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Français : la vraie menace

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La laïcité mise de côté, la langue La laïcité mise de côté, reprend ses droits comme sujet d’indignation préféré des Québécois. Mais nous nous trompons de cible, préférant nous crêper le chignon pour une anglicisation anecdotique, comme le «Pastagate», au lieu d’aborder le vrai problème.

La laïcité mise de côté, la langue reprend ses droits comme sujet d’indignation préféré des Québécois. Mais nous nous trompons de cible, préférant nous crêper le chignon pour une anglicisation anecdotique, comme le «Pastagate», au lieu d’aborder le vrai problème.

Deux manchettes linguistiques cette semaine: l’employé unilingue anglais du dépanneur de l’hôtel Le Concorde à Québec et une controverse au sujet d’un groupe montréalais, les Dead Obies, au Festival de Québec.

L’hôtel d’abord. Embaucher une personne unilingue à la boutique n’était pas l’idée du siècle. J’ai souvent séjourné à cet endroit et même si une partie appréciable de sa clientèle est composée de touristes américains, cela n’excuse pas cette décision stupide.

Néanmoins, le maire Labeaume notait récemment qu’il y a pénurie de francophones bilingues à Québec, un problème réel pour les hôteliers d’une destination touristique internationale.

Mais, chaque jour au Québec, des centaines de milliers, peut-être des millions de personnes visitent un dépanneur. Combien se butent à des gens avec qui ils ne peuvent communiquer? Dix ou 10 000? Paraphrasons Normand Brathwaite: si ça se passait, on le saurait. La meilleure façon d’attaquer ce problème demeure de quitter le commerce sans rien acheter et de dire pourquoi et investir dans la francisation des immigrants. Au lieu de couper, comme les libéraux et le PQ.

Et arrêter de faire haïr le français à ceux qui ne le parlent pas encore en les persécutant.

Next?

Du rap franglais

Les Dead Obies. Obies, comme dans obituaries, chronique nécrologique. Un groupe montréalais qui chante des trucs comme dans: «Yeah, pis pas d’main sur le volant, j’le laisse tourner su’l’side» ou «Man, fuck it. Si j’die, c’est sûr que c’est pour renaître.» Comme l’écrivait Léa Clermont-Dion sur son blogue, ce ne sont certes pas des défenseurs du français. Mais de là à y voir une menace mortelle? Yann Perreau a même twitté: «Les puristes gueulent sur Dead Obies, Lisa LeBlanc, etc. Mais crient au génie quand Charlebois chante La manufacture.» On se rappellera les paroles immortelles de Réjean Ducharme: «Ça prend toute pour entrer sa carte de punch dans slot d’la clock.»

Que dire de l’hymne souverainiste «Je me souviens» des French B au nom anglais? Bill One-O-One, Bill One-O-One-O-One.

Léa a raison de défendre la notion de choix artistique. Les Dead Obies et les 12 hommes rapaillés de Gaston Miron ont leur place dans notre culture. Nous ne sommes pas si fragiles.

Come on!

Le vrai drame

Pendant qu’on s’égosille avec les Dead Obies et les Unilingual Depanneur Employees, 53 % des Québécois sont incapables de lire et de comprendre un texte de difficulté moyenne. Deux tiers comprennent mal la posologie d’un médicament. Les enseignants n’osent plus écrire aux parents par crainte de faire des fautes. Les étudiants arrivent à l’université avec un français rudimentaire.

Avant d’être un vecteur culturel, la langue sert à communiquer. Si on échoue à cette tâche, je ne donne pas cher du reste. Bill One-O-One ou pas.

 
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