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René Angélil, la rumeur et les médias

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Émoi hier sur les réseaux sociaux autour de la santé de René Angélil.

Un peu plus tôt, un site internet spécialisé dans les potins de stars avait annoncé - citant des sources prétendument proches de la famille - que le mari de Céline Dion avait perdu la voix suite à ses problèmes de santé de l'hiver dernier.

Je n'ai aucune passion pour la vie des célébrités, leurs amours, leurs divorces, leurs bébés, leurs bonheurs ou leurs tristesses. Rien...

Par contre, exerçant la profession de journaliste depuis 20 ans, je me soucie de l'exactitude..

Et pour le coup, la rumeur René m'a interpellé. D'abord parce que 48 heures plus tôt, je parlais justement avec lui.

POKER

Ce n'est un secret pour personne, René Angélil est un joueur de poker.

Un BON joueur de poker qui ces dernières années s'est spécialisé dans l'art délicat du tournoi.

Contrairement aux partie à l'argent où l'option de racheter pour continuer à jouer est toujours présente, le tournoi ne pardonne pas l'erreur. Une mauvaise main et, hop, c'est le retour un peu honteux à la maison.

Le poker de tournoi demande donc une véritable connaissance du jeu, des probabilités mathématiques, de la patience et de la concentration. Puis le talent nécessaire pour appliquer le tout pendant la douzaine d'heures que dure une journée de compétition.

Ces dernières semaines,  à LasVegas,  se déroulaient le WSOP. La Coupe du Monde du Poker. Là où les meilleurs joueurs du monde s'affrontent dans les meilleurs tournois.

Et comme beaucoup d'autres Québécois, René Angélil était là.

Pas pour y faire de la figuration mais montrer que malgré l'âge et malgré les épreuves de ces derniers mois, il était toujours à la hauteur de la compétition.

La preuve ? Le 1 juin dernier, au bout de trois jours de "combats", René a terminé 13ème d'un tournoi du WSOP. 13ème sur 1 940 joueurs !

Pourquoi préciser cela ? Car pour atteindre ce niveau de performance, il faut être en pleine possession de tout ses moyens.

Et non, comme je l'ai lu et entendu hier, à l'article de la mort ou presque...

 

VOIX

Le succès de René Angélil au WSOP est  déjà en soi une raison de douter de la rumeur colportée hier.

Mais si je me suis senti obligé d'intervenir hier sur mon compte Twitter pour rectifier le tir c'est parce que ces derniers jours, dans les couloirs du Rio, j'ai discuté avec lui à plusieurs reprises.

Oui, DISCUTÉ.

Dimanche dernier, il me racontait ainsi comment il avait joué une main magique : quatre as. Et sa frustration de n'avoir pas été plus payé par les autres joueurs de la table.

Certes sa voix était un peu plus basse que d'habitude mais ses propos étaient clairs, son humour bien présent et le tout était agrémenté de quelques jurons typiquement québécois.

 

MENSONGE

Annoncer donc que René Angélil n'a plus de voix depuis son intervention chirurgicale est un mensonge. Citer des sources anonymes soit disant proches de la famille Angélil-Dion est une manipulation.

En tant que journaliste c'est cet aspect là qui m'interpelle.

Il en dit lourd sur l'évolution de mon métier.

Les fabriques à rumeurs et potins ont toujours eu une relation particulière avec les faits. Ça, ce n'est pas nouveau même si internet a servi d'incubateur, multipliant à l'infini cette tendance à chercher ce qui fait vendre plus que ce qui est vrai.

Le véritable problème est la manière dont aujourd'hui les sources médiatiques plus traditionnelles se transforment en chambre d'écho des ragots de la presse poubelle.

La fausse rumeur sur les séquelles de l'opération de René Angélil en est le parfait exemple.

D'abord la fausse info est publiée sur un site internet. Le titre est gras, l'accroche putassière.  Le tout est partagé sur Facebook et Twitter dans un but et un seul: générer du clic. Et donc du revenu.

Mais le pire se passe après. Lorsque les autres médias, en commençant par les radios, s'emparent du mensonge pour le répéter en lui donnant soudain des airs de vérité.

Confrères journalistes, amis présentateurs, votre travail hier n'était pas d'utiliser le conditionnel et de vous cacher derrière le fait que vous citiez la source de la prétendue information.

Votre travail n'était pas de vous transformer en agent publicitaire.

Votre boulot était de prendre votre téléphone et de vérifier si la rumeur était fondée sur une once de vérité.

Et une fois cette ÉLÉMENTAIRE vérification faite, traiter la chose comme elle le mérite : l'ignorer.

Avec dédain.

 

 

 

 

 

 

 

4 commentaire(s)

Milanot8 dit :
11 juillet 2014 à 18 h 17 min

Bravo pour votre professionnalisme et pour la bonne nouvelle......René c'est un chic type.

nancy dit :
11 juillet 2014 à 19 h 17 min

il sont toujours des chic type mais quand on connais entremise des gens il le sont pas toujours chic type

pour la nouvelle c est dommage pauvre ou riche personne a droit etre malade mais etre surprise non pas vraiment surtout pas quand il ise l entourage est surprise je ne croix pas

Jean-Paul dit :
11 juillet 2014 à 21 h 37 min

Evidemment, comme tout bon quebecois, il faut qu'il sacre lui aussi. Le journaliste le précise même. Comme si s'en etait rendu une fierté (et une mode) de sacrer. Ppour prouver qu'on est en santé. En fait, y a-t-il un québécois qui ne sacre pas a part moi ?? Pathetique.

Louis dit :
23 juillet 2014 à 10 h 20 min

@ Jean-Paul

vous n'êtes pas le seul à ne pas sacrer.