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Art japonais

Suspendu et ligoté dans un arbre: des pique-niques insolites

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L’art japonais du ligotage sort des donjons pour se montrer au grand jour dans les parcs de Montréal. Un spectacle insolite pour le promeneur du dimanche médusé de voir des jeunes gens ficelés et suspendus à des arbres dans des positions parfois saugrenues.

Le 24 heures s’est rendu au parc de Maisonneuve pour assister à un de ces «pique-niques shibari». Shibari signifie attaché en japonais.

«J’utilise des cordes de jute parce que je suis une puriste et que je respecte la tradition nippone, explique Isabelle Hanikamu, l’organisatrice de l’événement et fondatrice du dojo Kinbaku (mot japonais qui veut dire «attaché serré»). Je pratique les cordes deux heures par jour et, quand je n’ai pas de modèle pour m’exercer, je me suspends moi-même.»

Démystification

Cet art communément appelé bondage (ligotage en anglais) est fréquemment associé à des jeux d’une nature érotique et peu montrable dans les lieux publics. Mais durant le pique-nique, pas question de nudité ou d’interactions choquantes avec le passant.

«C’est une activité de démystification pour montrer que nous sommes des gens normaux et pour faire ce que nous aimons faire au grand air en plein jour, dit Mme Hanikamu. C’est une initiative espagnole appelée Pique-niques ligotage autour du Monde et qui a lieu pour la quatrième année.»

Passants nonchalants

Certains passants s’arrêtent, interloqués, devant le spectacle d’une jeune femme ficelée les bras dans le dos et suspendue la tête en bas à une branche de l’érable, mais aucun ne vient poser de questions au groupe. La plupart des Montréalais dans le parc Maisonneuve jettent des regards à la dérobée et passent leur chemin en feignant de ne rien voir de surprenant.

«Je suis vraiment contente!» s’écrie la demoiselle qui sert de modèle à Mme Hanikamu vers la fin d’une séance de ligotage (qui a nécessité plusieurs cordes et duré une bonne demi-heure).

C’est sa première expérience de ligotage esthétique très sophistiquée avec suspension.

«Est-ce que tu peux serrer mes mains?» demande souvent la «shibariste» à son modèle afin de s’assurer que l’engourdissement ne la paralyse pas.

«Il faut pouvoir passer un doigt entre la corde et la peau sans quoi c’est trop serré et ça peut être dangereux», explique-t-elle.

Isabelle Hanikamu n’est pas la seule à tenir des pique-niques en plein air à Montréal. «C’est par l’entremise de la page Facebook de mon dojo (Kinbaku) que je vais convier à nouveau les gens ici ou dans d’autres parcs, mais la date demeure à fixer», dit-elle.
 

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