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Emploi

Il n’y aura pas de pénurie de main-d’œuvre

Denis Morin
Fanny Arnaud, Le Journal de Montréal Denis Morin, Professeur ESG-UQAM

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La pénurie de main-d’œuvre tant redoutée à cause des départs à la retraite des baby-boomers n’aura pas lieu, selon un spécialiste en gestion des ressources humaines.

La pénurie de main-d’œuvre tant redoutée à cause des départs à la retraite des baby-boomers n’aura pas lieu, selon un spécialiste en gestion des ressources humaines.

«Le fameux discours sur la pénurie de main-d’œuvre ne concerne que certains secteurs», a affirmé Denis Morin, professeur-chercheur à l’ESG-UQAM.

Son opinion fait écho à un rapport d’Emploi-Québec dévoilé lundi.

Le document révèle que d’ici 2022, 1,36 millions de postes seront à pourvoir dont 81 % pour combler des départs à la retraite.

La main-d’œuvre devrait alors provenir de l’immigration ou encore des 65 ans et plus qui sont toujours plus nombreux à travailler.

M. Morin ajoute que «l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail représente aussi une main-d’œuvre importante».

Nuances

Pour M. Morin, cet optimisme doit être nuancé et certaines problématiques doivent être prises en compte.

D’abord, il faut faciliter l’intégration des immigrants dont le taux de chômage est élevé. «Les PME qui constituent le tissu industriel doivent être sensibilisées à la diversité», a-t-il dit. Les compétences des immigrés doivent être «recyclées» et mises à jour.

Ensuite, si les employeurs demandent plus de qualifications, ils doivent en retour proposer de bonnes conditions de travail, car les jeunes sont plus sensibles aux notions de respect et de bien-être. Ils veulent une progression professionnelle.

«C’est clair que certains candidats passent l’entreprise en entrevue», a expliqué le spécialiste, insistant sur le fait que le poids relatif des employés dans la négociation est important.

Enfin, les jeunes doivent s’orienter vers des carrières d’avenir.

«C’est important d’avoir une passion mais il faut être rationnel», a-t-il avoué.

Certaines professions ont un taux de chômage nul comme la production acéricole, la conduite de grues, la chaudronnerie ou la mécanique de moteurs diesel.

Finalement, M. Morin rappelle que ce rapport ne présente que des prévisions et que les politiques publiques, ainsi que l’environnement économique et social pourraient y apporter des modifications.

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