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Vieux cabarets de Montréal

Même adresse, deux époques

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Que reste-t-il des cabarets de Montréal? La Casa Loma, le Faisan Doré et le Crystal Palace, des noms qui ne disent pas grand-chose aux plus jeunes, qui poussent maintenant les mêmes portes pour entrer au Club Soda, Chez Parée, ou au 281.

Que reste-t-il des cabarets de Montréal? La Casa Loma, le Faisan Doré et le Crystal Palace, des noms qui ne disent pas grand-chose aux plus jeunes, qui poussent maintenant les mêmes portes pour entrer au Club Soda, Chez Parée, ou au 281.

Marie Chabot-Johnson
Le Journal de Montréal

Dans les années 1920 à 1970, on a compté jusqu’à quelque 200 cabarets à Montréal. En plus d’accueillir des artistes de la France et des États-Unis, leurs scènes ont vu naître de nombreux talents québécois, dont Ginette Reno, Dominique Michel, Paolo Noël, Michel Louvain, Denise Filiatrault et bien d’autres.

Leur popularité a pourtant chuté dès l’arrivée de la télévision; les artistes préférant le petit écran à la scène des cabarets, dont l’ambiance était pour certains, surtout les femmes, difficile à vivre.

«Après l’arrivée de la télévision, même quand de grandes vedettes venaient dans les cabarets, la salle restait vide. Vers 1970, presque tous les cabarets ont arrêté de faire des spectacles; et les danseuses ont pris la place des chanteuses», raconte Paolo Noël, ancien maître de cérémonie du Casa Loma.

Les vestiges des cabarets

Parmi les centaines de cabarets à Montréal, la majorité a dû fermer leurs portes; certains se sont tournés vers un domaine plus lucratif, celui des effeuilleuses.

«À la base, les cabarets étaient des commerces. Quand ils ont commencé à être moins populaires, ils ont dû s’adapter et trouver une clientèle plus payante, commente le directeur du Centre d’histoire de Montréal, Jean-François Leclerc, qui a exploré l’époque des cabarets à travers leur exposition Scandale! Vice, crime et moralité à Montréal, 1940-1960. Les cinémas ont vécu un phénomène semblable vers 1960-1970. Quand ils sont devenus moins achalandés, certains ont décidé de diffuser du cinéma porno pour être rentables.»

Même si la majorité des bars de danseuses d’aujourd’hui ne sont plus liés aux cabarets d’autrefois, plusieurs d’entre eux ont choisi de s’établir, parfois involontairement, dans les mêmes locaux.

«Les salles des cabarets étaient assez banales; il n’y avait pas de majestueux décors comme dans les cinémas, seulement quelques tables et une grande scène en plein milieu, décrit Jean-François Leclerc. L’endroit était parfaitement adapté pour accueillir des bars de danseuses.»

Peu d’archives

Peu de photos de l’époque des cabarets sont restées parmi les archives publiques; les autorités montréalaises n’étaient pas particulièrement friandes de ces lieux où l’alcool coulait à flots. L’administration Drapeau, à la fin des années cinquante, a d’ailleurs fait sa mission de nettoyer la ville de ces établissements et leurs propriétaires souvent associés au crime organisé.

Que reste-t-il des cabarets de Montréal? La Casa Loma, le Faisan Doré et le Crystal Palace, des noms qui ne disent pas grand-chose aux plus jeunes, qui poussent maintenant les mêmes portes pour entrer au Club Soda, Chez Parée, ou au 281.

Dans les années 1920 à 1970, on a compté jusqu’à quelque 200 cabarets à Montréal. En plus d’accueillir des artistes de la France et des États-Unis, leurs scènes ont vu naître de nombreux talents québécois, dont Ginette Reno, Dominique Michel, Paolo Noël, Michel Louvain, Denise Filiatrault et bien d’autres.

Leur popularité a pourtant chuté dès l’arrivée de la télévision; les artistes préférant le petit écran à la scène des cabarets, dont l’ambiance était pour certains, surtout les femmes, difficile à vivre.

«Après l’arrivée de la télévision, même quand de grandes vedettes venaient dans les cabarets, la salle restait vide. Vers 1970, presque tous les cabarets ont arrêté de faire des spectacles; et les danseuses ont pris la place des chanteuses», raconte Paolo Noël, ancien maître de cérémonie du Casa Loma.

LES VESTIGES DES CABARETS

Parmi les centaines de cabarets à Montréal, la majorité a dû fermer leurs portes; certains se sont tournés vers un domaine plus lucratif, celui des effeuilleuses.

«À la base, les cabarets étaient des commerces. Quand ils ont commencé à être moins populaires, ils ont dû s’adapter et trouver une clientèle plus payante, commente le directeur du Centre d’histoire de Montréal, Jean-François Leclerc, qui a exploré l’époque des cabarets à travers leur exposition Scandale! Vice, crime et moralité à Montréal, 1940-1960. Les cinémas ont vécu un phénomène semblable vers 1960-1970. Quand ils sont devenus moins achalandés, certains ont décidé de diffuser du cinéma porno pour être rentables.»

Même si la majorité des bars de danseuses d’aujourd’hui ne sont plus liés aux cabarets d’autrefois, plusieurs d’entre eux ont choisi de s’établir, parfois involontairement, dans les mêmes locaux.

«Les salles des cabarets étaient assez banales; il n’y avait pas de majestueux décors comme dans les cinémas, seulement quelques tables et une grande scène en plein milieu, décrit Jean-François Leclerc. L’endroit était parfaitement adapté pour accueillir des bars de danseuses.»

PEU D’ARCHIVES

Peu de photos de l’époque des cabarets sont restées parmi les archives publiques; les autorités montréalaises n’étaient pas particulièrement friandes de ces lieux où l’alcool coulait à flots. L’administration Drapeau, à la fin des années cinquante, a d’ailleurs fait sa mission de nettoyer la ville de ces établissements et leurs propriétaires souvent associés au crime organisé.

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