/travel/destinations
Navigation
France

Des vacances sur l'eau

Coup d'oeil sur cet article

LOT-ET-GARONNE, France | Si vous aimez la douceur, le calme et le silence, vous devriez adorer sillonner une rivière à bord d’un bateau habitable sans permis, aussi appelé house boat ou pénichette.

Attention cependant, car il vous faudra jouer au capitaine et au moussaillon.

Expérience de quelques jours à bord du Château de Valence, de Navigation Aquitaine, sur la rivière Baïse, dans le Sud-Ouest de la France.

L’expérience débute à Buzet-sur-Baïse, en Lot-et-Garonne, où l’on nous remet les clés du bateau. Assez grand pour accommoder deux couples ou une petite famille, ce dernier compte deux cabines (avec douche et toilette), le poste de pilotage, une cuisinette comprenant une table et quelques chaises, un évier et un frigo dans lequel on entasse les provisions et le vin achetés dans les vignobles locaux. Une petite véranda extérieure comprend aussi une table et des chaises pour les repas en plein air et un petit espace où attacher les vélos.

Chez Navigation Aquitaine, une initiation d’environ 1 h 30 permet de se familiariser avec le maniement du bateau et la façon de traverser les écluses. On nous remet également un guide du navigateur (très bien fait), dans lequel sont rassemblées toutes les informations (distance entre les écluses, haltes nautiques, temps de navigation, sites touristiques, plans des villes, attractions, ports où s’amarrer pour la nuit, restaurants et numéros d’urgence) pouvant être utiles.

N’ayant aucune expérience en matière de navigation et désirant prendre des notes et des photos, je requiers les services d’un capitaine, Patrice Da Ros. Que l’on m’accorde! Sympathique et bon vivant, ce dernier sera un atout plus que majeur pendant ces quelques jours de navigation sur cette charmante petite rivière.

Autre atout, notre guide, Marie Fiton, qui s’emploiera à nous faire partager la passion de son coin de pays, à nous livrer les secrets de la Baïse et du pays d’Albret.

Pas de tout repos

Navigation Aquitaine étant situé sur la Garonne (un fleuve), il nous faut immédiatement passer la première écluse, celle de Buzet-sur-Baïse, qui nous permettra de descendre sur son affluent, la Baïse. Cette première expérience est facilitée par l’éclusier en place, mais il faut tout de même une certaine forme physique pour faire les manœuvres. L’éclusier en place nous remet également la carte magnétique qui servira à ouvrir les 21 écluses que compte la Baïse.

Quelques minutes plus tard, notre bateau pénètre enfin sur cette voie d’eau que sillonnaient autrefois les bateliers qui charriaient des balles de tabac, des bouchons de liège et des tonneaux de vin ou de farine. Ce qu’elle est jolie, cette Baïse parfois large, souvent très sinueuse et qui devient parfois si étroite que deux bateaux peinent à s’y croiser.

Douce rivière Baïse

Aujourd’hui, seuls des plaisanciers naviguent doucement sous le couvert des peupliers, des tilleuls, des marronniers et des platanes. Dans ce cocon de verdure, le silence n’est troublé que par le chant des oiseaux ou le clapotis des canards. On en oublie même que cette rivière coule à quelques mètres seulement des villages. Si ce n’était que l’on aperçoit parfois les contours d’un château ou du clocher d’une église à travers les feuillages, on se croirait loin de toute civilisation.

Circulant à la vitesse moyenne de 6 km par heure, les plaisanciers se saluent, se donnent des conseils et s’attendent aux écluses pour traverser tous ensemble et s’entraider. Car bien que l’on dise qu’aucune expérience n’est nécessaire pour jouer les capitaines, il faut bien avouer que les néophytes éprouvent certaines difficultés: vent malicieux qui fait tourner le bateau dans tous les sens, pluie torrentielle qui rend les déplacements plus ardus, difficulté de trouver une place dans les ports, etc.

Au contraire de la Garonne qui suit un chemin de halage et permet d’accoster ici et là et de prendre son vélo, la Baïse ne permet d’accoster que dans les ports.

Dans ces derniers cependant, lorsque les bateaux sont amarrés les uns tout près des autres, les plaisanciers, qui relaxent enfin, se saluent, lient connaissance, rient aux éclats de leurs mésaventures et trinquent à la journée du lendemain qui leur réserve certainement de nouvelles surprises et d’autres belles découvertes.

Un beau coin de pays

Au fil de l’eau et des jours, on découvre les charmes du pays d’Albret, fief du Roi Henri IV qui serait le fils de Jane d’Albret (une famille de mercenaires). Au programme: charmantes balades dans les villages, visites de château et dégustations de vins AOC Buzet, d’Armagnac, de Floc de Gascogne et de pruneaux d’Agen dans les nombreux marchés.

Partout, l’histoire se mêle à cette nature généreuse qui a valu à cette région d’être considérée comme le «verger de l’Aquitaine». Parmi les attractions: la superbe bastide de Vianne (ville du Moyen Âge avec places à arcades et portes d’entrée fortifiées) construite au 13e siècle lors des problèmes avec les Anglais avant la guerre de Cent Ans. Il y a aussi la commune de Barbaste, où le «raconteur de pays» Guy Planès met toute sa passion dans la visite du moulin des Tours et du pont roman à neuf arches. À Moncrabeau, coup de cœur pour ce pittoresque village et son Académie des menteurs. Et que dire de Condom, dont le nom n’a rien à voir avec le préservatif, mais qui lui consacre tout de même un musée. Viennent ensuite Lannes et son château de la Grangerie, un ancien monastère transformé en château du 18e siècle.

Puis ce sera Nérac, l’un des plus beaux ports fluviaux de France. C’est là qu’Henri IV avait son château. Après une visite de la ville, on prend les chemins de campagne en direction du Château de Frandat où un jeune couple, Laetitia et Mickael, produit des vins vendus chez nous à la SAQ.

C’est la tête (et la caméra) remplie d’images romantiques, le palais titillé de saveurs nouvelles et les bras chargés de provisions que l’on met un terme à cette magnifique expérience sur l’eau qu’il vaut la peine de faire au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour savoir si l’on a du sang de navigateur dans les veines. Ce qui n’est définitivement pas mon cas. Merci Capitaine Patrice!


*Ce voyage a été rendu possible grâce à Atout France et Air France.

 

Commentaires