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Roxanne Bouchard

Évasion totale au cœur de la Gaspésie

 Roxanne Bouchard
Photo courtoisie Roxanne Bouchard

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Après avoir publié un recueil de correspondances avec Patrick Kègle, un soldat canadien posté en Afghanistan, dans En terrain miné, l’écrivaine Roxanne Bouchard dépeint la Gaspésie comme personne dans son nouveau roman, Nous étions le sel de la mer. Tellement bon qu’il donne envie de faire ses valises et suivre la 132 jusqu’à Bonaventure!

Après avoir publié un recueil de correspondances avec Patrick Kègle, un soldat canadien posté en Afghanistan, dans En terrain miné, l’écrivaine Roxanne Bouchard dépeint la Gaspésie comme personne dans son nouveau roman, Nous étions le sel de la mer. Tellement bon qu’il donne envie de faire ses valises et suivre la 132 jusqu’à Bonaventure!

Catherine Day, son héroïne, est aux prises avec des questions existentielles qui lui ont donné le vague à l’âme. Elle cherche des réponses au bord de la mer, en Gaspésie. Au hasard de ses promenades sur la grève, elle rencontre des pêcheurs.
Cyrille, Victor Ferlatte, Vital Bujold ont bien compris que Catherine cherche Marie Garant. Et qu’elle ne la trouvera pas. Quand Vital remonte le corps d’une noyée dans ses filets, l’oubli devient colère. Ce sera la tâche de l’inspecteur Moralès, un Montréalais tout juste muté en Gaspésie, de faire la lumière sur cette affaire.

«Ce livre, je l’ai écrit sur plusieurs années», confie Roxanne en entrevue téléphonique. «Je suis allée en Gaspésie des semaines, des mois. J’ai loué un spot en Gaspésie où il n’y a rien. Tu te ramasses toute seule. Caplan, sais-tu c’est où? Y’a rien à Caplan. Mais plus tu t’installes toute seule, plus tu es ouverte pour jaser avec les gens. La Gaspésie m’a habitée pendant au moins cinq ans.»

Naviguer seule

Roxanne Bouchard fait de la voile et un de ses rêves est de naviguer seule. Mais cela lui fait peur. Elle l’a fait par le truchement du roman. «Je suis partie avec l’idée d’une femme qui part en mer toute seule, qui revient, et qui donne à rêver aux gens qui se racontent son histoire, qui fabulent sur leurs propres histoires.

En plus, en la mettant dans un milieu de pêcheurs, elle se retrouve dans le lieu des pêches miraculeuses et des mensonges de pêche. L’univers de la possibilité du mensonge est là. J’avais envie d’une espèce de délire de la subjectivité ou de la nostalgie. Dans cet univers de mensonge, j’ai mis quelqu’un qui cherche une vérité.»

Vrais Gaspésiens

Ses personnages, savoureux, colorés, authentiques, comme O’Neil Poirier et Cyrille, sont parfois inspirés de vrais habitants de la Gaspésie. «Plus on porte un livre longtemps, plus on est capable de bien parler des personnages parce qu’on les connaît.
Il y en a beaucoup, dans ce roman, mais ça devient comme une famille. Il y a vraiment un pêcheur à Bonaventure qui s’appelle Cyrille. Il existe pour vrai. Je cherchais des personnages typiques dans leur style linguistique et dans leur façon de penser.»

D’autres sont complètement sortis droit de son imagination. Marie Garant et Catherine Day sont des personnages créés de toutes pièces. Moralès aussi. «C’est un homme au tournant de la cinquantaine qui se pose des questions sur l’amour. J’avais envie d’écrire sur un homme qui aime la mer, mais qui n’est pas Gaspésien.»

√ Roxanne Bouchard est lauréate du Grand Prix Desjardins de la culture de Lanaudière — volet littérature pour l’ensemble de son œuvre.
√ Elle enseigne la littérature au Cégep de Saint-Jérôme.

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