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Visite au Musée de l'Absurde

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Photo Louis-Philippe Messier / Agence QMI Visite au coeur du Musée de l'Absurde, appartenant à Tommy Gaudet, et situé sur la rue Saint-Christophe à Montréal.

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Le Musée de l’Absurde conjugue humour, mauvais goût et nostalgie, pour le bonheur et l’étonnement de ses visiteurs.

Un grille-pain spécial qui brûle un logo de TVA sur les rôtis. Une vieille affiche du «Lundi» montrant Guy Lafleur en maillot près d’une piscine.

Une collection de 94 figurines de Pruneau, le petit garnement dans «Passe-Partout». Un CD du petit Jérémy. Des jeux de société quétaines des années 1980.

La plupart des musées se vantent de leurs chefs-d’œuvre. Ici, c’est le contraire.

«On sauve parfois des artefacts culturels si peu glorieux que l’on s’étonne qu’ils ne se soient pas retrouvés à la poubelle dès le moment de leur confection», raconte Tommy Gaudet, le créateur du musée.

Impossible de visiter ce ramassis improbable d’objets, d’affiches et de collages sans écarquiller les yeux et rire un bon coup.

«Il y a un réel plaisir à voir des affiches de films de série B et des entrevues illustrées de vedettes oubliées publiées dans le magazine 7 Jours en 1990.»

Plusieurs personnalités québécoises frissonneront à l’idée que la pire photo d’eux jamais publiée dans un magazine à potins se fera ici chérir et garder précieusement comme un trésor pour que tout le monde puisse la voir!

«Dans l’univers de notre musée, le mauvais devient le bon, explique Tommy Gaudet. La valeur culturelle s’inverse.

Alors, un reportage de 2004 sur le nouveau chum de Julie de Loft Story, ça devient génial. Une vieille affiche du jeune Ricardo dans une pose séductrice, c’est merveilleux.»

Le «Baconistan»

Le «conservateur» du Musée de l’Absurde affectionne tout particulièrement un collage des meilleurs titres de magazines pour adolescentes.

Parmi ceux-ci, il y a cette perle: «Aie l’air cultivée sans te donner trop de mal».

Une sous-section du musée consacré à la religion comprend des figurines de Noé et Moïse, l’emballage de ce dernier comprenant un petit «buisson ardent» en plastique.

«Un autre de mes endroits préférés du musée est le Baconistan, une zone qui réunit des produits ridicules dérivés du bacon, dont du bacon en canne et du dentifrice au bacon.»

Un oreiller parfumé au bacon se rajoutera peut-être bientôt à sa collection.

«Des Français m’ont déjà dit que ça prenait plus de temps pour faire le tour de notre musée que celui du Louvre», dit M. Gaudet.

Un musée en 3D

Situé sur la rue Saint-Christophe, le Musée de l’Absurde est accessible aux adultes gratuitement, mais il ne peut être visité que sur rendez-vous.

Les milliers d’objets se retrouvent dans trois pièces et un corridor. «Notre espace est restreint, alors nous l’utilisons au maximum en tapissant intégralement les murs et le plafond, de sorte que nous sommes le seul musée en trois dimensions au Québec, dit M. Gaudet.

Quatorze téléviseurs accrochés aux murs et aux plafonds diffusent en simultané des émissions satiriques.

«J’ai bien sûr installé une de ces télés dans la salle de bain», dit M. Gaudet.

«Donnez-nous vos quétaineries!»

Des centaines de jeunes montréalais fréquentent chaque semaine le Musée de l’Absurde puisque c’est le centre névralgique du mouvement Douteux.org, un OSBL qui compte près de 5000 membres, une centaine de bénévoles, et qui organise chaque lundi depuis sept ans des visionnements de très mauvais films au pub Brouhaha dans Rosemont.

«Le Musée est également l’antichambre du studio d’enregistrement de Douteux.tv, notre webtélé qui diffuse du contenu 24/24h», dit Tommy Gaudet, qui a fondé le mouvement Douteux.org il y a une dizaine d’années.

Parce qu’il envisage de faire du Musée de l’Absurde un musée en bonne et due forme, une institution indépendante de Douteux.tv, il lance ce message aux Montréalais.

«Ne jetez pas vos quétaineries! Donnez-les-nous. Elles seront chez elles dans le Musée de l’Absurde.»

Dans le cadre du Zoofest, Tommy Gaudet animera chaque samedi soir du 12 juillet au 2 août au Monument-National un concours appelé CALICC, soit «combats audiovisuels de la ligue internationale des collectionneurs de clips», où des clips désopilants sont projetés par les concurrents pour rafler le vote du public.

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