regroupement des propriétaires de taxi du Québec, Dory Saliba, qui avoue que la situation va «s’aggraver» avec les chantiers qui arrivent.

De son côté, le responsable des transports au comité exécutif de la Ville, Aref Salem, ne croit pas que la situation soit dramatique.

«Le fait qu’on soit premiers au Canada me surprend […] Être classé 14e parmi les pays de l’Europe et l’Amérique du Nord n’est pas satisfaisant, mais ce n’est pas catastrophique non plus», analyse M. Salem.

Celui-ci a également rappelé que la Ville met en place de nombreuses mesures afin d’atténuer les effets de la construction sur la congestion, tel que la coordination des travaux entre la Ville et d’autres intervenants comme Hydro-Québec.

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