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Mario Beaulieu, le choix stratégique pour le Bloc?

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Le Bloc Québécois a choisi son nouveau chef il y a quelques semaines déjà. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que son élection ne plaît pas à tout le monde (même au sein du mouvement souverainiste). Mario Beaulieu est en effet très souverainiste/indépendantiste. Il ne cache pas son intention de parler de souveraineté presque tout le temps, alors que son prédécesseur, Gilles Duceppe, se montrait souvent bien plus modéré lors des campagnes et discours (sans pour autant renier son allégeance bien sûr).

La question qui se pose est vraiment de savoir si les membres du Bloc ont fait le bon choix avec Mario Beaulieu.

Le Bloc a vu son nombre de députés réduit drastiquement en 2011 avec la vague orange du NPD. Une défaite majeure pour ce parti et plusieurs y ont vu la fin du Bloc. Les sondages depuis 2011 ne montrent pas vraiment un regain de forme pour ce parti, et il pointe en général aux alentours des 20% (ce qui représente une baisse par rapport au résultat de 2011). Le NPD a lui aussi baissé, essentiellement en raison de la remontée du PLC avec son nouveau chef, Justin Trudeau. Quant aux Conservateurs, ils restent en général sous les 15%, mais je doute que cela leur cause des soucis (soyons honnêtes, le PC serait probablement satisfait de juste conserver ses sièges au Québec lors du prochain scrutin).

Choisir Mario Beaulieu ne permettra sans doute pas au Bloc de redevenir le premier parti au Québec (en termes de votes). Non, c'était le cas pendant de longues années car le Bloc attirait non seulement les électeurs souverainistes, mais également des fédéralistes modérés. Voter Bloc pouvait être vu comme un vote consensuel au Québec, par défaut (dans le sens que pour beaucoup d'électeurs, il n'y avait pas vraiment d'autre choix). Mais choisir un chef moins modéré peut avoir ses avantages. En particulier, cela devrait motiver la base indépendantiste. Vous savez, ces électeurs qui lors de la récente campagne Québécoise répondaient oui à la question: faudrait-il organiser un référendum? De loin pas la majorité actuellement, mais pas un pourcentage non négligeable.

Le graphique ci-dessous vous montre le nombre de sièges remportés par le Bloc en fonction du pourcentage de votes reçus au Québec, selon le modèle est les simulations.

sieges bloc

En faisant 5000 simulations avec le Bloc en moyenne à 20%, on remarque que ce parti pourrait gagner autant que 25 sièges, mais aussi peu que 0. Cela dépendrait de si le Bloc récoltait plutôt 22% ou 18% des votes, ou encore de la distribution de ces votes à travers la province.

Le graphique montre aussi que le Bloc est en danger d'extinction seulement s'il récolte moins de 20% des votes. Tant qu'il reste au-dessus de ce seuil, les chances sont qu'il restera quelques députés Bloquistes. Et la zone payante commence vraiment vers les 23-25% pour ce parti.

Ainsi, choisir un chef qui parlera essentiellement de souveraineté est possiblement un bon choix stratégique. Si l'objectif est de conserver une présence pour le Bloc bien sûr. Bien que le sujet de la souveraineté ne soit pas vraiment d'actualité (demandez à Pauline Marois et aux stratèges Péquistes de la dernière campagne...), il reste une portion non négligeable de la population qui voterait OUI à un éventuel référendum et qui voudrait que cet enjeu soit au premier plan.

En élisant Mario Beaulieu, je dirais que les membres du Bloc ont fait le choix d'avoir un chef qui permettra à ce parti de continuer d'exister, mais qui ne pourra certainement pas reprendre la première place au NPD ou au PLC. En d'autres mots, en s'assurant de présenter une option unique aux électeurs Québécois, le Bloc fait le pari qu'il ne peut pas descendre au-dessous d'un certain seuil de partisans très souverainistes. En se faisant, il risque d'écarter les électeurs plus modérés. Ne compter que sur les souverainistes durs serait catastrophique pour le PQ dans la quête de regagner le pouvoir, mais le Bloc n'a pas le même objectif.

Nous verrons bien lors de la prochaine élection. Les sondages après l'arrivée de Mario Beaulieu n'ont pas été particulièrement favorables au Bloc (pas de "boost" pour le nouveau chef), mais la campagne est encore loin. Et le Bloc a tendance à alterner entre être à 30% ou à 18%.

10 commentaire(s)

Fernand Lachaine dit :
3 août 2014 à 7 h 39 min

Il est à souhaiter que les temps où les indépendantistes se sont fait voler le référendum de 1995 sans dire un mot sont révolus. Monsieur Beaulieu ne semble pas être le chef qui se laissera attaquer sans répliquer. Le nouveau chef veut parler d'indépendance même à Ottawa en plus de vouloir défendre les intérêts du Québec. Rien d’abominable dans cela contrairement à certaines déclarations récentes. D'ailleurs, selon certaines informations, le Bloc gagnerait en popularité depuis l'arrivée de monsieur Beaulieu. Les nouvelles adhésions seraient nombreuses. Il faut aussi mentionner que le ton mauviette utilisé depuis des années par les ténors du mouvement indépendantiste se durcit depuis l'arrivée du chef du Bloc. Ce qui ne déplait pas en autant que "les bottines suivent les babines".

apouchkine dit :
3 août 2014 à 7 h 48 min

Beaulieu devrait nous expliquer comment il va faire la souveraineté avec 2-3 députés à Ottawa. C'est de la bêtise de voter pour ce parti.

alain dextraze dit :
3 août 2014 à 8 h 56 min

Au moins, ca a le mérite d'etre clair: le Bloc est séparatiste. Cela étant dit, les faits ne changeront pas: Le NON va l'emporter en Ecosse et en Catalogne, les nouveaux arrivants au Qc (50,000 par année) sont tous pour le NON et la base du mouvement souverainiste vieillit inexorablement. L'option du OUI va continuer a baisser d'année en année, a moins que le fédéral ne vienne les aider en commettant une bavure.

Gilles Bousquet dit :
3 août 2014 à 9 h 23 min

Pas la souveraineté mais l'indépendance, mot synonyme mais plus...fort.

Si les indépendantistes souhaitent, majoritairement, que leur chef parle peu ou pas d'indépendance, c'est, qu'ils ne le sont pas assez ou que le chef est mauvais.

Si les indépendantistes ont peur de l'indépendance, qu'ils changent de projet...simplement.

Mireille Deschênes dit :
3 août 2014 à 10 h 17 min

Un papier tout plein de souhaits, Attention à la propagande! Ce que certains désirent n'est pas toujours ce qui est!. Peut-être êtes vous à coté de la coche! Moi et d'autres sommes très contents de Mr Mario Beaulieu n'en déplaise aux journaleux!

B.C. dit :
3 août 2014 à 11 h 40 min

Moi , j'ai hâte de voir la réaction de radio-Canada , vont-ils inviter aux débat le chef du Bloc? Je suis sûr qu'il peut argumenter avec succès, avec les deux chevaliers fédéralistes , Mulcair et le fils de la chose (le petit justin)..Les deux, en plus d'Harper , vont se déchainer , varger sur Beaulieu si jamais ça arrive , car , comme Radio-Canada a , dans le temps , favorisé l'éclosion de QS, en invitant la supposée indépendantiste-(fédéraliste) matante Françoise Davis et qu'ils ont délibérément exclu Aussant , pourtant chef de parti , à l'époque et membre élu du parlement .Selon moi , le scénario d'empêcher Beaulieu de se retrouver face à face avec les fédés dans un débat , n'est nullement exclu , les patrons de Radio Canada se retrouve de l'autre côté de la rivière des Outaouais

Denis825 dit :
3 août 2014 à 13 h 43 min

Quand il voulait se faire élire Mario Beaulieu parlait de dégager de l'argent à même les salaires des députés pour subventionner des groupes pour la souveraineté au Québec. Il visait un million/an soit 20 député à $50,000.

C'est correct pour faire rêver des jeunes, qui auraient le droit à un salaire pour faire un travail de porte-à-porte mais ça l'est moins pour la personne qui est élue et qui n'est peut-être pas d'avis que son salaire est une sorte de caisse commune ou tout le monde peut piger.

Je pense que le Bloc ira chercher autour de 10 députés mais pas à cause de Mario Beaulieu qui a peut-être un discours qui peut conforter de jeunes partisans mais qui perdra du lustre devant des politiciens aguerris comme Harper et Mulcair.

Je pense que la question de l'urne deviendra celle de la réunification, ou la "réanimation" du Canada.Dans les mentalités aujourd'hui, je pense que beaucoup de Québécois s'inquiètent pour le Canada et voteront pour celui qu'ils sentent le plus comme Monsieur Canada et je crois que c'est Trudeau fils.

Comme la question du Canada sera importante selon ce que je pense, par réaction à cela, il faut allouer une bonne performance du Bloc si Beaulieu ne fait pas de gaffes trop visibles, ce qui est très possible après tout, car il a promis beaucoup à son monde et sera sous pression pour livrer la marchandise, le moment venu.Il faut noter aussi qu'il n'a pas encore ses 20 députés lui donnant sourire aux lèvres la somme mentionnée. Des jeunes feront peut-être du bénévolat pour lui quand même qui sait ? Ce serait une sorte de stage non rémunéré dans l'espoir d'avoir un emploi.

Assez évident dit :
3 août 2014 à 21 h 55 min

J'ai au contraire l'impression (prêt à une gageure ? ... quelques $$$) que le PC va augmenter (doubler ?) son nombre de députés.

Thierry Soucie dit :
4 août 2014 à 11 h 41 min

Je suis de ceux qui croient que le choix de Mario Beaulieu pour le Bloc était le bon. On l'a vu avec le PQ cette année, la position "pour le bien commun du Québec! ... mais avec peut-être un référendum" ne se tient plus. Les fédéralistes et les gens de gauche ont trouvé une option viable au PLC avec le NPD. Le BQ n'offre donc rien au Québec à part être une opposition éternelle. Mais pour les séparatistes convaincus, parler de souveraineté, ça mobilise. Ils ont beaucoup plus de chances d'aller voter Bloc dans cette optique en voulant préparer le terrain à un éventuel référendum. Car avec le PQ qui ne parle jamais de l'indépendance, l'éducation à celle-ci ne se fait jamais et les gens ne la voudront donc jamais et il n'y aura jamais les fameuses "conditions gagnantes". Avec le BQ qui a décidé de faire l'éducation souverainiste, les "conditions gagnantes" ont plus de chances de se concrétiser et, de ce fait, favoriser l'élection du PQ (ou autre parti souverainiste) et remporter un référendum. Tout ça pour dire, pour les indépendantistes, c'est un bon choix, et par conséquent, sans obtenir la majorité des sièges du Québec, si le Bloc a une bonne campagne, une récolte entre 15 et 30 sièges n'est pas impossible. Mais surtout, cette position empêche de faire compétition avec le PLC et le NPD, qui sont présentement tous deux très forts au Québec, et devrait permettre la survie, même minime, du parti (car avec l'élection de 4 députés à la dernière élection, le parti était à toute fin pratique mort).

Nico Dubé dit :
10 août 2014 à 18 h 25 min

Le BLOC s'impose et se positionne. Si j'y vais par élimination, je reviens au BLOC Harper et le PC représentent tout saauf ce qu'était le Canada honorable de Mulroney Trudeau est tout simplement...vide tandis que son père était plein de...ressentiment envers le Québec

Quant à Thomas Mulcair, c'est lui que le Québec voudrait pour diriger le Canada. Le problème est que ce Canada n'a jamais choisi le NPD et ne le choisira jamais. Ce parti n'a même pas plus de chances que le BLOC de diriger le Canada utopique que nous souhaiterions. Le NPD ne sert qu'à endormir le nationalisme québécois pour lui laisser croire qu'un Canada néo-démocrate est possible. Pendant ce temps, les deux grands partis fédéraux peuvent satisfaire leurs amis (de l'Ontario et de l'Ouest) en toute quiétude.

C'est donc un OUI très clair pour le BOLC afin de rétablir un certain rapport de force avec un état qui ne nous ressemble(rassemble) plus du tout.