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Chaleur | Montréal

Des vagues de plus en plus meurtrières

L’Institut de la santé publique constate l’augmentation des fronts chauds et des canicules

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Les vagues de chaleur et les canicules en augmentation affectent la santé de milliers de Québécois depuis quatre ans, ayant fait grimper le nombre d’hospitalisations et de décès.

Les vagues de chaleur et les canicules en augmentation affectent la santé de milliers de Québécois depuis quatre ans, ayant fait grimper le nombre d’hospitalisations et de décès.

«Quatre journées consécutives de chaleur extrême.» Les Québécois sont de plus en plus habitués à entendre cette phrase aux nouvelles.

Avant 2010, le Québec avait seulement connu des fronts chauds en 1987 et en 1994. Depuis quatre ans, ces événements extrêmes reviennent annuellement au Québec, et ce, dans toutes les régions.

«Tous les ans, il y en a eu, en plus des canicules», indique Pierre Gosselin, expert à l’Institut de la Santé publique.

Une situation qui inquiète. Lors de la première vague, en 2010, le taux de mortalité durant cette période a grimpé de 33 %, comparativement aux cinq années précédentes à pareille date. Alors que les périodes de chaleur accablante étaient uniques aux grands centres comme Montréal et Québec, il est aujourd’hui commun d’en vivre en région.

Impensables premières

Imaginez, le village nordique de Kuujjuaq a vécu sa première canicule de son histoire cette semaine, soit trois journées consécutives avec des températures en haut des 30 degrés Celsius. Qui l’aurait cru?

Selon Pierre Gosselin, les experts sont pratiquement tous du même avis: «Les vagues de chaleur accablante sont plus fréquentes, plus sévères et plus extrêmes. Donc, elles entraînent de façon régulière des excès de mortalités (…) On pense que ça accélère beaucoup présentement.»

Toutefois, les seuils de chaleur provoquant des excès de mortalités chez la population varient d’une région à l’autre.

«Par exemple, dans la région de Québec, il faut atteindre des températures de 31 degrés de jour et 16 degrés la nuit», souligne le chercheur. Une température atteinte déjà quelques fois depuis le début de l’été 2014.

Prise de conscience

Par chance, la Santé publique s’est adaptée et la communication avec le public s’est grandement améliorée depuis 2010. Les gens vulnérables sont plus rapidement informés des méthodes à utiliser afin de se protéger contre la chaleur extrême.

«Aujourd’hui il y a plus de climatisation et un programme de prévention», souligne l’expert.

En fait, tout est une question de veille, afin de prévenir rapidement la population. À l’Institut, il y a une surveillance constante. «Lorsque des températures extrêmes sont prévues durant plus de deux jours, il s’agit d’une alerte pour nous», explique le chercheur. «Les gens prennent ça au sérieux maintenant.»


 

Des îlots de chaleur dangereux et urbains

Lors des vagues de chaleur et des canicules, les gens qui résident dans des «îlots de chaleur» sont beaucoup plus à risque d’être affectés physiquement, puis d’en mourir.

À Montréal, lorsqu’une personne vit dans un îlot de chaleur, les risques de décès augmentent de 25 %. «L’étude est faite pour la métropole, mais c’est bon partout», mentionne l’expert Pierre Gosselin.

Selon des documents obtenus par Le Journal, chaque région du Québec est aux prises avec des îlots de chaleur accueillant des populations très vulnérables, pas seulement des personnes âgées.

En fait, l’Institut de la santé publique a délimité les zones les plus à risque, où la population est plus encline à souffrir lors des canicules.

Ces endroits sont choisis en additionnant les personnes malades (selon les taux d’hospitalisation), pauvres, âgées de 65 et plus vivant seules. Les données d’Hydro-Québec afin de connaître le nombre de résidences avec de la climatisation sont aussi calculées.

«Les villes savent ainsi où intervenir en priorité», explique le chercheur. «Ça nous permet d’être plus efficaces dans nos actions.»

Trop d’arbres coupés

Les chercheurs ont d’ailleurs observé durant les dernières années une augmentation des îlots de chaleur dans les centres urbains.

«On coupe beaucoup trop d’arbres», soutient M. Gosselin. «Tout le centre de Montréal est devenu un gros îlot de chaleur. C’est la même chose à Québec avec les nouveaux développements.»

Le problème, c’est que les îlots viennent décupler les effets des canicules.

Afin de réduire la férocité des îlots de chaleur, il faut prier pour recevoir de la pluie. Toutefois, les toits blancs ou les toits verts sont une solution beaucoup plus durable.

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