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Portraits à l’ancienne

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Gilles Proulx tord sa bouche dans une grimace comique. L’humoriste Jean-Thomas Jobin ressemble à un bagnard sibérien. L’animatrice Anaïs Favron a l’air de son ancêtre amérindienne. Le comédien Didier Lucien simule un cri d’horreur en montrant les dents. Toutes ces photos sont l’œuvre de Julien Bourbon et de son antique Kodak «accordéon» stationnaire de 1903.

Gilles Proulx tord sa bouche dans une grimace comique. L’humoriste Jean-Thomas Jobin ressemble à un bagnard sibérien. L’animatrice Anaïs Favron a l’air de son ancêtre amérindienne. Le comédien Didier Lucien simule un cri d’horreur en montrant les dents. Toutes ces photos sont l’œuvre de Julien Bourbon et de son antique Kodak «accordéon» stationnaire de 1903.

Pourquoi utiliser les artifices d’Instagram ou Photoshop quand on peut prendre de vraies «vieilles photos» du présent sur des plaques de métal?

Julien Bourbon, d’origine française, veut immortaliser les vedettes, les lieux et les monuments, son pays d’accueil avec un procédé chimique – le collodion humide – pour réaliser des ferrotypies – soit des impressions sur métal – qui donnent à ses images une aura d’outre-tombe.

«J’ai acheté mon Kodak Century Studio à double soufflet à Détroit pour 2000 $ l’an dernier, raconte-t-il. Disons que les douaniers étaient très impressionnés de ce que je rapportais au pays.»

Le 19e siècle à travers les âges

Une odeur étrange flotte dans le studio de Julien Bourbon: celle de l’éther, une des substances utilisées pour traiter les photos sur métal. Avec sa barbe à la Van Gogh et son long sarrau, le photographe de 36 ans semble lui-même sortir de l’avant-dernier siècle.

«La ferrotypie reproduit les détails à quelques atomes près, explique M. Bourbon. Il n’y a aucun pixel. Ça donne une résolution absolument parfaite. Comme ton reflet dans un miroir.»

Cet appareil n’a aucun filtre. C’est directement la personne photographiée, ou plutôt la lumière qui s’en dégage, qui marque le métal enduit d’une solution chimique comprenant notamment du nitrate d’argent sensible à la lumière.

Il rêve du mât du stade

«Je commence par photographier des personnalités québécoises pour attirer l’attention sur mon travail au collodion humide, mais la prochaine étape, c’est de photographier Montréal», dit Julien Bourbon.

Son rêve: hisser son attirail photographique (passablement lourd) au sommet du mât du stade pour photographier la métropole.

«Mon appareil est difficile à déplacer et, comme je dois traiter mes plaques de métal immédiatement après la prise de l’image, il va falloir me trimbaler dans la ville avec une chambre noire portative», explique-t-il.

 

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