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Pétrole

Les maires impuissants face à l’oléoduc d’Enbridge

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Les maires des municipalités québécoises situées le long du pipeline d’Enbridge ne s’estiment pas prêts à assurer la sécurité de leurs citoyens en cas de catastrophe, à trois mois, jour pour jour, de l’arrivée des premiers barils de pétrole de l’Ouest.

«On sent qu’on est impuissant», souffle le porte-parole de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, Simon Richard.

La MRC regroupe 23 municipalités, entre l’ouest de l’île de Montréal et la frontière ontarienne. C’est par là que la ligne 9B de l’oléoduc d’Enbridge pénètre au Québec, sur les terres de Gisèle Fournier, la mairesse de Sainte-Justine-de-Newton.

«C’est surtout l’eau qui nous inquiète, confie-t-elle. Mon puits par exemple il est pas loin de la maison, à côté du pipeline. Comment je pourrai le protéger s’il y a une fuite?»

Plan d’urgence

Mme Fournier et plusieurs autres maires inquiets de la région ont fait parvenir une lettre à Enbridge la semaine dernière pour réclamer un plan d’urgence clair et précis en cas d’incident.

La compagnie a fourni un plan à la MRC le 27 juin, mais il est jugé «trop sommaire» et «non conforme» aux exigences de l’Office national de l’énergie, indique M. Richard.

«C’est trop global. Ça ne s’adapte pas à la réalité de chaque communauté, plaide-t-il. Certaines n’ont même pas leur propre service d’incendie. On a des capacités d’intervention limitées.»

Structure âgée

La ligne 9B du pipeline d’Enbridge passe à environ 200 mètres de la maison de Mme Fournier, à travers un champ de maïs. La mairesse vit avec ce voisin silencieux depuis maintenant 38 ans. Aujourd’hui, elle s’inquiète de l’âge de la structure en contemplant les 11 trous qu’Enbridge a creusés sur sa propriété pour vérifier l’intégrité de la conduite.

«Je veux qu’ils réparent, c’est important. Mais est-ce que sera suffisant?», s’interroge-t-elle. «C’est comme une pièce de vêtement: tu ne peux pas raccommoder ça indéfiniment», complète le directeur général de Sainte-Justine-de-Newton, Denis Perrier.

Mme Fournier avoue ne s’être jamais vraiment inquiétée de l’oléoduc avant qu’il ne soit question qu’il devienne une autoroute pour le pétrole de schiste et des sables bitumineux.

Produit volatil

Ce sont ces mêmes produits qui ont provoqué les deux plus vastes déversements pétroliers de l’histoire en sol nord-américain, à Lac-Mégantic et dans la rivière Kalamazoo, au Michigan.

«La composition du pétrole est une question très très préoccupante. On l’a vu à Lac-Mégantic, le pétrole de schiste est très volatil. C’est explosif, explique M. Richard. Dans la même journée, il peut y avoir deux types de pétrole dilué avec des produits différents qui passent, mais on n’est pas informés en direct. Or, c’est loin d’être les mêmes mesures d’intervention d’un produit à l’autre.»

 
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