/news/education
Navigation
Livres | Société

Littérature LGBT à l’école?

Des livres jeunesse sur la diversité sexuelle ont leur place à l’école et dans les CPE croit la CSQ

Ulysse et Alice
Photo courtoisie, Gary Sutherland «Ces livres peuvent faciliter la vie de nos enfants à l’école», plaide Gary Sutherland, père de Raphaël Sutherland-Ortega, 8 ans.

Coup d'oeil sur cet article

Les jeunes enfants peuvent être exposés à une littérature jeunesse LGBT à l’école ou dans un CPE, affirment les représentants des familles homoparentales tandis qu’un expert exprime certaines réserves.

«Alors il y a des enfants qui vivent avec un papa et une maman, d’autres avec deux mamans ou deux papas...Il existe toutes sortes de familles où l’on s’aime et où on se sent bien.»

Cet extrait est tiré du livre Ulysse et Alice, l’un des vingt-sept ouvrages de la liste que propose la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) aux centres de la petite enfance et aux écoles primaires.

Comme le rapportait le quotidien Le Devoir, cette initiative du Comité pour la diversité sexuelle de la CSQ a pour objectif d’aborder avec les enfants des thèmes sur l’homosexualité, la bisexualité, les transgenres, la diversité des familles et l’intimidation

«Ce genre de livres peut faciliter la vie de nos enfants à l’école. On n'est plus dans le Québec des années 50. Ça permet aux enfants de toutes les familles de se retrouver», croit Gary Sutherland, coprésident de la Coalition des familles homoparentales et père de deux enfants qui ont... deux papas.

«Il faut arrêter de présenter l’homosexualité comme un problème, mais comme un fait. On ne parle pas de diversité sexuelle dans ces livres, mais de diversités familiales», plaide Ariane Bertouille, auteure du livre Ulysse et Alice.

Le ministre de l’Éducation Yves Bolduc laisse aux écoles le choix d’exposer ou pas les jeunes à une littérature LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et trans).

«Ce n’est pas aux politiciens de dicter le contenu pédagogique», explique Yasmine Abdelfadel, attachée de presse du ministre.

«C’est pourtant tellement nécessaire. Des jeunes LGBT racontent que l’école est un enfer. Les mots font mal et il est essentiel de sensibiliser le milieu scolaire», croit André Tardif de l’organisme de lutte à l’homophobie GRIS de Québec

Pour Égide Royer, spécialiste du développement des enfants, l’important est de répondre naturellement aux questions des enfants.

«Faut-il entrer un programme pour leur parler d’une réalité qui est la diversité sexuelle? Moi je crois qu’il faut saisir toutes les occasions de les éduquer, tranche-t-il. Ils posent une question là-dessus on répond. On entend un propos homophobe dans la cour d’école, on ne le laisse pas passer», ajoute le psychologue et professeur à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.

 

Commentaires