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Féministe, la porno ?

Une professeure en sexologie a analysé le sujet

Annie Sprinkle
photo courtoisie L’ancienne star de la porno, Annie Sprinkle, a vu l’une de ses œuvres être analysée par Julie Lavigne, dans l’essai La traversée de la pornographie.

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Pendant 15 ans, Julie Lavigne s’est penchée sur la représentation de la pornographie dans l’art féministe. Son nouvel essai, La traversée de la pornographie, démontre que la pornographie est loin d’être réservée aux hommes.

Pendant 15 ans, Julie Lavigne s’est penchée sur la représentation de la pornographie dans l’art féministe. Son nouvel essai, La traversée de la pornographie, démontre que la pornographie est loin d’être réservée aux hommes.

Depuis toujours, on a associé l’érotisme aux femmes et la pornographie aux hommes. Mais dernièrement, des films pornos «grand public», réalisés par des femmes, ont changé la donne: Romance (Catherine Breillat, 1999) et Baise-moi (Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi, 2000).

C’est dans l’optique de vouloir comprendre ce qu’était l’érotisme et la pornographie que Julie Lavigne, professeure du département de sexologie de l’UQÀM et historienne de l’art de formation, a fait cet essai sur l’art féministe.

«Je m’intéresse depuis très longtemps à l’art féministe et la représentation de la sexualité est quelque chose qui revient très souvent, dit-elle. [...] J’ai voulu m’intéresser à la période du début des années 1990, car c’est vraiment là que tout a débuté, au niveau de la pornographie féministe en arts visuels.»

Elle s’est ainsi penchée sur le travail des «pionnières» comme Carolee Schneemann, Pipilotti Rist, Annie Sprinkle et Marlene Dumas. «L’objectif de leurs œuvres était de brouiller cette distinction-là entre érotisme et porno.»

«Annie Sprinkle avait une vidéo, en 1992, à la fois artistique et éducative, appelée The Sluts and Goddesses Video Workshop – Or How to Be a Sex Goddess in 101 Easy Steps. C’est une œuvre très parodique, grotesque à certains égards.»

«Pipilotti Rist avait présenté son œuvre à Montréal dans un musée, qui était un grand salon avec une télé. La vidéo Pickelporno abordait la question de la pornographie. C’était assez étrange parce que les gens qui choisissaient cette vidéo-là changeaient de chaîne quand il y avait des enfants qui entraient dans la salle.»

Déstabiliser le spectateur

Avec sa recherche, Julie Lavigne a été étonnée de voir que ces artistes n’atténuaient pas la représentation de la sexualité. «Elles ont été parfois plus obscènes pour déstabiliser le spectateur.»

Ce qu’elle souhaite avec son essai, c’est que les gens aillent plus loin que le jugement, qu’ils ne s’en tiennent pas aux définitions classiques. «Stephen Harper a déjà dit: “je sais c’est quoi de la porno en la voyant”. Il faut aller plus loin que ça, se faire sa propre idée.»


La traversée de la pornographie - Politique et érotisme dans l’art féministe, aux Éditions du remue-ménage, est présentement disponible sur le marché.

 

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