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Entrevue | Sylvie Bernier

Sylvie Bernier et la douche froide de 1984

Il y aura 30 ans, le 6 août, la plongeuse remportait l’or aux Jeux olympiques de Los Angeles

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Il y aura bientôt 30 ans, soit le 6 août, une petite Québécoise avait jeté une grosse douche froide sur la foule partisane massée dans les gradins du bassin de compétition de plongeon aux Jeux olympiques de Los Angeles.

Sylvie Bernier avait, ce jour-là, battu la favorite locale, l’Américaine Kelly McCormick, en finale de l’épreuve sur le tremplin de trois mètres pour monter sur la plus haute marche du podium.

La jeune femme de 20 ans aux yeux bleus et au sourire angélique était ainsi devenue la première athlète québécoise à remporter l’or aux Jeux olympiques.

Bernier demeure toujours l’unique plongeuse canadienne de l’histoire à avoir réalisé l’exploit aux Jeux.

Scénario hollywoodien bousillé

L’athlète originaire de Sainte-Foy n’a rien oublié de cette journée du 6 août 1984 à la piscine de l’Université Southern California, même si elle a de la misère à croire que 30 ans se sont écoulés.

«Le ciel était d’un bleu magnifique lorsque la finale s’est amorcée à 16 heures», raconte Bernier dans une entrevue accordée au Journal de Montréal à la demeure familiale à Rosemère.

«McCormick, qui avait dominé la ronde préliminaire, avait beaucoup de pression sur les épaules. Les spectateurs s’attendaient à ce qu’elle remporte la victoire et c’était comme un scénario de film puisqu’elle est la fille de Patricia McCormick, quadruple médaillée d’or aux Jeux olympiques.»

Bernier avait bousillé ce scénario hollywoodien en devançant la grande favorite par la faible marge de trois points.

Les planètes étaient bien enlignées

«Un écart de trois points sur un total de 530 après six plongeons, c’est l’équivalent d’une goutte d’eau, une pointe de pied, avoue Sylvie. En somme, il y a un juge qui m’a donné 0,5 point de plus et c’est ce qui a fait la différence. C’est fou lorsqu’on pense aux sacrifices qu’il faut faire pour se rendre aux Jeux.

«C’est comme un millième de seconde au bout d’une course de 100 mètres. Les planètes étaient bien enlignées pour moi en ce 6 août 1984 et cette différence de trois points a eu pour conséquence de changer le cours de mon existence.»

Il est vrai qu’un titre de championne olympique, ça vous suit durant toute votre vie. Sylvie Bernier fait partie des grands noms du sport au Canada.

La musique du film Flashdance

«Je ne savais pas que Kelly McCormick avait raté une figure, précise Bernier. J’écoutais la musique du film Flashdance sur mon Walkman, sur une cassette que m’avait prêtée mon amie, la nageuse Johanne Bédard. J’adorais la chanson «What a Feeling».

«C’est une autre compétitrice, Chris Seufert, qui était venue me dire que j’allais remporter la victoire devant McCormick. La championne du monde, la Chinoise Li Yi Hua, n’avait plus de chance de me rejoindre, elle qui a terminé l’épreuve au quatrième rang.»

Contre les meilleures

Même si les pays du bloc communiste avaient choisi de boycotter les Jeux de L.A., remettant ainsi la monnaie de la pièce aux Américains qui avaient boudé ceux de Moscou, ça n’avait eu aucune incidence en plongeon.

Sylvie Bernier a bel et bien vaincu les meilleures athlètes de sa discipline à l’été 1984.

Elle nous confie aujourd’hui qu’il lui arrive encore de se réveiller la nuit parce qu’elle est en train de rêver à cette compétition olympique, qui fut la seule pour elle puisqu’elle a pris sa retraite tout de suite après afin de se consacrer à ses études universitaires.

«Je me réveille parfois en sursaut en me disant que je ne suis pas prête pour effectuer le prochain plongeon. Mon mari, Gilles, part à rire à chaque fois...»

 

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