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Trois mille chevaux vapeur

Un roman qui se lit au galop

Antonin Varenne
Photo courtoisie

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Français d’origine, mais profondément globe-trotter dans l’âme, Antonin Varenne a voyagé aux quatre coins du globe avant d’écrire Trois mille chevaux vapeur, son cinquième roman. Par chance, on a réussi à lui parler juste avant qu’il ne s’envole avec femme et enfants vers la Guyane.

Français d’origine, mais profondément globe-trotter dans l’âme, Antonin Varenne a voyagé aux quatre coins du globe avant d’écrire Trois mille chevaux vapeur, son cinquième roman. Par chance, on a réussi à lui parler juste avant qu’il ne s’envole avec femme et enfants vers la Guyane.

Francis Esménard, le président des Éditions Albin Michel, s’adresse rarement aux journalistes pour les inviter à lire ses titres coups de cœur. À notre connaissance, c’est d’ailleurs seulement la deuxième fois qu’il le fait. La première pour vanter les mérites d’Au revoir là-haut – un roman de Pierre Lemaître­­ qui a entre autres obtenu l’an dernier le prix Goncourt! –, et la seconde pour nous faire découvrir Trois mille chevaux vapeur, le tout nouveau roman d’Antonin Varenne.

Cet auteur, dont les polars ont d’abord été édités aux Éditions Toute Latitude et aux Éditions Viviane Hamy, a connu la consécration en 2009 avec Fakirs, son troisième roman: grâce à cette histoire aussi trépidante que sordide, Antonin Varenne a en effet remporté le Prix Sang d’encre et le Prix du meilleur polar de la collection Points. Et tout ça à cause d’une fracture de la main!

«Il y a quelques années, je gagnais essentiellement­­ ma vie en faisant de l’alpinisme de bâtiment, explique-t-il au cours de l’entretien téléphonique qu’il nous a accordé début juillet. Mais après un accident de travail, je me suis retrouvé immobilisé chez moi pendant plusieurs mois. Pour tuer le temps, j’ai donc commencé à écrire un polar que j’ai fait lire à des copains, et comme les réactions ont été bonnes, je me suis lancé dans cette voie.»

Voyage au bout de l’enfer

Avec Trois mille chevaux vapeur, Antonin Varenne délaisse cependant le genre pour se tourner vers le roman d’aventures. «En fait, ce virage a été amorcé dans mon précédent livre, Le Mur, le Kabyle et le Marin, précise-t-il. Ce qui a du reste embêté les libraires, parce qu’ils ne savaient pas s’il devait être classé parmi la littérature policière, la littérature historique ou la littérature générale! En sortant de ce livre assez lourd portant sur la guerre d’Algérie [qui, en passant, a également récolté des prix!], je me suis demandé ce que j’allais écrire dans le prochain pour me faire plaisir. La première idée qui m’est venue a été un western. Ensuite, je me suis dit que j’y grefferais l’histoire d’un tueur en série qui serait peut-être le premier serial killer des États-Unis. Mais avant de me plonger en pleine conquête de l’Ouest, il a fallu que je reparte à l’est afin de me trouver un héros, ce pays étant à l’époque surtout colonisé par des Européens. J’ai ainsi choisi un Anglais de la Compagnie des Indes.»

Son nom? Le sergent Arthur Bowman. Un type violent qui ne tardera pas à descendre en enfer après avoir été capturé par les soldats birmans. Mais comme Bowman a la couenne dure, il s’en sortira. Du moins en apparence. Car dès son retour à Londres, il se mettra à boire et à fréquenter assidûment les fumeries d’opium des ruelles de China Court. Dans le genre épave, on ne fait pas mieux; et ses supérieurs de la police londonienne seront bien tentés de lui coller sur le dos le meurtre étrange qui vient d’être commis dans les égouts de la ville. Durant­­ ses heures les plus sombres au cœur de la jungle birmane, le sergent Bowman a toutefois déjà vu un corps massacré de façon identique. Le coupable ne peut donc être que l’un de ses hommes et afin d’échapper à l’étau de la justice, Bowman le traquera jusqu’en Amérique.

Une suite à toute vapeur ?

Il en résulte un roman captivant qu’on a dévoré d’un bout à l’autre en croisant les doigts pour qu’Antonin Varenne­­ en écrive rapidement la suite. «En tant que lecteur, je suis plutôt “antisuite” et en tant que romancier, j’ai plutôt tendance à faire des personnages à usage unique, précise-t-il. Dans Trois mille chevaux vapeur, mon principal défi a été de transformer un chien de guerre cassé en homme de bien. Le destin de Bowman étant désormais­­ résolu, je ne peux faire autrement que de le laisser tranquille avec sa famille et ses chevaux. Mais j’ai tellement aimé cette époque que je songe à m’étendre davantage sur l’histoire d’un des frères déserteurs qu’on croise vers la fin du livre...»

Bref, notre vœu se réalisera peut-être sous peu!

 

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